Alex Auld a déjà joué 67 matchs dans une saison avec les Canucks de Vancouver.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Il a aussi connu de beaux moments à son arrivée chez les Sénateurs d'Ottawa.

Mais c'est assis au bout du banc des Bruins de Boston qu'il a peut-être vécu ses moments les plus excitants.

«Les Bruins revenaient finalement en séries éliminatoires et, après avoir été en déficit 3-1 en première ronde face au Canadien, nous avions forcé la tenue d'un septième match», se souvient Auld.

«C'est drôle, dans certains de mes meilleurs souvenirs, je ne jouais même pas. C'est que je n'ai pas besoin d'avoir les réflecteurs braqués sur moi quand les choses vont bien. On peut contribuer de différentes façons en apportant son expérience et son leadership. Je n'ai pas toujours besoin d'être celui qui est sur la glace.»

Voilà pourquoi le Tricolore a rapidement offert un contrat à Alex Auld, jeudi après-midi. Il s'amène à Montréal en acceptant son rôle.

«Il y a peu de situations dans le hockey que je n'aie jamais vécues», juge le gardien de 29 ans qui en sera déjà à sa huitième équipe.

«Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais je suis un gars calme, loin d'être hyperactif, et je vais essayer d'aider Carey Price. Cela dit, j'essaie moi aussi de me trouver un chez-moi et je suis excité par cette opportunité.»

De Vancouver à la Floride

Le gardien de 6'4 et 216 livres identifie la transaction impliquant Roberto Luongo, qui l'a fait passer des Canucks de Vancouver aux Panthers de la Floride, comme un moment déterminant dans sa carrière.

«À Vancouver, j'avais été utilisé à profusion», se souvient Auld à propos de la saison 2005-06.

«Dan Cloutier s'était blessé et, puisque les Canucks étaient coincés par le plafond salarial, j'avais le champ libre. Personne ne poussait derrière moi. Ça a probablement été ma meilleure année puisque j'ai joué 67 matchs.

«J'ai pensé naïvement que j'allais passer toute ma carrière là-bas. Or, il y a eu ce gros échange avec les Panthers, et les choses n'ont pas très bien marché pour moi en Floride. Ça a été dur de rebondir, mais j'estime en être ressorti plus fort.»

Il est étrange de penser qu'Auld va retrouver à Montréal le même entraîneur-chef qui le dirigeait lors de sa pire saison en carrière.

«Ça aurait été étrange de retrouver Jacques Martin s'il avait été la cause de mes ennuis, mais ce n'était pas le cas, précise-t-il. Au contraire, Jacques est un gars qui met en place un bon système, qui ne se laisse pas emporter par ses émotions et qui croit en l'utilisation de deux gardiens.

«C'est juste qu'en Floride, je n'ai pas joué autant que ce à quoi je m'attendais. Ils ont embauché Ed Belfour et, disons-le, nous n'étions pas la meilleure équipe.

«C'était dur pour un jeune gardien comme moi, mais j'ai appris en masse. J'ai appris à gérer mes attentes et à ne pas regarder trop loin en avant.»

C'est la raison pour laquelle Auld n'a pas discuté du nombre de matchs qu'il pourrait disputer la saison prochaine à Montréal. Il a appris sa leçon.

Même Groulx, nouveau rôle

Auld retrouvera également l'entraîneur des gardiens Pierre Groulx qui, à l'époque de son passage avec les Panthers, était responsable du vidéo.

Ce changement de tâche n'a pas étonné Auld.

«En Floride, l'entraîneur des gardiens était un consultant qui venait de façon sporadique, explique-t-il. De plus, en raison de son âge, Belfour ne pratiquait pas vraiment.

«C'est donc avec Pierre que je travaillais sur une base quotidienne. Je crois que cette saison-là lui a ouvert les yeux sur la direction qu'il voulait prendre. Je voyais déjà à ce moment-là qu'il pouvait occuper ce rôle avec succès.

«Pierre est un homme qui se soucie des autres, qui regarde beaucoup de hockey, et qui a à la fois une bonne compréhension et une bonne intuition du jeu.»

Avec le CH, Groulx pourra le sensibiliser à la pression de garder les buts à Montréal. Mais Auld entrevoit déjà cela comme un beau défi à relever.

«Quand on comprend que c'est la passion et l'amour de leur équipe qui anime les gens, on perçoit mieux pourquoi il y a autant d'attention autour du club, soutient Auld. Les amateurs ont faim de succès et veulent une équipe gagnante, et ils veulent faire partie de cette expérience.»