Vaut-il mieux être sur une lancée mais amoché, ou encore bien reposé mais rouillé, avant d'entreprendre un tournoi comme celui de la Coupe Memorial MasterCard? C'est à cette question - parmi tant d'autres - que permettra de répondre le prochain championnat canadien de hockey junior majeur, qui s'ébranlera vendredi soir à Rimouski.

Marc Tougas LA PRESSE CANADIENNE

D'un côté, les Voltigeurs de Drummondville, forts de leur titre de champions de la LHJMQ mais diminués après une finale durement arrachée aux Cataractes de Shawinigan, au terme d'un septième match disputé mardi soir seulement. Et de l'autre, l'Océanic de Rimouski, qualifié à titre d'équipe-hôtesse du tournoi, mais qui n'a pas joué depuis le 22 avril, date de son élimination aux mains de ces mêmes Voltigeurs en demi-finales des séries du circuit Courteau.

Selon Dany Massé, attaquant des Voltigeurs, les deux situations ont leurs avantages.

«Nous, on a vécu un septième match... Un septième match comme ça, c'est un peu ce qu'on va vivre à toutes les rencontres dans les prochains jours, a souligné Massé, qui a disputé l'affrontement ultime contre les Cataractes malgré une importante blessure au bas du corps. À la Coupe Memorial, ce sont pratiquement tous des matchs sans lendemain. C'est sûr que côté physique, les joueurs de l'Océanic seront plus reposés que nous, alors ça va possiblement être à leur avantage.»

Des Voltigeurs amochés

Un avantage que n'auront pas les Voltigeurs. Ceux-ci ont disputé le minimum de matchs dans leurs trois premières séries, mais les Cataractes les ont poussés dans leurs derniers retranchements en finale. Ce qui a coûté cher, des blessures survenant notamment à Christopher DiDomenico et Massé, que leur entraîneur qualifie comme étant ses deux attaquants les plus complets.

«Ça va nous prendre une force mentale hors du commun pour passer à travers ce tournoi-là, a lancé le pilote des Voltigeurs Guy Boucher, jeudi. Des pertes comme ça, tu peux t'en sauver à court terme, mais pas à long terme.

«Il n'y aura pas beaucoup de jours entre notre dernier match et le prochain, et ça, ça nous aide, a par contre noté Boucher. Les gars sont encore sur l'adrénaline.»

Massé pourrait disputer le premier match des siens, samedi, contre les Spitfires de Windsor. Mais s'il le fait, il risque d'être diminué. Ce qui ne l'a pas empêché d'affronter les Cataractes, mardi.

«Dans notre tête, c'était décidé, Massé n'allait pas jouer ce match-là. C'est lui qui ne voulait rien entendre», a indiqué Boucher.

«On ne forcera personne qui n'est vraiment pas en mesure de jouer, a ajouté le pilote des Voltigeurs. On va voir si physiquement c'est possible de remettre Massé sur la glace. On espère que oui, parce qu'il fait partie du corps et de l'âme de cette équipe.»

Selon Massé, ses coéquipiers ne doivent pas trop s'en faire avec les blessures. C'est également le lot des autres équipes championnes de leur ligue respective, a-t-il fait remarquer.

«Quand tu dois traverser quatre séries pour remporter le championnat de ta ligue, ça prend un miracle pour te retrouver au bout sans une seule blessure», a-t-il noté.

Un Océanic rouillé

Les joueurs de l'Océanic, eux, ont eu le temps de panser leurs blessures. En revanche, les équipiers de Clément Jodoin devront vite retrouver leurs jambes s'ils veulent éviter de prendre du retard au classement du tournoi rotation. La première période du match que l'Océanic disputera aux Rockets de Kelowna en ouverture de tournoi, vendredi au Colisée de Rimouski, sera d'ailleurs fort importante, selon Olivier Fortier, l'espoir du Canadien qui est capitaine du club rimouskois.

«C'est sûr qu'il va falloir retrouver notre forme de match le plus rapidement possible, on va tout faire pour que (notre longue période de congé) ne vienne pas nous nuire», a dit Fortier.

Pour ce faire, Jodoin n'a accordé que quatre jours de repos à ses joueurs après leur élimination aux mains des Voltigeurs. Puis, ç'a été le retour au boulot.

«L'emphase a alors été placée sur notre condition physique, a indiqué Jodoin. Quand tu te présentes à un événement majeur, le premier aspect que tu peux contrôler, c'est ta condition physique. Quand tu es en bonne condition, tu peux rivaliser. Quand tu ne l'es pas, tu as beau avoir la plus grande volonté au monde, tu ne pourras pas atteindre tes objectifs.»

Le pilote de l'Océanic a toutefois reconnu qu'il a parfois été difficile d'empêcher les siens de se la couler douce ces dernières semaines.

«Trois semaines à pratiquer l'un contre l'autre, souvent tu ne veux pas te faire mal... J'ai été obligé de crier à un certain moment pour qu'ils élèvent le tempo, a reconnu Jodoin. C'est tout à fait normal quand tu ne joues pas pendant trois semaines.

«On affronte trois équipes qui connaissent présentement un sommet sur le plan émotionnel, a ajouté Jodoin. On n'est pas dans la même zone - nous, il faut recommencer. Mais cette zone-là, on va l'atteindre vendredi, quand le tournoi va commencer.»