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L'Avalanche a fait le bon choix avec Nathan MacKinnon

Jan Hejda (8) et Gabriel Landeskog (92) ont... (Photo André Pichette, La Presse)

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Jan Hejda (8) et Gabriel Landeskog (92) ont entouré Nathan MacKinnon, auteur du premier but de la rencontre. La recrue de l'Avalanche a aussi fait un heureux parmi la foule.

Photo André Pichette, La Presse

Le mot «Calder» flottait dans le vestiaire de l'Avalanche du Colorado, bondé de journalistes, hier matin, au Centre Bell.

Et quand le jeune Nathan MacKinnon s'est pointé après l'entraînement matinal de l'Avalanche, le groupe a vite convergé vers lui.

Avec 52 points en 68 matchs, dont 22 buts, et une fiche de +19, MacKinnon est le favori logique dans la course à la recrue par excellence dans la Ligue nationale de hockey, même si Ondrej Palat, du Lightning de Tampa Bay, connaît lui aussi une splendide saison, avec seulement 6 points de moins et une fiche de + 28.

«Je ne regarde pas vraiment ça, c'est délicat, a balbutié MacKinnon. Je ne crois pas que c'est gagné d'avance.»

S'il l'emporte, MacKinnon deviendrait l'un des rares joueurs de 18 ans à gagner le trophée. Jeff Skinner, des Hurricanes de la Caroline, a réussi l'exploit en 2011, une première depuis Tom Barrasso, des Sabres de Buffalo, en 1984.

Le jeune homme contribue largement aux succès de cette équipe surprenante. Pourtant, la plupart des observateurs s'attendaient plutôt à voir l'Avalanche repêcher le défenseur Seth Jones, puisque l'organisation avait besoin de renfort à cette position et que le jeune homme est originaire de Denver. Jones s'est plutôt retrouvé à Nashville, les Predators détenant le quatrième choix.

«Je sais que notre décision a surpris de nombreux observateurs, mais dans notre esprit, il n'y avait pas l'ombre d'un doute», a confié à La Presse l'entraîneur adjoint de l'Avalanche, André Tourigny, dans les coulisses du vestiaire, hier matin.

Tourigny, recruté par Patrick Roy lorsqu'il était entraîneur-chef des Huskies de Rouyn-Noranda, a eu un rôle important à jouer lors du repêchage.

«Parce que j'avais dirigé Nathan au Championnat mondial junior, au Défi Subway, parce que je l'ai affronté, parce que je connais bien la personne derrière le joueur, Patrick m'a impliqué dans le processus avec les dépisteurs. On a eu une retraite fermée avant le repêchage.»

Même si le besoin était peut-être plus criant en défense, l'Avalanche a choisi le meilleur joueur disponible à ses yeux.

«Non seulement on lui trouvait des qualités exceptionnelles comme joueur, mais aussi on savait qu'il ne serait pas étouffé par la pression qui vient avec le fait d'être le premier joueur repêché», dit Tourigny.

Comparé à Crosby

«Nate a vécu cette pression toute sa vie parce qu'on le compare avec Sidney Crosby depuis son jeune âge, poursuit-il. Nate a joué pour l'équipe canadienne junior à 17 ans, mais on répliquait que Crosby avait fait la même chose à 16 ans; il a obtenu 86 points à sa première année junior, mais Crosby, lui, en avait fait 120; il comptait 3 buts, mais Sidney en avait réussi 5...»

L'Avalanche a surpris en choisissant MacKinnon au premier rang, mais aussi en annonçant sa décision un mois avant le repêchage, un geste inhabituel dans le monde du hockey.

«On ne voulait pas que les gens soient surpris [désagréablement] le jour du repêchage, explique-t-il. On tenait à ce que nos partisans sachent à quoi s'attendre et qu'ils puissent être enthousiastes comme nous l'étions. Nous, nous étions convaincus que nous avions LE bon joueur.»

Maxime Talbot aura eu le privilège de vivre les balbutiements de Crosby à Pittsburgh et ceux de MacKinnon au Colorado.

«On voit plusieurs similitudes, dit-il. Ce sont deux premiers choix qui ont atteint la Ligue nationale à 18 ans. Les équipes se ressemblent aussi. Les Penguins n'ont pas fait les séries à la première année de Sid, mais il était quand même bien entouré, Mario [Lemieux] jouait encore. Nathan a la chance d'arriver avec une équipe qui a déjà pris son envol. Et il aide beaucoup à la cause aussi.

«Les deux travaillent très fort et jouent avec passion, ajoute Talbot. Tu as besoin de détermination, pas juste de talent. Le talent, ça se développe. Ce sont des jeunes qui "mangent" du hockey. Nate est toujours un des premiers à sauter sur la glace, le dernier à la quitter.»

Le timing

Après le Championnat mondial junior, dominé par Seth Jones, et au cours duquel MacKinnon a joué un rôle limité avec l'équipe canadienne, l'identité du premier choix au total était pourtant claire.

«On a tenu compte de l'âge dans notre évaluation, explique André Tourigny. Seth Jones avait 18 ans lors de ce championnat et Nate, 17. Ils ont 11 mois de différence, c'est un facteur important à considérer. On a tenté de projeter quel genre d'impact Nate pourrait avoir à un tel championnat l'année suivante comparativement à Jones en 2013. On a analysé les performances de Jones au Championnat mondial de 2013, alors qu'il avait l'âge de Nate. Il avait été bon, mais pas exceptionnel.»

L'Avalanche a aussi préféré MacKinnon à Jonathan Drouin, même si celui-ci a tenu un rôle beaucoup plus important que son coéquipier des Mooseheads de Halifax au Championnat mondial.

«C'était circonstanciel, dit Tourigny, qui était entraîneur au sein de l'équipe canadienne junior. Le centre était congestionné. L'aile droite aussi. On ne voulait pas le mettre à gauche même s'il y avait une place disponible au sein d'un trio offensif [parce qu'il est droitier].

«Jonathan Drouin était au bon endroit, au bon moment, et ça n'enlève rien à ses qualités exceptionnelles. Prenez l'exemple de P.K. Subban aux Jeux olympiques. C'est un défenseur incroyable, mais il a peu joué en raison d'une foule de circonstances. Il sera peut-être le meilleur de son équipe dans quatre ans.»

Le deuxième joueur repêché en 2013, le centre Aleksander Barkov, connaît une bonne saison en Floride avec 24 points en 54 matchs avec un club faible. Drouin a été renvoyé dans les rangs juniors par le Lightning avant le début de la saison. Seth Jones a obtenu 23 points en 68 matchs, mais il doit peaufiner son jeu défensif, comme en fait foi sa fiche de -22.

Il faudra encore plusieurs années pour analyser ce repêchage. Reste que l'Avalanche était convaincu d'avoir fait le bon choix... et n'a pas changé d'opinion depuis!




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