Si les paris étaient ouverts dans les salons, les bars et sur la galerie de presse quant à l'auteur du but qui freinerait la disette gênante que traînait le Canadien, ils étaient discrets dans le vestiaire du Tricolore.

Mis à jour le 30 mars 2011
François Gagnon LA PRESSE

«Je crois que Benoît (Pouliot) offrait un trou de beigne chez Tim Hortons, mais à part ça, je n'ai rien entendu», a lancé un Carey Price fort détendu après la victoire importante remportée hier.

«Au point où nous étions rendus, l'auteur du but et la façon dont ce but viendrait ne comptaient pas le moindrement. La rondelle aurait pu ricocher sur un casque ou le derrière de n'importe qui pourvu qu'elle finisse sa course au fond du filet», a ajouté Scott Gomez, qui avait promis un meilleur match de sa part et qui a tenu promesse.

Gomez a récolté sa 29e passe sur le but gagnant marqué par Mathieu Darche. Mais il a surtout démontré plus de hargne lors des 21 présences qu'il a effectuées.

«C'était un match important. Et avec le début de partie que nous avons connu, il ne fallait pas se retrouver en retard au pointage. On a maintenu le rythme et c'est très bon pour le moral de tout le monde. Mais ça ne doit pas s'arrêter ici. On a un autre match important dès demain», a ajouté Gomez.

De fait, le Canadien se réveille en Caroline-du-Nord ce matin. Il y affrontera dès ce soir les Hurricanes, qui sont allés surprendre les Capitals de Washington 3-2 en tirs de barrage dans la capitale américaine. Les Hurricanes (82 points) s'approchent donc à trois points des Sabres de Buffalo et du huitième rang dans l'Est en raison du revers de 4-3 encaissé par les Sabres à Toronto. Le Canadien, qui grimpe à 89 points, s'assure pratiquement d'une place en séries.

«Il ne faut pas se rendre en Caroline avec cette idée en tête. On dispute demain un match de quatre points qui est peut-être le plus important de l'année. Il faut les battre pour éviter de prolonger le suspense et améliorer notre situation au classement», a indiqué Price.

Il sera intéressant de voir si Jacques Martin accordera un 69e départ à Price dès ce soir, ou s'il profitera d'une séquence de deux matchs en deux soirs pour donner du travail à Alex Auld.

Radieux après son but et surtout la victoire des siens, Roman Hamrlik a insisté sur l'importance de revenir en force comme ses coéquipiers l'ont fait contre les Thrashers d'Atlanta. «Nous avons perdu nos trois derniers matchs parce que nous avons été dominés, parce que nous avons joué égoïstement, parce que nous n'avons pas respecté les directives des coachs et mis les efforts nécessaires. On ne peut pas gagner quand on joue comme on l'a fait lors des trois derniers matchs. Ce soir, c'est beaucoup mieux. C'est comme ça qu'on doit jouer si l'on veut connaître du succès.»

McCreary reconnaît son erreur

Le match d'hier s'est ouvert sur une ovation accordée à l'arbitre Bill McCreary qui officiait une dernière rencontre en carrière à Montréal. Il ne lui reste que deux matchs avant de prendre sa retraite.

Ovationné par les partisans, il a aussi été hué lorsqu'il a accordé le but aux Thrashers en dépit du coup de bâton évident asséné au visage de Hal Gill.

«Je reconnais mon erreur. Je n'ai pas vu le coup en question. Les juges de lignes me l'ont signalé lors de notre réunion au centre de la glace, mais je ne pouvais changer ma décision. C'est comme ça. Je me suis excusé à l'endroit de Gill après la rencontre qui a été forte en émotions. Les amateurs m'ont fait chaud au coeur», a indiqué McCreary, qui a eu droit à des poignées de main de la part de tous les joueurs du Canadien et à un cadeau de Paul Mara.

«Il m'a remis la rondelle du match et Carey Price m'a demandé de lui en autographier une autre. Ce que j'ai fait de bon coeur», a conclu McCreary, qui met un terme à une carrière amorcée en novembre 1984.