On l’a dit et redit : à bien des égards, les séries 2019 défient les différentes certitudes de la planète hockey, les tendances que l’on voyait poindre à l’horizon.

Publié le 30 avr. 2019
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

C’est pourquoi, par exemple, le rapide, fluide et moderne Lightning de Tampa Bay est en vacances, pendant que les gros Islanders de New York, une équipe qui travaille à la pioche et à la pelle, jouent encore au hockey.

Une autre idée en vogue dans la Ligue nationale est la baisse d’importance du 1er juillet dans la construction d’une équipe. Mais la victoire de 4-3 des Blues de St. Louis, hier, sur les Stars de Dallas a été un joli rappel que certains directeurs généraux peuvent encore trouver leur compte dans le marché des joueurs autonomes.

Qu’a-t-on vu dans cette victoire ? On a vu Tyler Bozak marquer un but important et préparer le but vainqueur. Qui a marqué le but de la victoire ? Patrick Maroon, un colosse de 225 lb qui n’a joué que 10 minutes, mais qui s’est servi à merveille de son gros gabarit pour se doter de l’espace nécessaire pour enfiler ce but avec 98 secondes à jouer.

On pourrait ajouter David Perron, tranquille hier, mais un membre important du top 6 des Blues, auteur de cinq points depuis le début des séries. Le Québécois a connu une bonne saison avec 23 buts et 23 aides en seulement 57 matchs.

Qu’ont en commun Tyler Bozak, Patrick Maroon et David Perron ? Ils ont été acquis le 1er juillet dernier, à titre de joueurs autonomes. Bozak et Perron ont même obtenu des ententes à long terme, de trois et quatre ans respectivement.

On a beaucoup parlé des performances du gardien recrue Jordan Binnington depuis le début des séries pour expliquer les succès des Blues, mais il ne faudrait pas non plus oublier le travail du directeur général Doug Armstrong, dont le bilan paraissait moins bien quand il a dû congédier l’entraîneur-chef Mike Yeo. Voici maintenant qu’avec une avance de 2-1 dans la série, les Blues sont à deux victoires d’une finale d’association.

Pas une garantie

À force d’entendre Marc Bergevin souligner les dangers du 1er juillet, à force de parler des histoires d’horreur d’Andrew Ladd, Loui Eriksson, Milan Lucic, Karl Alzner et compagnie, on en vient à oublier qu’un DG bien avisé peut réaliser de bons coups le jour de la fête du déménagement. D’ailleurs, dans le camp adverse, hier, Jim Nill doit une grande partie des succès de ses Stars au dynamique Alexander Radulov, attiré à Dallas avec un contrat de cinq ans à l’été 2017, au grand dam de Bergevin.

Des succès sur le marché des joueurs autonomes ne garantissent rien, remarquez. Les Maple Leafs de Toronto sont les mieux placés pour en parler, eux qui souhaitaient se rendre plus loin que le premier tour avec l’homme de 77 millions, John Tavares. Au moins, ils ont six ans pour se reprendre…

Les Golden Knights de Vegas avaient eux aussi réussi un bon coup en embauchant Paul Stastny, mais ils sont en vacances. Les Flames de Calgary pourraient regretter le contrat de cinq ans, à 5,75 millions par année, à James Neal.

Et la norme restera sans doute ces équipes qui se servent du marché des joueurs autonomes pour peaufiner leur formation, comme l’ont fait les Hurricanes de la Caroline en obtenant le défenseur Calvin de Haan pour ajouter de la stabilité en défense.

Mais le 1er juillet approche à grands pas, et des joueurs comme Artemi Panarin, Sergei Bobrovsky, Matt Duchene et Erik Karlsson sont toujours sans contrat. La date mal-aimée pourrait redevenir intéressante, et des DG pourraient bien être tentés d’imiter Armstrong en se servant du marché des joueurs autonomes pour corriger les carences de leur formation.

Oui, Dale Tallon, c’est vous que l’on regarde.

Prochain match : Blues c. Stars, demain (21 h 30)