Certains se seraient attendus à une atmosphère de salon funéraire, hier, à l'entraînement du Lightning de Tampa Bay. Après tout, les joueurs venaient de se réveiller d'une nuit cauchemardesque.

Gabriel Béland LA PRESSE

La veille, le Canadien a pris l'avance 3-0 dans la série grâce à son jeu inspiré et, selon ce qui se raconte en Floride, l'aide de l'arbitre. Mais s'ils étaient découragés, les joueurs du Lightning l'ont bien caché. Ils blaguaient, étaient souriants et juraient avoir hâte au match de ce soir.

«Personne dans l'équipe n'a la tête basse. Personne n'est désespéré. Personne ne s'apitoie en disant: "Pourquoi moi?"», a assuré l'entraîneur Jon Cooper.

Peut-être est-ce vrai. Peut-être. Mais outre la bonne humeur relative qui régnait hier, ce qui frappait était l'absence de solution. À quelques heures de son quatrième match contre le Canadien, le Lightning semble ne plus savoir comment renverser la vapeur.

«On a joué assez bien dimanche pour remporter le match. Mais on n'a pas gagné. Alors si on joue avec la même passion, la même détermination que dimanche soir, je crois que les choses vont devoir tourner à notre avantage. À un certain moment, le karma va changer de bord!, a lancé l'entraîneur du Lightning. Il faut seulement en gagner une. Si on gagne la prochaine, qui sait ce qui va se passer ensuite?»

Des airs de bilan

Cooper a ensuite rappelé que cette série était plus serrée que ce que l'avance de 3-0 du Canadien suggère. Il a parlé du premier match à Tampa qui s'est réglé en prolongation. «On aurait remporté ce match-là, qui sait ce qui serait arrivé au deuxième match?», a-t-il dit.

Puis il est revenu sur le match de dimanche, lors duquel un but crucial a été refusé à son équipe. «Le troisième match, tout le monde sait qu'il aurait pu finir autrement. Si ç'avait été différent, on pourrait mener 2-1, 3-0, qui sait!», a lancé l'entraîneur lors d'un entretien avec la presse qui avait parfois des airs de bilan.

Bien sûr, les choses auraient pu être différentes. Mais elles sont comme elles sont, et voilà que l'équipe de Cooper fait face à l'élimination pendant que l'entraîneur parle de karma.

Chez les joueurs, l'état d'esprit se résumait à cette fameuse phrase du poète romain Horace: carpe diem, ou cueille le jour sans penser au lendemain.

«De penser qu'on doit en gagner quatre après en avoir perdu trois, ça semble la fin du monde, a noté le défenseur Matt Carle. Mais si on en gagne une première, alors la dynamique peut changer. On a joué notre meilleur match de la série dimanche, alors on se sent moins mal que ce que pensent les gens.»

Karma et carpe diem, voilà en somme l'état d'esprit chez le Lightning avant sa rencontre peut-être sans lendemain de ce soir. Mais il y avait un autre indice de l'humeur de l'équipe à glaner, hier, dans le vestiaire. À un moment de l'entraînement, la chanson Get Lucky de Daft Punk a résonné dans les haut-parleurs. Un peu de chance... Jon Cooper et ses hommes en auront bien besoin s'ils veulent remonter dans cette série.

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Cooper joue au reporter

Une preuve que l'atmosphère est bon enfant dans les rangs du Lightning? Lundi, l'entraîneur s'est amusé à jouer les reporters. Pendant que les journalistes posaient des questions à Steven Stamkos, Jon Cooper s'est frayé un chemin jusqu'à son capitaine. Avec une bouteille d'eau tendue en guise de micro, il a demandé à Stamkos ce qu'il pensait des décisions de son entraîneur. «Ben, j'aimerais avoir un peu plus de temps de glace», a blagué l'attaquant.