Pour la première fois en 25 ans, les mêmes équipes reviennent s'affronter en finale de la Coupe Stanley.

Pierre Ladouceur LA PRESSE

Cela ne sera pas facile pour les Red Wings de gagner de nouveau. L'équipe de Mike Babcock a atteint la finale en balayant les Blue Jackets de Columbus en lever de rideau. Puis, ils ont rencontré une véritable opposition face aux Ducks d'Anaheim. Cette série mettant en présence les deux derniers titulaires de la Coupe Stanley a nécessité sept rencontres. Ensuite, les Wings ont eu besoin de cinq matchs pour écarter les Blackhawks de leur chemin.

Les Penguins, eux, ont entrepris les séries contre les Flyers de Philadelphie, qu'ils ont battus en six matchs. Puis, on a eu droit à la meilleure série du printemps 2009, alors que les Penguins, tirant de l'arrière 0-2 en début de série, ont eu besoin de sept matchs pour trancher le débat avec les Capitals de Washington. Finalement, les Penguins ont balayé les Hurricanes de la Caroline.

 

Les Red Wings ont donc eu besoin de 16 matchs pour atteindre la grande finale, contre 17 rencontres pour les Penguins. Des parcours en apparence semblables, qui ont toutefois laissé des séquelles différentes.

Detroit a eu besoin de ses joueurs de soutien pour vaincre Chicago. On ne peut cependant pas demander constamment aux Darren Helm, Mikael Samuelsson, Niklas Kronwall, Brad Stuart et autres de combler l'absence des Nicklas Lidstrom et Pavel Datsyuk.

Ces joueurs étoiles doivent revenir si les Red Wings veulent avoir une chance de battre les Penguins. Ceux-ci ont atteint une maturité qui devrait leur valoir une première conquête de la Coupe Stanley depuis 1992.

Les gardiens

Chez les Penguins, Marc-André Fleury n'a pas raté un seul rendez-vous en séries, signant 12 victoires en 17 départs (2,62; .906). On dira que les chiffres favorisent légèrement Chris Osgood, dont la fiche est de 12-4 (2,06; ,925).

Mais on retient surtout que, dans les deux cas, les gardiens ont fait les arrêts importants. Fleury a pris son envol dans la dernière ligne droite de la saison avec une fiche de 9-1-2 et 1,87, avec une efficacité de ,938. Quant à Osgood, son apport est régulièrement mis en doute en saison régulière, mais il ne laisse aucun doute sur son talent en séries. Depuis qu'il a remplacé Dominik Hasek contre Nashville, le printemps dernier, son rendement a été de 26-8, avec une moyenne de 1,79 et une efficacité de ,927.

Les défenseurs

Les Red Wings ont de la profondeur. En l'absence de Lidstrom et Jon Ericsson face à Chicago, Kronwall, Stuart, Brian Rafalski et Brett Lebda ont fait un travail remarquable. Mais le défi sera supérieur face à l'attaque des Penguins.

À Pittsburgh, on joue avec sept arrières et on retrouve un heureux mélange. Si les Sergei Gonchar, Kristopher Letang, Mark Eaton et Philippe Boucher s'affirment en attaque, les Hal Gill, Rob Scuderi et Brooks Orpik sont fiables en défense. La pression exercée par les Red Wings sera semblable à celle qu'ils ont connue face aux Capitals. Sauf que les Red Wings ne sont pas aussi vulnérables à la contre-attaque.

Jusqu'à présent, ce n'est pas facile de départager ces deux équipes! La différence se situe chez les attaquants des Penguins. Dan Bylsma a fait une découverte le jour où il a été obligé de faire appel à sept arrières parce que la présence de Gonchar lors du dernier match contre les Capitals était incertaine.

Les attaquants

Avec sept arrières et 11 attaquants, Bylsma travaille avec trois joueurs de centre: Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Jordan Staal. Il peut ainsi revenir régulièrement avec Crosby et Malkin. Il peut s'offrir ce luxe parce qu'il a les duos d'ailiers aptes à accompagner ses joueurs de centre: Ruslan Fedotenko et Maxime Talbot; Bill Guerin et Chris Kunitz; Matt Cooke et Tyler Kennedy; ainsi que Miroslav Satan et Craig Adams.

Dans ce contexte, cela devient très difficile pour l'adversaire d'opposer ses meilleurs arrières et son meilleur trio défensif à Crosby ou Malkin. Bylsma peut les éloigner d'une couverture rigide à plusieurs moments du match. Il sera donc important que Datsyuk revienne en santé dans cette série pour prêter main forte à Henrik Zetterberg, Valtteri Filppula et Darren Helm au poste de centre.

Sur les ailes, les Red Wings ont également de la profondeur avec les Marian Hossa-Tomas Holmstrom, Johan Franzen-Dan Cleary ainsi que Jiri Hudler-Mikael Samuelsson. Le quatrième duo se veut strictement d'une valeur défensive: Maltby et Abdelkader.

Au bout du compte, avec deux équipes d'une telle qualité, on prévoit une victoire des Penguins, parce que le duo dynamique Crosby-Malkin fera la différence. C'est le lot des grandes vedettes!