Après qu'on eut fermé les yeux sur sa médiocre saison grâce à une lumineuse première ronde face au Lightning de Tampa Bay, Rene Bourque semblait replongé dans une torpeur dont lui seul connaît les mystères. Mais surgi de nulle part, comme le monstre du Lac La Biche, il a été l'improbable héros d'une soirée où le Canadien jouait sa survie.

Mis à jour le 28 mai 2014
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Ses trois buts inscrits dans un gain de 7-4 face aux Rangers de New York ont été salués par une envolée de chapeaux et ont visiblement donné le goût au Canadien d'aller jouer de nouvelles supplémentaires sur Broadway!

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«Vous savez quoi? J'ai réussi quelques tours du chapeau dans ma carrière et c'est de toute évidence le plus savoureux, a laissé tomber l'ailier de 32 ans. C'est bien de voir les casquettes et de se sentir récompensé...»

Refusant une fois de plus qu'on entame son requiem, le Tricolore s'est battu comme un diable - parfois contre lui-même - pour réussir à renvoyer cette série au Madison Square Garden.

Car ce ne fut pas de tout repos pour garder vivants les espoirs du CH. Les punitions, les cafouillages en défensive et le rendement parfois chancelant de Dustin Tokarski devant le filet ont fait palpiter plus d'un coeur.

Les hommes de Michel Therrien ont entre autres vu fondre une avance de 4-1 en l'espace de 3:26 en fin de deuxième période. Cette pétarade n'annonçait rien de bon pour le Tricolore, qui en est finalement sorti indemne grâce au deuxième de la soirée de Bourque, 58 secondes seulement après que Chris Kreider eut renvoyé tout le monde à la case départ.

«Je n'ai pas senti le besoin de demander un temps d'arrêt parce que l'attitude sur le banc demeurait bonne, a expliqué Therrien. On jouait du bon hockey à part lors de ce court laps de temps. Le but de Bourque nous a redonné la confiance dont on avait besoin.»

L'homme de neuf buts en saison régulière a pu sauver la saison du Tricolore en portant à huit son total de buts lors des présentes séries. Le DG Marc Bergevin y pensera deux fois avant de racheter son contrat...

Cascade de buts

On a bien vite vu que ce ne serait pas un duel de gardiens après que Tokarski, faible devant Derek Stepan, et Henrik Lunqvist, guère plus imposant devant Tomas Plekanec, se soient échangés les politesses en première période.

Lundqvist, qui a cédé quatre fois sur 18 lancers, a été remplacé par Cam Talbot en milieu de rencontre. Tokarski, lui, a vu les Rangers effectuer leur fiévreuse remontée tout de suite après et n'a pas été aidé par sa défensive. Josh Gorges, par exemple, a fait dévier un tir de Rick Nash derrière lui et Andrei Markov a commis un revirement à quelques pieds de lui tout juste avant que Stepan n'enfile son deuxième de la soirée.

Le centre des Rangers, de retour au jeu après s'être fait fracturer la mâchoire par Brandon Prust dans le troisième match, n'aurait pu trouver meilleur moyen de prendre sa revanche sur le Canadien.

Mais ce qui nous a rappelé le souvenir de la mise en échec de Prust, c'est aussi celle qu'a servie John Moore à Dale Weise en troisième période. Un coup de coude à la tête, un casque qui revole, et une expulsion pour le jeune défenseur des Rangers.

Celui-ci devra s'entretenir avec le Département de la sécurité des joueurs mercredi et risque d'être suspendu.

Stéphane Quintal et son équipe devaient également revoir le coup de tête qu'a donné Derek Dorsett à Mike Weaver et un double-échec qu'a asséné Bourque à ce même Dorsett en fin de match.

Gros match de Galchenyuk

Bourque a été le héros incontesté de ce match, mais d'autres joueurs se sont levés aussi.

On pense à Alex Galchenyuk, qui, après avoir marqué le but vainqueur en prolongation dans le troisième match et qui aurait pu récidiver, dimanche soir à New York, avait gardé pour le match de mardi ses meilleurs traits. Intense, imaginatif, brillant passeur, il a redonné de la vigueur au trio de Tomas Plekanec qui dormait d'un sommeil injuste depuis trop longtemps.

Max Pacioretty a rebondi après un quatrième match chancelant avec un but, deux points et du bon travail en infériorité numérique.

Et il y a Tokarski, qui a retrouvé tout son aplomb en troisième période en faisant quelques gros arrêts en infériorité numérique. Ça a aidé à faire la différence.

À noter que Alexei Emelin a raté le match en raison d'une blessure à la jambe subie dimanche lorsqu'il a été atteint par un lancer. Emelin était revenu dans cette rencontre et a même participé à l'entraînement matinal, mardi, mais se sentait trop souffrant pour affronter les Rangers.

Cela dit, il connaît des séries difficiles et son remplacement par Nathan Beaulieu était peut-être bienvenu.