Marc-André Bergeron attend chez lui. Glen Metropolit aussi. José Théodore, qui a quand même récolté 30 victoires la saison dernière, est lui aussi sans contrat. Tout comme Paul Kariya, Marty Turco ou encore Teemu Selanne.

Richard Labbé LA PRESSE

Ainsi va la vie dans ce qu'on appelle la «nouvelle» LNH. Il y a un truc qui s'appelle le plafond salarial. Tout le monde doit le respecter, et les joueurs qui écopent, ce sont les vieux, les joueurs de soutien, ceux qui sont en fin de carrière. Bref, ceux qui ne sont pas des vedettes.

Les autres? Des joueurs interchangeables, tout simplement.

J'en discutais hier avec Paul Corbeil, l'agent de Marc-André Bergeron. Le défenseur se remet d'une blessure, et il n'est pas exactement un candidat au trophée Norris. On s'entend. Mais est-ce bien normal qu'il soit encore là à la fin du mois de juillet, à attendre que le téléphone sonne?

«Je suis convaincu qu'il aurait déjà un contrat en poche si ce n'était cette blessure, a commencé par dire Corbeil. Mais sinon, c'est vrai, le marché est lent. Ça fait deux étés que c'est comme ça. Les clubs doivent faire de la gestion, et cela a un impact sur le marché. Les clubs ne sont pas pressés. Je dirais que la prochaine grande vague d'embauches, ça va être tout juste avant le début des camps d'entraînement.»

Bien sûr, personne ne va se mettre à pleurer pour des gars comme Théodore, Selanne ou Kariya. Des mecs qui, il n'y a pas si longtemps, gagnaient en un soir ce que la plupart des fans gagnent en une année. Glen Metropolit est un plombier sympathique, mais il est aussi un plombier millionnaire. Pas besoin de lui faire un téléthon.

J'ai plutôt l'impression que ce sont les fans qui écopent. Prenons le cas des fans de Chicago. Les bouteilles de champagne vides n'étaient pas encore ramassées sur Michigan Avenue que, déjà, les fans apprenaient le départ de deux de leurs favoris, Dustin Byfuglien et Kris Versteeg. Un troisième, le gardien Antti Niemi, sans contrat pour la prochaine saison, pourrait partir lui aussi. À ce sujet, la décision de l'arbitre est attendue aujourd'hui.

Tout ça à cause du plafond salarial, mesdames et messieurs.

C'est bien, un plafond salarial. En principe, ça donne à tout le monde une chance de gagner. Mais c'est aussi la meilleure façon de détruire des équipes championnes et de fracasser l'enthousiasme des partisans. Les fans des Hawks, qui avaient abandonné le navire il n'y a pas si longtemps, vont-ils revenir si trois ou quatre de leurs favoris ne sont plus là en octobre?

La solution passe peut-être par la création d'un plafond salarial flexible (soft cap en anglais) comme celui de la NBA. Un système un peu complexe qui, en gros, offre aux équipes la chance de conserver leurs joueurs. En attendant, on se retrouve avec ce qu'on a là: des équipes qui misent sur quelques vedettes... et sur un paquet de joueurs interchangeables.

Ce n'est pas comme ça qu'on va vendre notre sport national aux Américains.

Pendant ce temps, chez Carey Price

Eh bien, c'est assez tranquille du côté de Carey Price, n'est-ce pas? Demain, c'est le mois d'août, et le gardien/joueur de concession/sauveur n'a toujours pas son contrat en poche pour l'an prochain.

Le problème, c'est que personne ne dit rien. Le clan Price reste muet (ce n'est pas parce que je n'ai pas essayé, croyez-moi) et Pierre Gauthier, lui, est encore plus muet.

Ce qui ne fait qu'alimenter la machine à rumeurs, bien entendu. Cette semaine seulement, en parcourant l'internet, on pouvait apprendre de «sources généralement sûres» que Price songe à la grève, qu'il n'est pas content, ou encore qu'il sera échangé. Vérités? Mensonges? Dur à dire, puisque les principaux intéressés ne disent rien. C'est d'ailleurs le problème: ce silence mène aux rumeurs les plus folles. En refusant de faire des commentaires, le clan Price et la direction montréalaise ne font qu'empirer les choses.

Pour ce qui est de cette histoire d'un échange concernant Price, c'est vraiment n'importe quoi. Pierre Gauthier adore son gardien, et il ne va pas l'échanger. À moins qu'on lui offre Sidney Crosby en retour. Et encore.