Max Pacioretty s'est retrouvé deux fois sous les micros et les magnétophones des journalistes mercredi midi dans le vestiaire du Complexe sportif Bell. À la première occasion, il a pris part à une mêlée de presse traditionnelle où le hockey a pris toute la place et durant laquelle il a parfois paru impatient. À la seconde occasion, les échanges ont pris une tournure différente qui ont permis de constater qu'il était préoccupé par des soucis qui dépassent largement les cadres du hockey et du sport en général.

Mis à jour le 11 oct. 2017
Michel Lamarche LA PRESSE CANADIENNE

Tout a commencé quand un journaliste l'a invité à parler de la cérémonie qui a précédé, mardi, le premier match local des Golden Knights de Vegas, consacrée à la fusillade qui a fait 58 victimes lors d'un récent festival de musique country.

«Il s'agit d'un événement horrible que vous ne voulez jamais voir arriver dans le monde. Quand ça se produit dans votre pays, ça vous touche un peu plus, a déclaré Pacioretty au sujet de la tuerie.

«La chose qui est belle dans tout ça, a-t-il aussi fait remarquer, c'est de voir comment les gens réagissent à une situation donnée. Quand vous croyez que nous vivons à une époque et dans un monde si difficile, il y a des gens qui se sacrifient et rendent hommage à ceux qui ont succombé.»

De fil en aiguille, en ajoutant à sa pensée, Pacioretty en est arrivé à parler d'une autre tragédie d'une toute autre ampleur, qui le touche tout particulièrement et pour laquelle, pour l'instant, il semble totalement impuissant.

«Ça vous fait prendre un certain recul et ça vous fait réaliser qu'il y a tellement plus dans la vie, comme des choses qui se passent en Californie, à Santa Rosa, où vivent mes grands-parents et mes cousins.»

Cette fois, le capitaine du Canadien faisait allusion aux violents incendies de forêt qui font rage depuis dimanche dans le nord de l'État et qui ont fait 21 victimes, selon le dernier bilan officiel en début de soirée, mercredi.

Pacioretty a notamment expliqué que ses grands-parents vivent dans une résidence spécialisée qu'ils doivent quitter en raison du danger, et que sa mère devait s'envoler vers Santa Rosa pour les aider à évacuer l'endroit.

Cette ville qui compte un peu moins que 170 000 habitants est située en plein coeur de la région vinicole de la Californie, dans le comté de Sonoma, à quelque 160 km au nord de San Jose où, incidemment, le Canadien amorcera une séquence de trois matchs sur la côte du Pacifique mardi prochain. En principe, les joueurs doivent quitter Montréal dimanche.

«Je ne veux pas changer de sujet, mais je dois dire que ça n'a pas été facile de répondre à des questions sur nos ennuis, sur (Alex) Galchenyuk, a-t-il déclaré. Prenons un peu de recul et rappelons-nous que nous n'avons joué que quatre matchs et que nous vivons tous une assez belle existence. Nous voulons tous travailler avec ardeur, devenir meilleurs et aider cette équipe à gagner.

«Si je suis un peu impatient, c'est que la composition de trios, ce sont des peccadilles à comparer à ce qui est important dans la vie», a ajouté Pacioretty, tout en admettant que le sport peut servir d'exutoire dans les moments de drame et de tragédie.

Pacioretty n'a quand même pu éviter les questions sur le rendement du Canadien, qui a perdu ses trois derniers matchs et qui ne totalise que quatre buts malgré une récolte de 155 tirs.

«Toutes les équipes connaissent des moments difficiles pendant une saison, tous les joueurs connaissent des moments difficiles pendant une saison. Aucune équipe n'a joué 82 matchs parfaits. Nous avons travaillé, peut-être pas pendant 60 minutes à la fois, mais nous avons travaillé, nous continuons de travailler et il me semble que nous sommes près du déclic. Nous n'y sommes pas encore, mais notre but est de travailler pour renverser la vapeur.»