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Sept générations de Canadiens

Mike Cammalleri... (Photo: François Roy, La Presse)

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Mike Cammalleri

Photo: François Roy, La Presse

Pour marquer le centenaire du Canadien, nous avons interviewé un joueur qui a marqué sa décennie, et ce, à partir des années 40 jusqu'à aujourd'hui.

Notre grand voyage dans le temps nous a donc fait passer de Robert Fillion, un ailier gauche qui a porté le maillot tricolore de 1943 à 1950, à Mike Cammalleri, un ailier gauche de Richmond Hill, en Ontario, qui est débarqué ici au cours de l'été, après cinq saisons à Los Angeles et une saison à Calgary. Tous les joueurs ont eu à répondre aux mêmes questions concernant leur salaire, leur popularité, leurs récits de voyage, la notion de respect sur les patinoires, ainsi que l'attachement au chandail bleu, blanc et rouge. 

Les année 40

Bob Fillion

Ailier gauche, 1943-1950

103 points en 327 matchs

La popularité

«La meilleure période, c'était avec Paul Bibeault et Butch Bouchard, raconte M. Fillion, qui a 89 ans aujourd'hui. Les gens nous aimaient. Je me souviens qu'à notre premier entraînement de la saison, les fans dans les gradins voulaient avoir nos autographes. Je vivais dans un logement de la rue Wellington à Verdun avec Bibeault. Les gens nous parlaient tout le temps quand on sortait jouer aux quilles.»

Le Salaire

«Mon premier contrat avec le Canadien, en 1943, c'était 8000$ pour la saison. C'était de l'argent: bien des gens gagnaient 50 cents l'heure dans ce temps-là. En plus, c'est le club qui payait notre appartement!»

Les voyages

«On voyageait en train en partant de la gare Windsor. Souvent, on partait après le match de samedi soir et on roulait toute la nuit jusqu'à Chicago. Je me souviens qu'en revenant de Chicago, les douaniers américains fouillaient dans nos affaires pour voir si on rapportait de la boisson!»

Le sentiment d'appartenance

«C'était important pour nous de jouer avec le Canadien. Ça voulait dire quelque chose.»

Le respect

«Je me souviens d'un arbitre, Georges Gravel, qui punissait toujours les coups par derrière. Le joueur qui donnait un coup par derrière était mis dehors automatiquement!»

Les annéés 50

Jean Béliveau

La popularité

Centre, 1950-1951, 1952-1971

1219 points en 1125 matchs

«La grande différence, c'est le nombre de médias qu'il y a aujourd'hui. Au début, quand je jouais, il y avait un seul journaliste qui voyageait avec le club, Jacques Beauchamp.»

Le Salaire

«Je n'ai jamais dévoilé le salaire que je faisais à l'époque, c'est quelque chose de privé entre la direction et moi. Mon premier contrat, c'était un contrat de cinq ans. Mais je vais vous dire ceci: avec le salaire que fait Scott Gomez cette saison (8 millions), ça lui prend un match pour faire ce que je faisais en cinq ans!»

Les voyages

«Quand on allait jouer à Chicago, il fallait être patient; on partait du Forum à minuit le samedi, on arrivait à Chicago le dimanche à 18h30, des fois 19h. J'aimais les voyages en train. J'apportais mon pyjama, ma femme me faisait des sandwichs, et on apportait du cola froid avec nous avant de partir de Montréal.»

Le sentiment d'appartenance

«Les gros salaires ont tout changé. Avec les joueurs autonomes, c'est différent. Dans notre temps, les salaires n'étaient pas assez élevés pour qu'on pense à changer d'équipe!»

Le respect

«Il y avait des blessures graves aussi dans notre temps. Je me souviens qu'il y avait des coups à la tête; contre Chicago, je me suis retrouvé la tête contre la baie vitrée, et ça m'a pris un an, un an et demi avant de m'en remettre.»

Les années 60

Robert Rousseau

Ailier droit, 1960-1970

522 points en 643 matchs

La popularité

«Les gens nous reconnaissaient partout. Souvent, c'était pour avoir un autographe. Il y avait la pression de gagner à l'époque autant qu'aujourd'hui.»

Le Salaire

«Mon premier contrat avec le Canadien, c'était pour 7000$ la saison, plus des tranches de 1000$ pour les bonis. Mon dernier contrat avec le Canadien a été de 25 000$ pour la saison. Rendu au Minnesota, en 1970, je touchais 45 000$.»

Les voyages

«On a commencé à voyager en avion avec l'expansion de 1967, à cause des nouvelles équipes en Californie. Avant ça, c'était le train. Je me souviens que pour déjeuner, on sortait du wagon lors des arrêts, on courait vers le petit resto de la gare, on achetait des beignes et du café, et on revenait à toute vitesse à notre place!»

Le sentiment d'appartenance

«Ce sentiment existait, absolument. Pour les joueurs canadiens-français, c'était important de jouer pour le Canadien. J'ai d'ailleurs trouvé ça difficile quand j'ai été échangé au Minnesota.»

Le respect

«On jouait sans casque, sans protection vraiment; alors c'est sûr que les gars faisaient plus attention.»

Les années 70

Réjean Houle

Ailier droit, 1969-1973, 1976-1983

408 points en 635 matchs

La popularité

«Il n'y avait pas autant de médias qu'aujourd'hui, mais c'est sûr que les gens nous reconnaissaient partout où on allait. À l'époque, les gars restaient à Montréal 12 mois par année, et il n'y avait pas de joueurs autonomes. Les gens nous voyaient souvent.»

Le Salaire

«Mon premier contrat avec le Canadien, c'était 12 500$ pour la première saison, en 1969-1970. Quand on a gagné la Coupe Stanley en 1971, le boni de la LNH était de 20 000$ par joueur de l'équipe championne, alors cette année-là, j'ai fait plus d'argent avec mon boni de la Coupe!»

Les voyages

«On prenait des vols commerciaux. On embarquait avec le monde, les gens venaient jaser de hockey avec nous. On avait des avions nolisés seulement pour les petites distances, comme Boston, Toronto ou Buffalo. Et c'était de petits avions; on avait tous les genoux dans la face!»

Le sentiment d'appartenance

«Je dirais que oui, le sentiment d'appartenance était plus fort à l'époque. Les gars passaient presque toute leur carrière avec le même club.»

Le respect

«Peut-être qu'il y avait plus de respect sur la glace parce que les gars se connaissaient plus. Aujourd'hui, les joueurs arrivent de partout dans le monde. Dans le temps, ce n'était pas comme ça. Mais en même temps, il y avait plus d'intimidation à l'époque... surtout quand on jouait à Philadelphie et à Boston!»

Les années 80

Stéphane Richer

Ailier droit, 1984-1991, 1996-1998

421 points en 490 matchs

La popularité

«J'avais la voiture fournie, et bien des fois, je ne payais pas mon linge au magasin. Les gens étaient proches de leur équipe et ça paraissait!»

Le Salaire

«Mon premier contrat avec le Canadien, c'était 125 000$. On avait gagné la Coupe en 1986, et je me souviens que le boni de la ligue, c'était pas fort...»

Les voyages

«On prenait des vols commerciaux, sauf pour les séries, quand on avait droit à des vols nolisés. Je me souviens surtout des longs vols vers Vancouver, Edmonton ou Calgary. Les fans aimaient ça parce qu'ils pouvaient venir nous parler. Même chose en sortant du Forum; il fallait traverser la rue pour aller à nos voitures à la place Alexis-Nihon, et les partisans en profitaient pour venir nous voir.»

Le sentiment d'appartenance

«Les gars étaient fiers de jouer pour le club de hockey Canadien. Aujourd'hui, ça n'a plus d'importance; que ce soit Nashville ou Columbus, c'est la même affaire.»

Le respect

«Je pense qu'il y en avait plus dans le temps où je jouais. Là, c'est rendu épeurant. On dirait qu'à chaque semaine, on voit un gars sortir sur une civière.»

Les années 90

Vincent Damphousse

Centre, 1992-1999

498 points en 519 matchs

La popularité

«Je ne suis pas arrivé dans l'anonymat, les gens me connaissaient déjà, et je ne me souviens pas vraiment d'une mauvaise expérience avec les fans. Ça s'est toujours fait dans le respect. Ici, neuf personnes sur 10 reconnaissent les joueurs de hockey. Quand je jouais à San Jose, c'était une personne sur 10!»

Le Salaire

«Mon premier contrat avec le Canadien, c'était 1 million pour trois ans. Je l'ai signé la semaine où j'ai été échangé à Montréal. À mes débuts dans la ligue, à Toronto en 1986, je touchais 90 000$.»

Les voyages

«On prenait des vols commerciaux. Les vols nolisés, je pense que ç'a commencé l'année de la Coupe, en 1993.»

Le sentiment d'appartenance

«Les joueurs ont commencé à changer d'équipe pour des raisons de budget, à un moment donné, les équipes ont réalisé qu'elles ne pouvaient plus payer tout leur monde. Et à partir du moment où les salaires ont été dévoilés, au début des années 90, les joueurs ont commencé à se comparer. Ça explique aussi l'explosion des salaires.»

Le respect

«Je ne suis pas de ceux qui croient qu'il y a moins de respect. Les joueurs sont plus costauds, mieux équipés, donc forcément, ça frappe plus fort. Entre le premier match de ma carrière et mon dernier, je pense que j'ai pris 20 livres.»

Aujourd'hui

Mike Cammalleri

Ailier gauche

La popularité

«C'est intéressant, et pour l'instant, c'est très agréable, même si je dois dire que c'est la première fois de ma carrière que je me promène avec une casquette sur la tête lorsque je fais des courses. C'est tellement différent de ce que j'ai vécu avant; en cinq ans à Los Angeles, on m'a reconnu deux fois.»

Le Salaire

Mike Cammalleri a signé cet été un contrat qui lui rapportera 5 millions par saison avec le Canadien.

Les voyages

«C'est le grand luxe... Je peux vous assurer que le service est de beaucoup supérieur à ce qu'on avait dans le temps à Los Angeles.»

Le respect

«À mes yeux, la très grande majorité des joueurs, je dirais 90%, affiche le respect nécessaire sur la patinoire. Mais les 10% qui restent affichent des comportements qui font mal paraître les autres.»

 




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