Les Sabres de Buffalo, du directeur-général Darcy Regier, à l'entraîneur-chef Lindy Ruff, en passant par les joueurs qu'il dirige louangent la suspension de 14 à 17 matchs que la LNH a imposée à Matt Cooke.

Publié le 22 mars 2011
François Gagnon LA PRESSE

«Cette suspension était nécessaire. Je sais qu'elle est sévère et qu'un joueur de mon équipe pourrait un jour être pénalisé. Mais nous sommes sérieux dans notre quête d'abolir ces coups illégaux et dangereux à la tête. Et la seule façon d'y arriver est d'imposer des sanctions aussi sévères que celle de lundi», a lancé avec conviction le directeur général Darcy Regier.

Toujours calme et posé dans ses réflexions sur le hockey, le manitou des Sabres affichait une émotivité évidente dans ce dossier. Il faut dire que son équipe a souvent été minées par les contrecoups de blessures à la tête. Tim Connolly a été victime de plusieurs commotions cérébrales sans oublier que la première moitié de saison de Jason Pominville, cette année, a été compromise par une mise en échec par-derrière de Niklas Hjalmarsson des Blackhawks de Chicago.

«Le hockey doit redevenir du hockey. Oui, le hockey peut être un sport rude, voire très rude. Mais des coups dangeureux n'ont pas leur place», a ajouté le patron des Sabres qui s'est rebiffé lorsque La Presse lui a demandé si la LNH afficherait la même sévérité face à un joueur vedette.

«L'identité des coupables ne devrait jamais être considérée dans la durée d'une sanction. Un coup illégal à la tête est dangereux. Peu importe qui l'assène. Nous avons tous une responsabilité de protéger les joueurs. Et nous devons assumer cette responsabilité avec sérieux. La sanction de lundi doit être applaudi par tous, car ces avec des sanctions de cette nature, qu'on chassera ces coups insensés», a martelé Regier.

Punir dès la première offense

À l'autre bout du vestiaire, Jason Pominville était non seulement d'accord avec son patron, mais il insistait sur la nécessité d'afficher autant de sévérité dès la première offense.

«Si Matt Cooke avait été puni plus sévèrement dès ses premières infractions, peut-être que celle de dimanche ne serait jamais arrivée. Il faut que les gars sachent que les sanctions feront mal. Qu'elles leur coûteront cher en perte de salaire et coûteront cher à l'équipe qui sera privée de leur service aussi. Je suis très content de voir que la LNH a enfin été sévère, mais en punissant aussi sévèrement plus rapidement, je crois vraiment qu'on verrait des changements plus importants dans le comportement des joueurs», plaidait l'ailier droit québécois qui a raté neuf matchs en début de saison alors que son assaillant avait écopé deux matchs de suspension.

«J'ai raté neuf parties, mais en rétrospective, je crois que j'aurais dû en marquer pas mal plus, car j'ai eu bien des ennuis au cours des premières semaines», a reconnu Pominville qui s'est contenté d'un but et de trois points lors des 12 premiers matchs qui ont suivi son retour au jeu.

S'il assure ne pas être le genre de joueur à rabrouer un coéquipier dans le vestiaire, Pominville salue cette nouvelle façon de faire. «J'ai vu que des gars à Pittsburgh ont pointé Cooke du doigt. C'est arrivé aussi à Boston cette saison. Nous avons aussi notre part de responsabilité. Matt Cooke n'est pas seul de son bord. Et on doit commencer à afficher plus de respect entre nous. Une chose est certaine, le fait que les Penguins aient défendu la position de la Ligue est un signe évident que les choses changent.»

Éducation

À titre d'entraîneur-chef, Lindy Ruff reconnaît qu'il est difficile d'exiger aux joueurs d'aller le plus loin possible dans l'agressivité affichée sur la patinoire, sans sombrer dans l'illégalité.

«C'est difficile, mais on doit le faire, car on doit bannir ces coups dangereux. Et il y en a encore beaucoup trop. Je regardais le match du Canadien dimanche - au Minnesota - et il y a eu des mises en échec où clairement, le joueur qui frappait - Clayton Stoner à l'endroit d'Aaron Palushaj - sautait de la patinoire avant l'impact. Tout cela fait partie du changement de philosophie qu'on doit inculquer aux jeunes. Mais dans le cas qui nous préoccupe, la LNH a frappé directement et solidement sur le clou.»