Jonathan Drouin a entendu son entraîneur parler des «mêmes joueurs et [des] mêmes erreurs», mardi soir à Philadelphie, et il s'est senti un peu interpellé.

Richard Labbé LA PRESSE

«D'un côté, il a raison, quand t'es en avance 2-1 avec quatre minutes à faire au match... a répondu le joueur québécois, hier à Brossard. On pourrait faire remarquer qu'on a été victime de mauvais bonds de la rondelle, et qu'on a frappé des poteaux toute la soirée, mais il faut être honnêtes avec nous-mêmes: on n'a pas été capables de finir le travail. À la fin, tu peux mettre autant d'efforts que tu veux, mais si les résultats ne sont pas là, les gens ne vont pas dire que ça va bien.»

Dans une équipe qui pique du nez et qui, avant de recevoir les Rangers de New York ce soir au Centre Bell, se classait au 28e rang de toute la LNH avant les matchs d'hier, il y a assurément de nombreux coupables à montrer du doigt.

Le commentaire de Claude Julien mardi soir semblait plutôt viser les membres du groupe défensif, mais Jonathan Drouin, avec sa fiche de 9 buts et 20 aides en 54 matchs, réalise très bien qu'il fait partie des canons offensifs qui doivent s'avérer plus bruyants.

«Je dois en faire plus, ça fait longtemps que je le sais. On a beaucoup de joueurs à caractère offensif qui ne produisent pas. On est payés pour ça, c'est à nous de produire. C'est pas moi qui va bloquer 10 tirs par match et qui va aller frapper tout le monde dans le coin, mais c'est à moi de créer des chances en attaque», a-t-il renchéri.

Une saison décevante, donc? Non, Jonathan Drouin n'est pas prêt à dire ça. Cette saison, il la met plutôt sur le compte de l'apprentissage, et affirme que les résultats auraient pu être différents s'il avait joué à l'aile.

«Je suis arrivé ici dans une nouvelle position, je savais qu'il allait y avoir des hauts et des bas. C'est normal. Si j'avais joué à l'aile, ç'aurait été différent. Dans la saison, je savais qu'il allait y avoir des moments plus difficiles que d'autres... peut-être pas à ce point-là, mais c'est comme ça, il y a des saisons comme ça. Tous les joueurs offensifs de l'équipe, on n'est pas contents de notre saison.»

Aux Championnats du monde?

Avec 23 matchs à faire à cette saison du Canadien qui ne veut plus finir, Jonathan Drouin comprend très bien la réalité dans laquelle il se trouve, avec le reste du club. Il parle de la nécessité d'un «miracle» quand on évoque les bien minces espoirs de l'équipe en vue des séries, et il admet qu'il aimerait pouvoir poursuivre sa saison avec la formation canadienne aux prochains Championnats du monde de hockey, qui seront présentés au Danemark au mois de mai. «C'est sûr que j'aimerais ça représenter mon pays si on me le demande», ajoute-t-il.

En attendant, il jure que les 23 prochains matchs ne seront pas des occasions de prendre congé et de lever le pied. Pour lui, ces 23 matchs sont plutôt l'occasion de préparer la prochaine saison... et l'occasion aussi d'espérer des lendemains qui seront plus heureux.

«C'est pas parce qu'il reste 23 matchs qu'on va lancer la serviette. Tu veux finir la saison comme du monde et préparer la prochaine. On va avoir quasiment la même équipe la saison prochaine, on ne veut pas gaspiller notre temps à perdre des matchs. Il faut finir sur une bonne note.»