Oh que c'était tranquille dans le vestiaire des Bruins après cette défaite. Le gardien Tuukka Rask a résumé tout d'un trait, avec sa franchise habituelle («Je ne pense pas qu'on a mal joué, on a juste commis des erreurs stupides»), et l'entraîneur-chef Claude Julien, manifestement de mauvais poil, a offert un «John Tortorella» spécial comme point de presse, c'est-à-dire quelque chose de très bref et de très sec aussi.

Richard Labbé LA PRESSE

Il a donc fallu se tourner vers un sage vétéran pour entendre les vraies affaires.

«Ils nous ont dominés lors de la première période, a admis l'attaquant Jarome Iginla. Ils ont sauté sur la glace et ils ont vraiment disputé une très bonne première période. Nous sommes meilleurs que ça et nous le savons très bien.»

Non loin de là, le défenseur Zdeno Chara cherchait un peu ses mots.

«Il faut trouver une façon, a résumé le grand défenseur. Même si on a mal commencé le match, on a réussi à ce que ce soit chaudement disputé à la fin. C'était 1-1 avant le match, et il fallait que quelqu'un prenne une avance de 2-1 dans cette série. Tout ce que nous avons à faire, c'est d'avancer et d'oublier ce match, puis se mettre à penser au suivant.»

Ce qui place les Bruins en situation un peu difficile en vue du choc de demain soir au Centre Bell. On peut facilement imaginer que les visiteurs ne voudront pas retourner devant les leurs avec un retard de 1-3 dans la série.

Patrice Bergeron est bien d'accord.

«Il faut surtout s'assurer de mieux entreprendre nos matchs, a expliqué l'attaquant québécois. Ce n'est pas ce qu'on a fait récemment. Nous avons eu des erreurs de couverture en défense et nous leur avons donné des jeux faciles. Ça ne peut pas arriver, parce que si on les laisse faire ces jeux-là, ils vont nous le faire payer. On a commencé le match (de samedi dernier) en retard, puis on a pu se réveiller en troisième période, mais ce n'est pas arrivé cette fois-ci.»

D'une seule phrase, Bergeron a résumé un peu le fond de sa pensée: «Ce n'est certes pas le genre d'effort qu'on doit livrer.»

Ses coéquipiers sont sûrement d'accord. Tout comme son entraîneur, par ailleurs.