C'est en train de devenir laid. En se faisant battre 3-0 par les Capitals à Washington, mardi, le Canadien est désormais assuré de terminer son plus long voyage de la saison avec un bilan négatif. Il vient d'essuyer sa quatrième défaite depuis le début de ce périple de sept rencontres et ce revers constitue aussi un septième échec en neuf matchs.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

«Il faut se regrouper avant qu'il ne soit trop tard, a mentionné Tomas Plekanec. Pour l'instant, nous sommes encore dans le portrait des séries, mais ça pourrait changer vite.»

Les Capitals, qui avaient encore sur le coeur leur élimination hâtive face au Tricolore, voulaient prendre leur revanche. Or le Canadien s'est livré lui-même à ses adversaires en multipliant les séjours au banc des punitions.

L'histoire se répète: un peu comme à Long Island, dimanche, les punitions ont empêché les hommes de Jacques Martin de prendre leur rythme et de générer la moindre offensive.

«C'est dur de marquer des buts quand tu joues constamment à quatre contre cinq», a noté Carey Price, qui a repoussé 27 des 29 tirs dirigés vers lui.

«Ces pénalités de cinglage et d'accrochage nous tuent en ce moment. Si on élimine ça de notre jeu, le vent va changer de côté.»

Le Canadien est au coeur d'une séquence de cinq matchs en huit soirs et il n'aide certainement pas sa cause en gaspillant autant d'énergie à se défendre.

«Même si on ne leur a donné aucun but en désavantage numérique, ça finit par épuiser les joueurs, a reconnu Jacques Martin. Ça nous enlève du rythme car on ne se sert pas de la moitié de nos effectifs.»

«Notre jeu est tombé en morceaux»

Le Canadien n'a pas été en mesure de profiter des deux supériorités numériques qui lui ont été offertes tôt en première, et l'attaque a semblé s'éteindre par la suite. L'équipe bataillait, tenait quand même son bout face à des adversaires talentueux, mais elle a plié l'échine dès le moment où Jay Beagle a lancé les Capitals en avant.

Le Canadien venait de perdre sa bataille pour la possession de la rondelle derrière le filet de Price et ce Beagle, saisissant l'objet libre, est revenu dans l'enclave où il a déjoué Price d'un revers dans la lucarne. Le gardien était déjà agenouillé et il est resté figé.

Les Capitals ont doublé leur avance dans la dernière minute de l'engagement après que P.K. Subban se soit sorti du jeu en tentant de mettre en échec Jason Chimera en zone neutre. La chute de Subban a procuré un surnombre aux Capitals dont Mike Green a profité.

«Nous avons bien entrepris le match, on travaillait bien en groupe mais après avoir cédé un premier but, on s'est mis à forcer le jeu et à tenter de tout faire individuellement, a expliqué Plekanec.

«Dès qu'on s'est mis à s'éloigner du système, notre jeu est tombé en morceaux. On a joué du hockey de rattrapage tout le reste de la soirée, en ayant des crampes dans les mains et en manquant d'élan dans notre coup de patin.»

À forces égales, les passes manquaient de vigueur, le soutien aux coéquipiers était déficient et on n'a pas senti la rapidité qui devrait être la marque de commerce du Tricolore.

Et c'est sans parler des mises en jeu: seulement 31% d'entre elles ont été remportées par le CH. Scott Gomez a perdu les 12 auxquelles il a pris part.

L'écart s'accentue

Price a tenu le fort dans les deux derniers tiers avec quelques bons arrêts. De la manière dont le match se déroulait, la marque finale aurait pu être plus impitoyable.

Il faut dire que les Capitals n'ont pas été en mesure de capitaliser sur leurs huit supériorités numériques. Incroyable mais vrai, cela fait maintenant 105 avantages numériques consécutifs des Capitals au cours desquelles Alexander Ovechkin a été incapable de marquer un but!

Qu'à cela ne tienne, Ovie a pu gonfler sa fiche en marquant dans un filet désert en fin de match.

À l'autre bout, Semyon Varlamov a dû s'illustrer en quelques occasions afin de récolter son deuxième blanchissage de la saison. On retiendra les trois tirs dirigés coup sur coup par le trio de Tomas Plekanec en deuxième période et son arrêt aux dépens de Lars Eller avec huit minutes à faire au match.

Le Canadien a pris la direction de Tampa Bay où il affrontera le Lightning, jeudi soir. Les hommes de Guy Boucher, soit dit en passant, se sont inclinés 4-3 face aux Bruins de Boston, ce qui permet à ces derniers d'accentuer leur avance sur le Canadien dans la section Nord-Est.

Le Canadien n'a pas besoin d'aller en Floride pour avoir chaud. C'est tout le voyage qui le fait suer!