Autant ce duel Hurricanes-Islanders opposait deux équipes sympathiques à leur façon, autant c’était un choc de philosophies de hockey entre des Hurricanes rapides et dangereux, et des Islanders lourds et teigneux.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Les Hurricanes l’ont emporté 5-2, hier, pour prendre une avance de 3-0 dans cette série de deuxième tour. Et plus la série progresse, plus on sent que la formule des Islanders atteint ses limites. En toute honnêteté, il faut reconnaître que cette formule a amené les insulaires nettement plus loin que ce que quiconque aurait pu prédire. Mais elle est maintenant à une défaite d’être chose du passé.

La rencontre d’hier regorgeait de séquences où ce choc des identités tournait à la faveur des Hurricanes. La plus évocatrice: les sept minutes de jeu ininterrompu, tard en troisième période, après que Justin Williams eut donné l’avance aux Hurricanes. Des minutes pendant lesquelles les Islanders, qui se battaient pourtant pour leur survie, ont été assiégés dans leur territoire. C’était revirement après revirement, et à part donner quelques mises en échec, les New-Yorkais étaient incapables de faire quoi que ce soit.

L’autre indice qui ne ment pas: le quatrième trio des Islanders. Formée des rugueux Cal Clutterbuck, Casey Cizikas et Matt Martin, cette unité est surnommée «le trio d’identité» des Islanders. Les trois comparses ont connu une saison historique pour un quatrième trio, avec Cizikas qui a atteint la marque des 20 buts.

Mais depuis le début des séries, c’est le néant. Les trois joueurs n’ont toujours pas de point après sept matchs et présentent un différentiel combiné de -12. Hier, à trois, ils ont obtenu un seul tir. Après une première présence énergique, on les a surtout remarqués pour les présences qu’ils passaient coincés dans leur territoire.

À ce sujet, et sachant que les Islanders ont joué du hockey de rattrapage en fin de match, on peut certainement se demander ce qui a motivé la décision de Barry Trotz d’envoyer ce trio pas une, mais bien deux fois dans les 10 dernières minutes, quand son équipe devait marquer coûte que coûte. C’est autant de présences que Jordan Eberle, qui a disputé un excellent match.

PHOTO GERRY BROOME, ASSOCIATED PRESS

Barry Trotz et les Islanders de New York sont au bord du gouffre.

Pour avoir mené les Islanders en séries, Trotz mérite pleinement sa sélection parmi les trois finalistes du trophée Jack-Adams. Mais il doit maintenant montrer qu’il peut s’ajuster et prendre des décisions difficiles, car ce trio-là, aussi crucial soit-il pour l’esprit de corps, en arrache.

Formidable Aho

Il n’est pas exagéré de parler de Sebastian Aho comme du secret le mieux gardé de la LNH. De 49 à 65 à 83 points, sa progression offensive a été fulgurante en trois ans.

Mais parce qu’il joue pour une équipe qui n’accomplissait pas grand-chose avant l’hiver dernier, parce qu’il a été repêché au deuxième tour, et parce qu’il s’est développé en Finlande, loin des projecteurs, on n’a pas autant parlé de lui que d’autres attaquants au talent comparable. Le présent parcours des Hurricanes en séries est en train de changer la donne.

Hier, Aho a fait preuve d’une coordination oculo-manuelle hors pair pour intercepter le dégagement de Robin Lehner et ainsi préparer le but gagnant de Justin Williams. Le centre de 21 ans a aussi été récompensé en marquant dans un filet désert en fin de match.

Mais toute la soirée, Aho a réussi sa part de jeux importants, plusieurs en zone défensive. On pense notamment à un avantage numérique des Islanders en milieu de match. Les New-Yorkais contrôlaient le jeu et Josh Bailey manœuvrait à sa guise, jusqu’à ce qu’Aho s’interpose, lui ravisse la rondelle et la transporte jusqu’en territoire adverse, permettant à son équipe de respirer. 

Que ce soit le trophée Hart ou le Selke, Sebastian Aho finira par recevoir sa part de votes pour les honneurs individuels de fin de saison.

Jaccob Slavin en est un autre qui bénéficie de la visibilité accrue offerte par les séries. Sans dire qu’il deviendra un jour un candidat au trophée Norris, disons que le défenseur de 25 ans montre peu à peu qu’il sera l’une des aubaines de la LNH, avec son salaire annuel de 5,3 millions. On ne compte pas le nombre d’attaques des Islanders qu’il a tuées dans l’œuf hier.

Après avoir eu besoin de sept longs matchs pour venir à bout des Capitals de Washington au premier tour, les Hurricanes auront maintenant la chance de s’offrir un peu de repos s’ils en finissent rapidement avec les Islanders. Ils auront une première chance demain soir (19h), toujours à Raleigh.

> Consultez le sommaire du match