Il n'est pas inhabituel de voir des garçons suivre les traces de papa et accéder aux portes de la LNH.

Mathias Brunet LA PRESSE

Le Canadien a repêché Jarred Tinordi, fils de Mark, il y a deux ans à peine. Sylvain Couturier, père de Sean, avait été repêché par les Kings de Los Angeles.

On pourrait aussi citer Sam et Dave Gagner, Tim et Jan Erixon, Brandon et Brent Sutter, Brent et Carter Ashton, Ray et Landon Ferraro, Colin et Carey Wilson, Raymond et Chris Bourque, Robert et Kent Nilsson, Patrick et Mike Eaves, et plusieurs autres.

Le prochain duo sera-t-il constitué de Donald et Daniel Audette?

Malgré sa petite taille, Donald a marqué 260 buts en 735 matchs à Buffalo, Atlanta, Los Angeles, Montréal, Dallas et en Floride. Il a brièvement soulevé la foule du Centre Molson avant qu'une vilaine coupure aux tendons de l'avant-bras ne vienne mettre un sérieux frein à son élan.

Daniel, 16 ans, vient de connaître une éclatante saison avec les Phénix du collège Esther-Blondin, dans le Midget AAA. À moins d'une surprise de taille, il constituera le premier choix de la LHJMQ et du... Phoenix de Sherbrooke le 9 juin.

Malgré son jeune âge, Audette a terminé au quatrième rang des compteurs dans le Midget AAA avec 60 points en 39 matchs.

«C'est un joueur très différent de son père», commente son entraîneur Paulin Bordeleau, qui a accepté de diriger l'équipe à la demande du DG du Phoenix... Donald Audette, en début de saison.

«Donald était un compteur, poursuit celui qui a longtemps été entraîneur-chef du club-école du Canadien à Fredericton. Il avait des mains extraordinaires. Daniel est plus complet. Il est rapide et il alimente ses ailiers. Mais il peut aussi compter des buts, parce qu'il a un bon lancer. Il a beaucoup d'habiletés naturelles et il est responsable défensivement. Il est toujours bien positionné.»

Comme son père, Daniel n'est pas un géant. Mais il compense par son talent et son intelligence. «Il devra se renforcir physiquement, c'est sûr, estime son père. Mais il peut encore grandir. Il mesure déjà 5 pieds 8 pouces et moi, à son âge, je mesurais 5 pieds 4 pouces...»

Le Phoenix de Sherbrooke, qui fait ses débuts dans la LHJMQ cette année, aime beaucoup Audette. Le vice-président hockey et copropriétaire de l'équipe, Jocelyn Thibault, ancien gardien du Canadien, a même assisté à un match du jeune homme en compagnie du paternel Donald cet hiver. Il refuse néanmoins de confirmer que le jeune homme sera son premier choix.

«Il faut comprendre que c'est un moment spécial, parce qu'il s'agira du tout premier choix de notre histoire, et on veut garder un effet de surprise», explique Jocelyn Thibault au bout du fil.

«On n'a jamais caché que nous manifestions beaucoup d'intérêt pour deux jeunes, Daniel Audette, mais aussi Alexis Pépin», du collège Charles-Lemoyne.

Mais Jocelyn Thibault ne cache pas son admiration pour le jeune Audette, qui détient la double nationalité, puisqu'il est né à Buffalo à l'époque où Donald jouait avec les Sabres.

«Il deviendra un joueur d'impact dans la LHJMQ. Nous sommes heureux qu'il demeure au Québec. Nous avons d'ailleurs fait venir la famille à Sherbrooke parce qu'il avait aussi l'option de fréquenter le programme américain des moins de 18 ans. Je le connais depuis qu'il est tout petit. C'est un passionné de hockey qui se lève à 5h30 le matin pour aller sur la glace. Il aime vraiment ça et il est entièrement dévoué à son sport. Il veut faire la différence sur la glace et il a même tendance à se mettre beaucoup de pression sur les épaules. Il possède une intelligence hors de l'ordinaire et sa vitesse est incroyable.»

«Daniel a songé un moment à fréquenter un programme universitaire américain, dit son père. Celui où joue Stefan Matteau est très bien, mais avec Jocelyn [Thibault] et les autres que je connais à Sherbrooke, je serais à l'aise de le laisser jouer là-bas, s'ils le repêchent évidemment.»

Quel genre d'impact aura Daniel Audette à sa première saison, et Sherbrooke est-elle la meilleure destination pour lui, compte tenu du fait qu'il s'agit d'une équipe naissante?

«Je ne sais pas s'il sera dominant dès sa première année, mais il va bien faire, répond le patron du Phoenix. Sa vitesse et son intelligence vont lui permettre de se démarquer. Et il ne craint pas le jeu robuste malgré sa petite taille. On va s'arranger pour bien encadrer notre premier choix. Et ça va être plus facile, parce qu'on aura droit à cinq joueurs de 20 ans. Si c'est Daniel, qui est un centre, on lui trouvera de bons ailiers, et si c'est Alexis, qui est un ailier à la Pacioretty, on lui dénichera un bon centre.»

La réponse dans trois semaines, mais on s'en doute déjà un peu...