«Dis-leur qu'ils sont pourris!» Cette remarque lancée par un partisan du Canadien aux journalistes qui fonçaient vers le vestiaire, résume on ne peut mieux la défaite de 3-0 que Mathieu Garon et ses coéquipiers des Blue Jackets ont infligé au Tricolore mardi à Columbus.

Mis à jour le 9 nov. 2010
François Gagnon LA PRESSE

S'il n'a pas eu à multiplier les miracles devant son filet, Mathieu Garon a réalisé 29 arrêts pour s'offrir un 17e jeu blanc en carrière, mais surtout une première victoire contre son ancienne équipe.

«Les blanchissages sont des bonus, car c'est la victoire qui compte d'abord et avant tout. Mais tant qu'à gagner, c'est vraiment le fun de le faire par jeu blanc. Contre Montréal en plus, c'est vraiment spécial», a convenu Garon.

Après Tomas Vokoun, samedi, Garon est le deuxième gardien ayant entrepris sa carrière à Montréal à battre le Canadien cette saison. Le gardien de Chandler est aussi le troisième Québécois, après Martin Brodeur et Jean-Sébastien Giguère à se dresser devant le Tricolore. Il a aussi imité Brodeur en signant un jeu blanc.

«Je n'ai pas eu l'occasion de jouer souvent contre Montréal, mais c'est évident que ce ne sont pas des matchs comme les autres pour les joueurs du Québec», a souligné Garon.

Avec sa victoire de mardi, le vétéran de 32 ans prolonge deux séquences parfaites: il n'a pas encore encaissé de revers cette saison (trois victoires) mais plus encore, il n'a toujours pas subi la défaite en temps réglementaire après 12 matchs (8-0-4) disputés devant ses nouveaux partisans à Columbus.

Parlant des partisans, ils ne se sont pas déplacés en masse. Ils étaient d'ailleurs beaucoup moins nombreux que l'indiquait le total annoncé (10 466).

Les premières minutes de la rencontre ont donné pleinement raison aux amateurs de hockey qui boudent le Nationwide Arena. Les deux équipes offraient alors du jeu mollasson.

Les Jackets ont ensuite surpris le Canadien, et leurs partisans, avec deux buts rapides.

Rick Nash a secoué sa torpeur en inscrivant son quatrième de la saison, son premier en six matchs. Fonçant à pleine vitesse sur le flanc droit, le capitaine des Jackets s'est servi de Josh Gorges comme écran pour ensuite décocher un puissant tir des poignets qui a déjoué Carey Price du côté du bâton.

Benoit Pouliot a ensuite écopé une pénalité dont Columbus a profité pour doubler son avance. Jakub Voracek a mystifié la défensive du Canadien pour remettre la rondelle dans l'enclave à Derick Brassard. Le Gatinois n'a pas raté sa chance. Il est passé à un cheveu d'y aller d'un deuxième but en fin de première lorsqu'il est sauté sur une rondelle libre tout juste devant le filet défendu par Carey Price.

Ces deux buts en 81 secondes ont réduit les ardeurs du Canadien qui jouaient déjà sans grande conviction.

Price s'est signalé avec quelques bons arrêts pour garder son équipe dans le match en deuxième. Une période qui a été toute à l'avantage de Columbus. Il s'est particulièrement illustré lors d'une attaque massive en tout début de l'engagement. Price a réalisé un beau plongeon pour stopper le franco-ontarien Marc Méthot qui s'est rendu jusqu'au gardien du Canadien alors que les Jackets écoulaient une pénalité. Il a aussi bloqué un puissant tir du défenseur Rostislav Klesla venu appuyer l'attaque en fin de période.

À l'autre bout, Mathieu Garon s'est également distingué sur les rares attaques vraiment incisives du Canadien.

Le Tricolore a eu ses meilleurs moments en fin de période alors qu'il profitait d'une deuxième attaque massive consécutive. Fidèle à ce qu'il offre depuis le début de la saison en supériorité numérique, le Tricolore s'est contenté de frapper à la porte.

En troisième, alors que le Canadien a laissé de côté la défensive pour tenter une remontée, Kyle Wilson a scellé l'issue de la rencontre en ajoutant un troisième but aux dépens de Carey Price qui a fait face à 24 tirs. Josh Gorges et son partenaire de jeu Hal Gill étaient encore sur la patinoire. Ils ont d'ailleurs été victimes des trois buts des Jackets.