Francis Bouillon n'a pas pris part à un seul match de hockey depuis le 16 janvier. Le problème, c'est qu'il ignore toujours la date de sa prochaine présence sur la glace.

Mis à jour le 21 juill. 2011
Richard Labbé LA PRESSE

En marge du tournoi de golf au profit de la fondation Bégin-Bouillon présenté hier à La Prairie, le défenseur de 35 ans a confirmé qu'il n'est toujours pas remis de cette commotion cérébrale subie en janvier, lors d'un match face aux Blackhawks de Chicago. Il avait été frappé par derrière par l'attaquant Troy Brouwer, des Hawks.

Six mois plus tard, les maux de tête persistent. «C'est sûr que c'est décevant, a-t-il reconnu hier. J'avais repris l'entraînement il y a environ trois semaines, et ça allait bien. Mais dernièrement, les maux de tête sont revenus, et j'ai dû tout arrêter.»

Résultat: à deux mois de l'ouverture des camps d'entraînement dans la LNH, Francis Bouillon ne sait toujours pas s'il pourra prendre part au camp de son club, les Predators de Nashville. Il lui reste un an de contrat à écouler avec l'équipe.

«C'est ça l'ennui avec les commotions cérébrales; c'est plus compliqué qu'une blessure à un genou, on ne sait jamais vraiment quand on va revenir. Ça fait six mois que je n'ai pas joué. C'est inquiétant, et je commence à être impatient. Je ne veux pas parler de retraite, mais c'est sûr que j'y pense quand même un peu. Au moins, les dirigeants des Predators ne me mettent pas de pression. Ils comprennent très bien ma situation.»

Maux de tête ou pas, Bouillon doit retourner à Nashville dans un mois, sans trop savoir s'il pourra rechausser les patins à ce moment-là. «On voit bien que la ligue tente de régler le problème des commotions cérébrales, mais les dirigeants n'ont pas le choix, ils vont devoir être de plus en plus sévères», a-t-il conclu.

Dumont et Bégin dans le noir

Présents eux aussi au tournoi de golf à La Prairie, Jean-Pierre Dumont et Steve Bégin, deux coéquipiers de Bouillon à Nashville la saison dernière, ne savent pas trop où ils vont se retrouver en octobre. Le premier s'est fait racheter la dernière année de son contrat par les Predators à la fin juin, et le deuxième est toujours joueur autonome sans compensation.

«Je savais que c'était fini avec les Predators quand ils ont tenté de m'échanger, a expliqué Dumont. Je m'en doutais aussi à la fin de la saison, on voyait que je ne faisais plus partie des plans. L'entraîneur Barry Trotz veut miser sur les jeunes. J'ai confiance, même si je sais que je vais devoir attendre à l'ouverture des camps avant de pouvoir obtenir un contrat avec une nouvelle équipe.»

À 33 ans, Dumont vient peut-être de conclure la saison la plus pénible de sa carrière, avec seulement 19 points en 70 rencontres. Pas question, cependant, de songer à la retraite. «Je sais que je peux encore aider une équipe, j'ai juste besoin d'avoir une chance. C'est plus dur quand tu joues sept à huit minutes par match comme c'est arrivé pour moi la saison dernière.»

En ce qui concerne Steve Bégin, c'est un autre retour à la case départ, lui qui avait dû attendre à octobre la saison dernière avant de pouvoir signer un contrat.

«J'ai toujours dit que je voulais jouer jusqu'à 35 ans, et là, j'ai 33 ans, alors j'espère pouvoir y arriver, a-t-il confié. Les allers-retours comme la saison dernière entre la LNH et la Ligue américaine, après huit ou neuf ans comme régulier dans la LNH, c'était un dur retour à la réalité. Je ne veux plus jamais refaire ça.»