Les Sabres de Buffalo s’apprêteraient à couvrir Jeff Skinner d’or.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

On lui offrirait un nouveau contrat de huit ans moyennant 8 ou 9 millions de dollars par saison, rapporte Bob McKenzie, de TSN.

Skinner vient de connaître à 27 ans sa meilleure saison en carrière avec 40 buts. Il égale aussi sa meilleure production de points, 63.

On comprend donc les Sabres de vouloir retenir ses services et éviter qu’il ne teste le marché des joueurs autonomes sans compensation à compter du 1er juillet.

Malheureusement pour les Sabres, il ne s’agit pas d’une signature très intelligente. Skinner aura 35 ans à la fin de son contrat. À 27 ans, le déclin commence déjà ; peut-être pas abruptement, mais il y aura déclin quand même. Skinner a sans doute déjà donné le meilleur de ce qu’il peut offrir.

D’ailleurs, il s’agissait pour Skinner d’une deuxième saison seulement de 30 buts ou plus lors des cinq dernières années. Et après avoir marqué 36 buts à ses 60 premiers matchs de la saison, Skinner en a compté seulement quatre à ses 22 derniers, dont deux lors de la dernière rencontre de la saison.

Seulement 17 attaquants de la LNH touchent en moyenne 8,5 millions ou plus par saison : Connor McDavid, Auston Matthews, John Tavares, Patrick Kane, Jonathan Toews, Anze Kopitar, Jack Eichel, Tyler Seguin, Alex Ovechkin, Jamie Benn, Evgeni Malkin, Mark Stone, Nikita Kucherov, Sidney Crosby, Corey Perry, Leon Draisaitl et Steven Stamkos. Skinner n’entre pas dans cette catégorie.

Le DG des Sabres, Jason Botterill, se retrouve dans un affreux dilemme. Il veut enfin permettre aux Sabres de se qualifier pour les séries éliminatoires et ne peut se permettre de perdre son meilleur buteur. Mais il se trouve à le surpayer pour éviter de le perdre sans rien obtenir en retour. Telles sont les conséquences du marché des joueurs autonomes sans compensation.

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Rasmus Dahlin et Jason Botterill.

Buffalo dispose de 29 millions d’espace sur sa masse salariale pour l’instant. Mais il leur reste huit joueurs à mettre sous contrat. Les choses risquent de se corser davantage dans un an. Sam Reinhart et Casey Mittelstadt deviendront alors joueurs autonomes avec compensation. Reinhart, 23 ans, vient de connaître une saison de 65 points. Il aura éventuellement droit à une augmentation salariale substantielle. Il touche présentement 3,6 millions par année.

Le jeune défenseur Brandon Montour, acquis à la date limite des échanges des Ducks d’Anaheim pour un choix de premier tour, sera aussi joueur autonome avec compensation dans un an. Il a obtenu 10 points en 20 matchs avec les Sabres.

Il faudra aussi éventuellement payer le défenseur Rasmus Dahlin à un salaire de superstar. Le premier choix au total l’an dernier a amassé 44 points à sa première saison, à seulement 18 ans, tout en jouant 21 minutes par rencontre.

Dix-neuf des 31 équipes de la LNH ne comptent aucun salarié de 9 millions ou plus. Les Bruins de Boston constituent un modèle de saine gestion. Leur plus haut salarié, David Krejci, touche 7,2 millions. Vient ensuite Patrice Bergeron à 6,8 millions. Brad Marchand et David Pastrnak naviguent dans les mêmes eaux.

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Tuukka Rask et Torey Krug.

En défense, Torey Krug gagne 5,2 millions en moyenne. Aucun autre défenseur, pas même Zdeno Chara, n’empoche plus de trois millions annuellement. Le salaire annuel du gardien Tuukka Rask se situe à 7 millions.

Corey Perry, Zach Parise, Bobby Ryan, Ryan Kesler, Milan Lucic, Loui Eriksson, Ryan Callahan, Brandon Dubinsky ont tous signé de gros contrats à long terme à la fin de la vingtaine. Dans tous ces cas, les résultats sont décevants.

Les Sabres se tirent dans le pied. Ils le savent probablement un peu aussi.

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