Pour les Bruins de Boston, les 12 victoires de suite ne sont plus qu'un vague souvenir. C'est le Canadien qui s'en est chargé.

Mis à jour le 25 mars 2014
Richard Labbé LA PRESSE

Dans le milieu, on appelle ça un match «des séries», et c'est en plein ce que 17 565 chanceux ont eu, lundi soir au TD Garden de Boston, lors de ce choc palpitant entre le Canadien et les Bruins. Au final, c'est Alex Galchenyuk qui a tranché en tirs de barrage, battant le gardien Tuukka Rask d'une habile feinte, donnant du coup au Canadien une victoire de 2-1.

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Une énorme victoire pour la formation montréalaise, qui a dû se débrouiller sans deux blessés, et avec aussi son gardien réserviste. Malgré tout, c'est ce club-là qui a infligé aux Bruins une première défaite après 12 victoires de suite.

Tout de même.

«J'essayais de penser à ce que j'allais faire avant de me présenter face à lui, a expliqué Galchenyuk. Je crois que j'avais une fiche de 0 en 6 sur les fusillades cette saison, alors je devais essayer quelque chose de différent... Ça a marché.»

On s'attend souvent à des soirées émotives entre ces deux grands rivaux, et le choc de lundi soir ressemblait par grands bouts à un classique entre les deux équipes: du jeu physique, des coups sournois et aussi quelques solides grimaces de Claude Julien derrière son banc.

Le Canadien a fait 1-0 en première période, un tir de la pointe d'Alexei Emelin qui a battu le gardien Rask. Ce fut le seul but pendant longtemps, très longtemps... Jusqu'à ce que Patrice Bergeron fasse (à peu près) sauter le toit du Garden en faisant dévier un tir de la pointe en fin de troisième période, lors d'un avantage numérique. Le seul but accordé par le réserviste Peter Budaj.

Il a donc fallu aller en prolongation, puis en tirs de barrage, et c'est là que Galchenyuk s'est chargé de régler l'affaire.

La soirée avait bien mal commencé pour le Canadien, qui a perdu deux joueurs le temps de quelques secondes, les deux fois à cause de Kevan Miller. Le gros défenseur des Bruins a commencé par plaquer Dale Weise par-derrière, et le joueur du Canadien est allé chuter violemment contre la bande. Travis Moen a voulu venger son coéquipier tombé au combat, mais Moen est lui-même tombé au combat, littéralement, subissant un K.-O. devant Miller lors d'une violente bagarre.

C'est en titubant que Moen s'est ensuite relevé, rentrant péniblement au vestiaire des suites de ce qui ressemblait fortement à une commotion cérébrale. Ni Moen ni Weise ne sont revenus par la suite.

«C'est une grosse victoire qui montre un peu la force de caractère de cette équipe, a dit le capitaine Brian Gionta. Avec les deux blessés, plusieurs gars se sont retrouvés à devoir jouer plus qu'à l'habitude, ce fut assez taxant. J'ai aimé la façon dont on a répondu à ce défi.»

Le Canadien avait déjà un soldat en moins quand Lars Eller a dû abandonner avant le début du match, lui qui traîne encore cette blessure à une jambe subie lors du match de samedi soir à Toronto. C'est donc Michaël Bournival qui a été appelé à la rescousse.

Rappelons par ailleurs que Michel Therrien avait choisi de laisser de côté le défenseur Jarred Tinordi pour un deuxième match de suite.

Rentrés de Boston après le match, les joueurs du Canadien devront reprendre le collier dès mardi soir en accueillant les Sabres de Buffalo au Centre Bell. Ça risque d'être un peu moins émotif...

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Ils ont dit

> Milan Lucic: «Ça fait juste prouver qu'il (Emelin) est une poule mouillée, le fait qu'il ait besoin de me frapper aussi bas comme ça. Je ne l'ai pas dardé.»

> Alex Galchenyuk: «C'est une grosse victoire pour nous contre une équipe qui était sur une très bonne lancée. Il faut être très satisfaits de la façon dont on a joué.»

> Peter Budaj: «Les gars devant moi ont fait un travail incroyable en bloquant des tirs, et j'ai réussi à faire quelques arrêts aussi.»

> Tomas Plekanec: «Nous avons bien répliqué après avoir perdu deux joueurs en première période. Il fallait tout donner après ça.»

> Brian Gionta: «C'est une très grosse victoire pour nous, très certainement. Nous avons eu à écouler plusieurs pénalités, ça montre un peu de quoi on est faits.»

> Claude Julien: «J'imagine que nous avons une faiblesse, c'est assez clair, c'est les tirs de barrage... Il n'y a pas de tirs de barrage en séries.»