Cent, deux cents fois... Sur la table de conférence de l'hôtel Reine-Élizabeth devant Wayne Gretzky: une centaine de rondelles des Oilers - l'équipe qu'il a menée quatre fois à la Coupe Stanley -, de la Banque TD - à qui il est associé depuis septembre dernier -, mais aussi des chandails de hockey, casques, gants, magazines et photos.

Mis à jour le 26 mars 2011
Isabelle Massé LA PRESSE

Pendant une demi-heure, l'ancien numéro 99 griffe chaque objet, sans faire jaillir la moindre pointe d'impatience. «Il y en a toujours plus à signer, mais je ne m'impatiente jamais, dit Gretzky. Chaque fois, je pense à Gordie Howe qui ne s'est jamais tanné de signer des autographes.»

La veille, c'est 400 fois que l'ex-joueur de la LNH a posé son nom et son numéro de chandail sur des objets de toutes sortes. Il était à Boston, pour un événement de la Banque TD, là où le Canadien s'est fait donner une raclée de 7-0. Sous ses yeux.

Depuis quelques mois, Wayne Gretzky parcourt l'Amérique du Nord à titre d'ambassadeur de la Banque TD. En entrevue et lors de dîners-conférences, il a l'occasion de raconter qu'il est un client de l'entreprise depuis 1976, à l'époque où il déposait dans un compte les 24$ qu'il encaissait chaque semaine comme joueur au niveau junior.

Mais éviter de s'avancer sur l'actualité de la LNH relèverait de l'exploit pour Gretzky. En voilà une belle pour Régis Labeaume: «Les chances sont très bonnes que des équipes reviennent à Québec et à Winnipeg, pense-t-il. La LNH souhaite le retour d'équipes dans ces villes. On est aussi passé à un autre niveau par rapport à l'intérêt porté au hockey. Et les Jeux olympiques ont beaucoup à voir là-dedans. Mais ça prend du temps. Il faut s'assurer d'avoir les bons propriétaires.»

L'affaire Pacioretty a fait réagir le commanditaire de la LNH Air Canada, qui a brandi la menace de se retirer si rien n'était fait pour éliminer la brutalité sur la patinoire. D'autres entreprises ont alors senti le besoin de se prononcer sur le sujet. «Le hockey, c'est émotif, note Gretzky. Il y aura toujours des situations qu'on n'aimera pas. Les commanditaires doivent garder leurs oreilles grandes ouvertes et réagir dans de telles situations. Mais ils ne devraient pas partir, car il y a trop d'avantages à être lié au hockey.»

Quant au jeu sur la glace, il en revient d'abord aux joueurs de prôner une attitude acceptable, selon Gretzky. «Depuis toujours, il arrive des incidents, rappelle-t-il. Gordie Howe est déjà passé près de mourir à cause d'un lancer reçu à la tête. Ça fait partie du jeu. Ça va toujours être présent. Cela dit, on peut blâmer la Ligue, les superviseurs, mais la responsabilité revient aux joueurs. Ils doivent être physiques, mais se responsabiliser et être respectueux. Des Carbonneau et Gainey avaient un jeu très physique sans qu'il soit brutal. Il faut être dur sans être stupide.»

Lors du dîner-conférence qui a suivi l'entrevue accordée à La Presse, Wayne Gretzky a accepté de dévoiler ses trois joueurs préférés. «Sidney Crosby pour son talent et sa vision du jeu, Alex Ovechkin, car il est physique, vite et toujours souriant, puis Henrik Zetterberg, un joueur unique, le plus fort de la Ligue.»

Aujourd'hui, à 50 ans, Wayne Gretzky aimerait-il être plus engagé dans la LNH? «Tout ce que j'ai dans la vie, je le dois à la LNH. On m'a demandé d'être plus engagé, mais ce n'est pas possible. Je me suis éloigné quelque peu.»

C'est d'ailleurs ce qui fait la différence entre son implication avec des entreprises comme la Banque TD et les McDonald's, Gillette et autres 7Up, à qui il prêtait son image dans les années 80 et 90, dans des pubs. «Mon implication est très différente, explique-t-il. Plus jeune, on m'approchait pour rejoindre les adolescents et jeunes adultes. Et je faisais des pubs, car lorsqu'on joue, on n'a pas le temps de faire des visites et des tournées. Aujourd'hui, je m'adresse aux 25 ans et plus. J'ai aussi la chance de pouvoir voyager, de prendre le temps de rencontrer les gens et de parler de hockey.»