L'équipe à domicile n'a gagné qu'un des cinq matchs de la série Canadien-Capitals jusqu'ici.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

La meilleure supériorité numérique de la ligue - celle des Capitals - n'a marqué qu'un but en 24 occasions.

Et si le Tricolore réussit ce soir à prolonger la série, les Caps auront échappé l'avance de 3-1 qu'ils détenaient et perdu tout sacro-saint momentum.

C'est à croire qu'il n'y a plus d'avantage qui tienne!

Du côté du Tricolore, on veut bien sûr reprendre la maîtrise de la situation au Centre Bell, où l'équipe a perdu ses six derniers matchs éliminatoires, et 10 de ses 14 derniers.

«Autrefois, l'avantage de la patinoire était plus un facteur, croit Jacques Martin. Des endroits comme le Chicago Stadium, le Garden de Boston ou l'Auditorium de Buffalo étaient de plus petite dimension, les patinoires aussi étaient plus petites et les partisans étaient perchés presque au-dessus de nous.

«Aujourd'hui, ce n'est plus aussi intimidant. Cela dit, nous sommes excités de revenir jouer à la maison et d'avoir nos partisans derrière nous alors que l'on va faire face encore à l'adversité.»

Des succès en infériorité

S'il y a un parfum d'inattendu qui flotte dans l'air à la veille de ce sixième affrontement, c'est entre autres parce que le Canadien a réussi à neutraliser l'attaque massive des Capitals, leur arme de prédilection en saison régulière.

Brian Gionta, l'attaquant le plus utilisé par Jacques Martin à court d'un homme dans cette série, est heureux du peu d'occasions que le CH a laissées aux Capitals.

«Si Jaro est en mesure de voir la rondelle et que nous pouvons garder les Caps d'un seul côté de la patinoire, nous avons une bonne chance de les arrêter», a indiqué Gionta.

Martin fait de plus en plus confiance à Tom Pyatt, dont le coup de patin sied davantage face à l'attaque des Capitals.

C'est la raison pour laquelle on le voit plus souvent à court d'un homme que Travis Moen, qui a pourtant été un homme de confiance dans ces situations en saison régulière.

«Les Capitals ont des joueurs qui décochent leurs lancers très rapidement et ma vitesse me permet d'aller me placer à temps dans les couloirs de tir», a dit Pyatt.

Engagement

Les succès en infériorité numérique sont tributaires du gardien de but et de mille et un sacrifices auxquels se soumettent les joueurs.

«En ce moment, on a le niveau d'engagement nécessaire de la part de tous nos joueurs», a observé Hal Gill, qui joue actuellement le meilleur hockey de sa saison.

Son collègue Josh Gorges est du même avis. «Plus on avance en séries, plus on voit des joueurs bloquer des lancers qu'ils ne bloqueraient peut-être pas en temps normal, ou les voir insister pour gagner des batailles dans les coins de patinoire», a-t-il expliqué.

Les cinq premiers matchs de la série semblent donner raison à Gorges.

En ce qui a trait aux lancers bloqués, par exemple, l'ensemble des joueurs du Canadien a bloqué 1333 tirs au cours de 1441 matchs de saison régulière, une moyenne de 0,93 tir bloqué par joueur par rencontre. En séries, cette moyenne grimpe à 1,33.

«On pourrait penser que ces petits jeux ne font pas la différence, mais quand on voit un coéquipier faire l'un de ces jeux pour l'équipe, ça met de la pression sur toi pour que tu fasses la même chose, ajoute Gorges.

«Sur ce plan, notre équipe s'est beaucoup rapprochée et resserrée en séries.»

Sergei K. devrait écoper

L'effort rapporte, et Jacques Martin a pris les grands moyens lors du dernier match pour en demander davantage à certains de ses hommes. Ça a entre autres été le cas de Roman Hamrlik, Benoit Pouliot et Sergei Kostitsyn.

D'ailleurs, attendez-vous à ce que le cadet des frères Kostitsyn soit rayé de la formation, ce soir. Mathieu Darche, qui a fait des rotations avec lui sur le quatrième trio, serait appelé à prendre sa place.

Cela risque d'être le seul changement dans la formation du Tricolore.

Car Jaroslav Spacek, toujours ennuyé par un virus, a patiné quelques minutes après l'entraînement de son équipe, mais il est peu probable qu'il soit du sixième match.