(Buffalo) Le camp d’évaluation de la Ligue nationale en vue du repêchage tire à sa fin cet après-midi, avec les derniers tests physiques.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Pour le Canadien, c’est une semaine productive qui se conclut. Trevor Timmins, le responsable du recrutement amateur du Tricolore, affirme avoir rencontré 85 joueurs parmi les 103 qui sont ici, dont tous les espoirs de la LHJMQ. Tout ça en seulement cinq jours.

« On ne se concentre pas sur la crème de la crème étant donné qu’on repêche au 15e rang, a expliqué Timmins, dans une mêlée de presse ce matin. Ce sera plutôt difficile de monter dans le top 10. De plus, nos recruteurs ont déjà interviewé ces joueurs. […] On a fait venir des gens du groupe de direction, comme Marc Bergevin, Scott Mellanby, Martin Lapointe et John Sedgwick. Ils sont tous ici pour deux jours, pour certaines des entrevues les plus importantes avec des joueurs que l’on surveille. »

Timmins n’était donc pas parmi les gens déçus de l’absence de Kaapo Kakko, attendu au 1er ou au 2e rang dans trois semaines à Vancouver.

« On a déjà recueilli beaucoup d’informations sur lui et notre recruteur finlandais l’a rencontré durant la saison. On ne va pas faire perdre du temps à un joueur, surtout qu’il est déjà très occupé. »

Timmins a toutefois rappelé que dans certains cas, il va tout de même rencontrer des joueurs qu’il sait très bien qu’il ne repêchera pas. « Par exemple, en 2005, on avait su que le Canadien était l’équipe d’enfance de Sidney Crosby. On l’avait donc rencontré, mais c’était une entrevue de courtoisie. »

Du reste, Timmins a caché son jeu, comme il le fait chaque année dans ses entrevues qui précèdent le repêchage. Par exemple, quand on lui a demandé si, au 15e rang, il importe d’y aller pour un choix sûr ou de viser le coup de circuit avec un joueur plus à risque.

« Quand tu choisis dans le top 10, tu n’as pas le droit de te tromper. Tu dois t’assurer de choisir un joueur qui fera partie de ton top 6 à l’attaque, de ton top 3 en défense ou un gardien partant. Ensuite, à partir du 20e rang, tu peux avoir plus tendance à viser le coup de circuit. »

Et le fait de compter sur un large bassin d’espoirs prometteurs, chose que le CH n’a pas eue depuis des lunes, peut-il inciter l’équipe à prendre un pari ?

« Je ne crois pas que ça change notre approche. Notre travail est de projeter. On ne contrôle pas tout avec un joueur. On a des entraîneurs du développement pour poursuivre ce développement. Parfois, ça ne fonctionne pas. Quand tu as une bonne profondeur, tu n’essaies peut-être pas le circuit, mais tu peux viser un triple, puis voler le marbre ! »

Timmins a laissé toutes les portes ouvertes. « Tout le monde a des besoins différents, on a besoin de marqueurs, de défenseurs offensifs et défensifs, on pourrait dire des gauchers », a-t-il énuméré.

À cette position, deux gauchers pourraient être disponibles au moment où le Canadien s’amènera au podium : Thomas Harley et Cam York, classés respectivement 11e et 12e en Amérique du Nord. Les deux nous ont confirmé avoir rencontré Montréal cette semaine.

Timmins s’envolera bientôt pour l’Europe, où l’équipe tiendra pour une deuxième année de suite un camp d’évaluation pour une quinzaine d’espoirs qui jouent outre-mer. L’an passé, Alexander Romanov et Jesse Ylonen, tous les deux repêchés au 2e tour, étaient issus de ce camp d’évaluation.