(Boston) Chez les Blues de St. Louis, Pat Maroon s’est certainement établi comme le favori local.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

Son but héroïque qui a éliminé les Stars de Dallas en deuxième période de prolongation du septième match de la demi-finale de l’Association de l’Ouest y est pour beaucoup. L’image de son fils Anthony, les yeux dans l’eau, qui célèbre la victoire n’y est pas étrangère non plus. Ses entrevues d’après-match, chargées d’authenticité, n’ont fait que grandir l’histoire.

C’est que la situation familiale des Maroon n’a jamais été simple. Pat Maroon est né à St. Louis. C’est aussi là qu’il passait tous ses étés. Il est devenu père en 2008, et durant les 10 années qui ont suivi la naissance de son fils, il a joué dans huit villes différentes. Chaque année, il quittait St. Louis en septembre, laissant sa famille derrière.

«Anthony savait, et je savais, qu’après son anniversaire, je devais partir, a-t-il raconté en début de saison à ESPN. Il a beaucoup pleuré. J’ai beaucoup pleuré. C’était difficile. C’est devenu pire à mesure qu’il vieillissait, parce qu’il comprenait ce qui s’en venait.»

De l’argent sur la table

Quand Maroon a eu l’occasion de signer un contrat à St. Louis l’été dernier, il l’a fait tout de suite. Même s’il laissait sur la table de bien meilleurs contrats ailleurs, avec plus d’argent et plus d’années. Son contrat avec les Blues est somme toute modeste, à un an et 1,75 million. Mais il en a eu assez d’être père à distance.

«Ça en a valu la peine, n’est-ce pas? a-t-il lancé lors de la journée des médias, dimanche. C’est impossible de mettre un prix sur ce que je vis. On m’a offert un contrat de plusieurs années, mais tu ne peux pas regarder en arrière. Tu ne dois pas penser à l’argent. L’argent ne va pas régler tes problèmes.

«Est-ce que l’argent va vraiment te donner le bonheur? Quand tu rêves d’être à la maison, avec ta famille, d’être avec cette équipe dans ce vestiaire, de voir les gars se battre et suer pour se rendre là où on est? Tout ça vaut beaucoup plus.»

Après son arrivée avec les Blues, il a mis du temps à trouver son rythme. Il a été laissé de côté à quelques reprises. Peu à peu, il a fait sa place au sein de l’équipe, et il est aujourd’hui un élément important de ce parcours en séries. Il n’hésite pas à redistribuer une grande partie du mérite à ses partenaires de trio, Robert Thomas et Tyler Bozak.

«J’ai adoré faire partie de cette aventure, porter cet uniforme chaque soir. Quand j’étais enfant, je rêvais à ce moment. Mais de revenir à la maison et de jouer pour l’équipe que je regardais en grandissant, et de vraiment pouvoir vivre mon rêve, c’est incroyable.»

Surtout qu’il pourra vivre cette finale de la Coupe Stanley devant son père, qui est détenteur d’un abonnement de saison des Blues, sa mère et tout le reste de sa famille. Mais Maroon a été le premier à l’admettre : être le héros local ne veut plus rien dire à ce moment-ci de la saison.

Il doit maintenant apporter sa contribution pour aller chercher les quatre victoires. Et surtout, aider les siens à rebondir après la correction qu’ils ont subie au premier match.