L'année 2017 du Canadien de Montréal a été fertile en rebondissements et l'équipe a fait vivre à ses partisans toute la gamme des émotions.

LA PRESSE CANADIENNE

La formation montréalaise a connu une fin d'année en queue de poisson et un été où les mouvements de personnel ont été nombreux et n'ont pas tous fait l'unanimité.

Les analystes Dany Dubé (98,5/TVA Sports), Gaston Therrien (RDS), Denis Gauthier fils (RDS) et Sergio Momesso (TSN 690) analysent quelques-uns des moments les plus marquants des 12 derniers mois.

1) Le 14 février, le directeur général Marc Bergevin congédie Michel Therrien et embauche Claude Julien, lui-même limogé une semaine plus tôt par les Bruins de Boston, et lui offre un contrat de cinq ans.

Dany Dubé admet avoir été surpris par la décision, parce qu'elle a été prise pendant la semaine de congé de l'équipe, et parce que les entraîneurs, note-t-il, ont toujours le sentiment de pouvoir relancer leurs joueurs. Selon Sergio Momesso et Denis Gauthier, les joueurs ne semblaient plus répondre aux directives de l'entraîneur-chef.

Par ailleurs, selon Gauthier, rien ne dit que les choses se seraient passées de la même façon si Julien n'avait pas été disponible. Les succès passés de Julien et le fait qu'il s'exprime en français sont des atouts qui ont également contribué à son embauche, ajoute Gaston Therrien.

2) Le Canadien subit l'élimination aux mains des Rangers de New York au premier tour des séries éliminatoires.

L'inertie de l'attaque du Canadien a causé sa perte, opinent les quatre analystes. Sergio Momesso rappelle que le Tricolore n'a marqué que 11 buts en six parties, dont quatre lors du 2e match. Dany Dubé insiste sur le manque de profondeur de l'équipe, d'autant plus que le quatrième trio des Rangers a battu presque à lui seul le Canadien. Max Pacioretty n'a pas produit, fait remarquer Gaston Therrien, et Henrik Lundqvist a été meilleur que Carey Price, analyse Denis Gauthier.

3) Le 15 juin, le Canadien obtient les services de Jonathan Drouin du Lightning de Tampa Bay en retour du défenseur Mikhail Sergachev, lui fait signer un contrat de six ans et annonce qu'il sera le centre no 1 de l'équipe.

Les analystes sont unanimes pour affirmer que le Canadien a mis la main sur un joueur de grand talent, même si l'équipe a sacrifié un bel espoir. Par contre, note Dany Dubé, la décision de le muter au centre représente un pari très élevé parce que les expériences du côté du Lightning n'avaient pas été nécessairement concluantes. Aussi, selon Dubé, pour obtenir le meilleur de Drouin à l'attaque, il est important de le libérer de responsabilités de fond de territoire. Denis Gauthier considère que le Canadien n'a toujours pas un vrai joueur de centre et place Drouin dans une mauvaise chaise avec la pression de ranimer l'attaque.

4) Le 2 juillet, un an avant que Carey Price ait droit à l'autonomie, le Canadien lui accorde une prolongation de contrat de huit saisons, d'une valeur de 84 millions $ US.

Il n'y a aucun doute que Carey Price est le joueur de concession du Canadien, selon Gaston Therrien et Denis Gauthier, tout en ajoutant que le Tricolore se fie trop à lui pour espérer gagner ses matchs. Selon Sergio Momesso, le Canadien met l'accent sur la défensive et les buts accordés dans l'espoir de demeurer dans la lutte match après match. Mais la série contre les Rangers, ajoute-t-il, a prouvé que ce n'est pas un gage de succès. La durée et la somme d'argent consentie laissent également les analystes perplexes et ce n'est que dans six ans, estime Momesso, que l'on risque de savoir de façon définitive si le Canadien s'est engagé à trop long terme.

5) Entre le 27 février et le 28 juillet, Marc Bergevin a procédé à d'importants changements au sein de l'équipe qui ont entre autres mené aux départs d'Andrei Markov et d'Alexander Radulov. Ces changements ont aussi eu pour effet de transformer la brigade défensive de fond en comble.

Il y a eu beaucoup de changements, et ç'a créé de l'instabilité, observe Dany Dubé. Or, enchaîne-t-il, l'instabilité aurait dû être accompagnée d'un camp d'entraînement qui favorise l'intégration des nouveaux et qui permet de jouer moins de matchs et de s'entraîner plus. Ç'a été le contraire, selon Dubé, et c'est venu hanter le Canadien. Selon Sergio Momesso et Denis Gauthier, le Canadien a fait du surplace en perdant Radulov après avoir acquis Drouin. Et les premiers mois ont démontré qu'Andrei Markov était un bon défenseur qui n'a pas été remplacé et que le départ d'Alexei Emelin a aussi laissé un vide au chapitre de la robustesse, ajoute Momesso.

6) Le Canadien choisit de garder le jeune défenseur Victor Mete à Montréal à l'issue du camp d'entraînement.

Aux yeux des analystes, Mete a mérité sa place avec le Canadien parce qu'il venait combler un manque important au chapitre de la mobilité des défenseurs. Surtout, il s'est bien tiré d'affaires. Mais Gaston Therrien considère que le défenseur de 19 ans a plafonné et qu'il devrait être cédé à son équipe junior. Dany Dubé est d'avis qu'une organisation ne prendra jamais trop son temps avec les jeunes et qu'elle ira toujours un peu trop vite. Selon Dubé, Mete représente une belle surprise et un bel espoir. Mais à partir du moment où un joueur comme lui n'est pas capable de jouer dans la rotation, il est mieux d'évoluer chez les juniors.

7) Le Canadien termine octobre au 15e rang dans l'Est après avoir habitué ses partisans à des départs-canon lors des récentes saisons.

Selon les experts, une combinaison de facteurs sont à la source des problèmes de l'équipe, mais deux retiennent l'attention: le rendement dans les buts et celui des unités spéciales, surtout l'avantage numérique. Selon Sergio Momesso, Carey Price a connu un mauvais départ et le Canadien tirait constamment de l'arrière. Gaston Therrien note aussi le manque de caractère au sein de l'équipe et un très mauvais camp d'entraînement qui, bien souvent, mènera à un mauvais début de saison.