Ce n'est pas parce qu'il n'a pas eu de chances. C'est juste qu'il ne les a pas saisies.

Le Canadien aurait pu envoyer les Maple Leafs de Toronto dans les câbles dès la première période avec toutes les chances qu'il a eues au bout du bâton. Mais l'absence de touche finale, entre autres en avantage numérique, est venue à bout de son inspiration. Et les coriaces Leafs, sans trop de dentelle, sont repartis avec le gain de 2-0 qui leur était gentiment offert.

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«On a fait preuve de complaisance après une bonne première période, a admis le défenseur Hal Gill. On a changé notre style de jeu pendant que les Leafs élevaient le leur.

«Il nous a manqué l'instinct du tueur.»

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Le CH a dominé le premier tiers 13-4 au chapitre des lancers et a loupé quelques chances en or. Oui, Andrei Kostitsyn et Erik Cole, on parle de vous.

Les Leafs sont revenus plus énergiques au deuxième tiers et ont pris le contrôle de la situation. Leur échec-avant a embêté le Tricolore qui, tout d'un coup, n'affichait plus les capacités de possession de rondelle qu'on lui voyait en première.

«Il faut toujours se méfier lorsqu'on retourne au vestiaire avec l'égalité 0-0 au terme d'une période qu'on a dominée, a souligné Michael Cammalleri. Car il est tentant de se dire ''wow, on a eu une si bonne période, c'est impossible que l'on perde ce match-là''.

«Et puis, l'adversaire marque un but et tout à coup, il y a toute une côte à remonter.»

Le gardien James Reimer - que le patron des Leafs Brian Burke a mis en garde de ne pas devenir le prochain Steve Penney - a pu récolter le blanchissage sans avoir à se surpasser.

«James reprend là où il a laissé », a toutefois noté l'entraîneur Ron Wilson à propos de son jeune gardien, qui a repoussé 32 rondelles.

Lombardi: des vapeurs au rêve

Matthew Lombardi revient de loin, ayant combattu pendant un an les symptômes d'une commotion cérébrale.

À son premier match en 358 jours et son premier dans l'uniforme des Leafs, le Montréalais de 31 ans n'aurait pas pu mieux célébré son retour à la compétition.

Seulement 33 secondes après le début de la deuxième période, en infériorité numérique de surcroît, il a profité d'un revirement causé par P.K. Subban pour effectuer un premier tir, avant de contourner le filet et de venir prendre un autre retour. Lombardi a eu tout le temps au monde pour enfiler l'aiguille.

«C'est assez spécial, tout le chemin parcouru pour faire partie de ce match, a confié Lombardi. Même si je n'avais pas marqué, le simple fait de prendre part à la rencontre et de terminer le match du côté des gagnants aurait suffi.

«C'est difficile d'expliquer à quel point je me sens bien.»

Son entraîneur lui a rendu hommage, mais demeure prudent avec lui.

«Durant tout le camp, Lombardi a patiné au sein d'un trio de réserve et le retour à la compétition a été un peu ardu pour lui. Mais j'ai senti que je pouvais l'utiliser dans certaines situations et grâce à sa vitesse, il convenait bien au désavantage numérique. Je l'ai vu se faire frapper solidement deux ou trois fois et il a bien répondu.»

Erreur de Subban

Mercredi, à Collingwood, P.K. Subban nous disait être bien conscient que ses coéquipiers ne voulaient pas qu'il répète les mêmes erreurs que la saison dernière.

Malheureusement, sa gaffe sur le premier but a changé le cours de la rencontre.

«Notre erreur en avantage numérique, en début de deuxième, a changé notre style de jeu», a d'ailleurs mentionné Jacques Martin sans toutefois nommer Subban.

Dion Phaneuf a doublé l'avance des Leafs lors d'une descente à quatre contre trois. Le plomb qu'il a décoché a trompé Price par-dessus la mitaine. Sur ce jeu-là aussi, on en connaît qui pointaient Subban du doigt.

Mais ce serait trop facile d'identifier un seul responsable.