Mark Recchi accuse le Canadien d'avoir exagéré la nature des blessures subies par Max Pacioretty, le 8 mars dernier, au Centre Bell, afin d'augmenter les chances de suspension à l'endroit de Zdeno Chara.

Mis à jour le 24 mars 2011
François Gagnon LA PRESSE

Joueur actif le plus expérimenté de la LNH, Recchi a lâché cette bombe sur les ondes de la station Sports Hub 98,5 de Boston mercredi après-midi. En entrevue avec les controversés animateurs Michael Felger et Tony Massoratti, Recchi leur a donné raison quand ils ont prétendu que le Canadien avait exagéré la nature des blessures subies par Pacioretty après qu'il eut été envoyé tête première dans la baie vitrée séparant les bancs des deux équipes au Centre Bell.

«Je ne remets pas en question la fracture à une vertèbre (quatrième vertèbre cervicale), mais il est clair que la sévère commotion n'a jamais existé. Il a lui-même envoyé sur Twitter qu'il était au cinéma quatre jours après l'incident. Quand tu souffres d'une sévère commotion, tu ne vas pas au cinéma. Je crois vraiment que la direction du Canadien a exagéré la gravité de la blessure afin de s'assurer que la LNH suspende Zdeno. Heureusement, la Ligue n'est pas tombée dans le piège et elle a conclu la seule chose qui devait être conclue dans cette histoire: qu'il s'agissait d'un incident de hockey et que Zdeno ne pouvait être tenu responsable.»

Cette sortie fracassante de Mark Recchi tranche avec la prudence que tous les joueurs affichaient dans le vestiaire des Bruins après leur entrainement, mercredi midi, à Willmington en banlieue nord de Boston.

Avant chaque entrevue, les responsables des relations publiques des Bruins, apostrophaient joueurs et journalistes en insistant sur l'interdiction de poser des questions, et d'offrir des réponses, sur l'incident Chara-Pacioretty. Des directives qui n'ont pas été respectées.

Sauf que Recchi, après être demeuré loin des journalistes dans le vestiaire de son équipe, n'a pas affiché la moindre retenue en comparaison des autres membres de l'organisation.

«Proportions démesurées»

À titre d'ancien porte-couleurs du Canadien - de 1994-1995 à 1998-1999 - Mark Recchi ne s'est pas arrêté là. Il s'est permis d'en rajouter en pointant du doigt les partisans du Canadien qui, selon lui, ont contribué à faire que cette histoire a pris des «proportions démesurées» alors que le public a réclamé l'intervention de la police et que des commanditaires ont menacé de se dissocier de la LNH si des mesures n'étaient pas prises pour punir Chara.

«J'ai vécu à Montréal où le hockey est une passion. Il faut comprendre qu'il n'y a rien d'autre que le Canadien à Montréal. Rien à titre de sport majeur. Il y a les Alouettes, mais ce n'est qu'une équipe de football de la Ligue canadienne. Tout gravite autour du Canadien. Les gens là-bas sont des partisans sensationnels, mais je crois sincèrement que dans ce dossier, ils ont laissé leurs émotions déformer grossièrement la réalité. La décision de la Ligue de ne pas suspendre Zdeno le démontre clairement.»

Match tranquille

Fort d'une saison de 12 buts et 44 points combinés à un différentiel de +13, Mark Recchi remplit un rôle important avec les Bruins en dépit de ses 43 ans bien comptés et de ses 1643 matchs disputés au fil de ses 21 saisons dans la LNH.

Et il espère que le match de jeudi ne sera pas assombri par des incidents disgracieux. «Je m'attends d'abord et avant tout à un bon match de hockey. Un match serré au cours duquel Montréal va miser sur sa vitesse alors que nous devrons imposer le style des Bruins pour les ralentir. Il faudra être efficace en échec-avant, les frapper comme nous devons frapper lorsque nous voulons avoir du succès sur la patinoire. Nous avons des choses à prouver. Ils ont notre numéro depuis un moment - le Canadien a gagné neuf des 11 derniers affrontements de saison régulière entre les deux équipes - et nous devons renverser la situation à l'aube des séries», a conclu Recchi.