Ilya Bryzgalov, Éric Bélanger et leurs coéquipiers des Coyotes de Phoenix peuvent souffler.

Mis à jour le 21 mai 2011
Mathias Brunet LA PRESSE

Ce ne sont pas eux, mais plutôt les joueurs des Thrashers d'Atlanta qui sont «menacés» de déménager à Winnipeg, ville honnie par les hockeyeurs de la LNH...

Le déménagement n'est pas encore officiel, mais le Globe and Mail, sous la plume du distingué Stephen Brunt, a annoncé il y a deux jours qu'une entente était imminente entre les propriétaires des Thrashers et un riche groupe de financiers de l'Ouest canadien.

Winnipeg est-elle victime d'une fausse réputation? Certains anciens joueurs gardent pourtant un souvenir favorable de l'équipe et de la ville. C'est le cas de l'ancien défenseur Stéphane Quintal, qui y a passé deux ans et connu ses meilleurs moments offensifs en carrière.

«J'ai vraiment adoré mon expérience là-bas. Winnipeg est une belle ville de hockey, l'amphithéâtre était toujours rempli et les fans étaient attachés aux joueurs. On n'avait pas une grosse équipe même si on comptait de bons jeunes comme (Keith) Tkachuk, (Teemu) Selanne et (Alexei) Zhamnov. Tkachuk était la grande vedette de l'équipe même s'il était encore très jeune.»

Quintal avait 24 ans quand il a été échangé des Blues de St.Louis aux Jets, en 1993, en compagnie de Nelson Emerson contre Phil Housley. «J'avais entendu parler de Winnipeg et j'étais vraiment heureux d'aller vivre là-bas. Effectivement, j'y ai passé deux belles années. Comme c'est une ville plus petite, comparativement à New York ou même à Montréal, où les gens sont éparpillés, on restait tous dans le même coin et on se réunissait souvent après les matchs ou les entraînements. C'est quasiment comme une ville de Ligue américaine. On était très proches l'un de l'autre parce qu'il y avait une proximité physique entre les joueurs. À New York, certains gars habitent à Manhattan, d'autres à Rye en banlieue ou à Worcester.»

Quintal, qui avait amassé 11 points en 75 matchs la saison précédente, a vu ses responsabilités augmenter sur la glace et il a obtenu 26 points en 81 matchs, puis 23 en seulement 43 rencontres la saison suivante. «John Paddock était l'entraîneur et je jouais avec Teppo Numminen à la défense.»

Serge Savard, alors DG du Canadien, allait l'acquérir en 1995 en retour d'un choix de deuxième ronde. Quintal passera sept ans à Montréal, entrecoupé d'un séjour de quelques hivers à New York et Chicago.

Rien ne surpassera son rêve de jouer pour l'équipe de son enfance, mais il gardera de beaux souvenirs du Manitoba.

«C'est sûr que ce n'est pas terrible pour les activités sociales, mais il y a de bons restos. Ç'a peut-être changé par contre parce que je n'y suis pas retourné depuis 1994. J'ai seulement du positif à dire sur cette ville et je suis vraiment heureux que le hockey de la Ligue nationale revienne au Canada.»