Les Penguins de Pittsburgh occupent généralement encore nos écrans de télé à cette période-ci de l’année.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Une seule fois depuis 2012 ont-ils été éliminés avant la deuxième ronde.

Non seulement sont-ils en vacances prématurément, mais les rumeurs de démantèlement du noyau ne veulent pas mourir depuis le post mortem de l’équipe il y a deux semaines.

Le DG, Jim Rutherford, ne fait rien pour éteindre les feux; comme s’il voulait préparer le monde du hockey et les fans des Penguins à la suite.

«Je ne suis pas rendu au point où j’ai des certitudes, confiait-il récemment au site theathletic.com. Je dois réfléchir à la décision de garder ou non ces gars-là (Crosby, Malkin, Kessel et Letang) ensemble. Tous les scénarios sont sur la table actuellement.»

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Les Penguins échangeront-ils Evgeni Malkin?

La rumeur la plus persistante concerne Evgeni Malkin. Elle a été relancée cette semaine par le distingué Elliotte Friedman

Rutherford devrait surmonter des obstacles importants s’il voulait échanger Malkin. Celui-ci détient une clause complète de non-mouvement. Les propriétaires, Mario Lemieux en tête, ne seraient pas très entichés à l’idée de le voir partir.

Le statu quo semble impensable à Pittsburgh. Depuis leur Coupe Stanley de 2017, ils ont été éliminés en deuxième ronde l’an dernier et en première ronde cette saison.

Leur noyau vieillit. Sidney Crosby aura 32 ans en août. Evgeni Malkin en aura 33 huit jours plus tôt. Phil Kessel et Kristopher Letang ont 31 ans. Patric Hornqvist a 32 ans.

Ils auraient encore été dans la force de l’âge à une époque pas si lointaine, mais la LNH a beaucoup changé.

La solution idéale aurait consisté en une réinitialisation. Mais la banque d’espoirs des Penguins n’est pas très garnie. Pittsburgh a repêché une seule fois en première ronde depuis 2013. Et ce choix, Kasperi Kapanen, repêché 22e au total en 2014, est passé aux Leafs il y a déjà quatre ans dans l’échange de Kessel.

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Premier choix de 2018: échangé pour Derick Brassard

Premier choix en 2017: échangé pour Ryan Reaves

Premier choix de 2016: échangé pour Phil Kessel

Premier choix de 2015: échangé pour David Perron

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Des 16 joueurs repêchés par l’organisation depuis 2016, aucun n’a encore atteint la LNH. Et depuis 2013, seulement deux, Jake Guentzel et Dominik Simon, jouent pour les Penguins.

Les Sharks de San Jose ont réussi brillamment leur réinitialisation. Mais ils avaient le sang neuf pour le faire: Tomas Hertl, Timo Meier, Kevin Labanc, sans oublier Logan Couture, Evander Kane et Erik Karlsson qui n’avaient pas encore atteint la trentaine au début de la saison.

Les Bruins de Boston constituent un autre bel exemple. Les Charlie McAvoy, David Pastrnak et Jake DeBrusk, tous des choix de première ronde, sans compter Brandon Carlo, un choix de deuxième, sont tous venus renforcer un solide noyau de trentenaires.

PHOTO GENE J. PUSKAR, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le directeur général des Penguins de Pittsburgh, Jim Rutherford.

Le dilemme de Rutherford

D’où le dilemme de Jim Rutherford. À part Guentzel, il n’y a pas de jeunes joueurs de premier plan prêts à prendre la relève. Il peut échanger l’une de ses vedettes pour combler des besoins criants à court terme, en défense notamment, mais le toit continuera de couler.

Une reconstruction? On voit mal les Penguins faire exploser leur noyau et garder Sidney Crosby seul au cœur d’une équipe semblable à celle des Sénateurs d’Ottawa, mais il s’agirait sans doute de la seule solution valable pour assurer la relance à long terme de cette équipe.

«Je prends du recul et j’analyse mon organisation, a ajouté Rutherford lors de son interview avec theathletic.com. Je parle au plus de gens possible, je collige le maximum d’informations. D’ici les deux prochains mois, je pourrai prendre les décisions nécessaires.»

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Phil Kessel a amassé 82 points cette saison, mais il demeure un joueur unidimensionnel.

Échanger Phil Kessel constituerait un bon point de départ si on veut améliorer la défense. Kessel a amassé 82 points cette saison, après en avoir obtenu 92 l’année précédente. Mais il demeure un joueur unidimensionnel et il a entamé sa trentaine. Sa valeur n’est certes pas aussi élevée que celle d’un Malkin ou un Letang.

Rutherford, 70 ans, a hérité d’une formidable équipe en 2014, après son départ de la Caroline, où les dernières années de son règne ont été difficiles.

Mais il a pris de judicieuses décisions, entre autres l’acquisition de Kessel, Hornqvist et Justin Schultz, et aussi l’embauche de Mike Sullivan, sans lesquelles les Penguins n’auraient probablement pas gagné deux Coupes Stanley consécutives.

La partie la plus difficile de son règne à Pittsburgh commence maintenant. Voyons comment il parviendra à tirer son épingle du jeu dans un contexte beaucoup plus complexe qu’à son arrivée chez les Penguins il y a cinq ans.

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