Andrei Markov connaît, et de loin, la meilleure de ses huit saisons avec le Canadien.

François Gagnon LA PRESSE

Seul défenseur à avoir atteint le plateau des 50 mentions d'aide, il occupe le 10e rang à ce chapitre dans la Ligue nationale.

Grâce à 60 points, Markov est le deuxième compteur chez les arrières de la LNH, derrière Mike Green, des Capitals de Washington, qui totalisait 65 points avant d'affronter le Lightning de Tampa Bay, vendredi.

Plus encore, Markov et Mark Streit, des Islanders de New York, sont les deux seuls défenseurs de la LNH à occuper le premier rang des pointeurs de leur équipe respective.

Fort d'une avance de huit points devant Alex Kovalev, Markov pourrait même devenir le premier défenseur depuis Sprague Cleghorn, en 1921-1922, à terminer la saison au premier rang des compteurs du Tricolore.

Cleghorn avait dominé le Tricolore avec 26 points en 24 matchs. Seul son frère Odie, avec 21, avait marqué plus de buts que lui dans cette saison historique.

«Il reste encore huit matchs, Alex peut certainement me rejoindre», a dit Markov, un petit sourire en coin.

Visiblement fier de sa saison, le Russe de 31 ans refuse toutefois de pavoiser. Bien plus à l'aise devant Vincent Lecavalier, jeudi soir, que devant les journalistes, hier, Markov suait à grosses gouttes devant les caméras.

«C'est difficile de répondre à vos questions, vous savez. Je peux encore m'améliorer, nous pouvons encore nous améliorer. Mais un joueur de hockey, ce n'est pas un joueur de tennis. C'est le résultat de l'équipe qui prime, pas les résultats individuels», a répété de bien des façons le défenseur russe.

Pierre angulaire de l'équipe

S'il est encore mal à l'aise devant les caméras, Markov l'est beaucoup moins devant ses coéquipiers et ne l'est plus du tout sur la patinoire, où il a atteint un degré d'efficacité qui le place parmi l'élite de la LNH.

Ses passes savantes font de nombreux heureux chez le Canadien et son tir foudroyant pourrait faire oublier ceux de Sheldon Souray et de Streit s'il l'utilisait plus souvent.

«Je me concentre sur les passes cette année. L'an prochain, je tirerai plus souvent», a blagué Markov.

L'un des principaux complices de Markov, surtout en avantage numérique, Kovalev corrige tous ceux qui seraient portés à croire que les passes et les tirs de Markov sont ses principaux atouts.

«Sa principale qualité est sa vision du jeu. Il sait lire ce qui se passe sur la patinoire et, surtout, ce qui va arriver. Ça lui permet de toujours prendre les meilleures décision», a expliqué Kovalev, croisé par La Presse pendant qu'il laçait les patins de ses deux fils.

«S'il a atteint son apogée? Je ne vois pas pourquoi. Il est de plus en plus à l'aise, il est en grande forme et il pourrait connaître plus de succès encore.»

Excellent rapport qualité-prix

À la fin de la deuxième saison d'un contrat de quatre ans qui lui rapportera 23 millions, Andrei Markov vaut son pesant d'or.

À ce titre, Bob Gainey a esquissé un rare sourire lorsqu'on lui a demandé, vendredi, si Markov satisfaisait plus l'entraîneur-chef par la qualité de son jeu ou le directeur général en raison de l'excellence du rapport qualité-prix relié à son contrat.

«Peu importe la casquette que je porte, je suis content», a lancé Gainey.

«À l'époque, le salaire consenti à Andrei faisait l'affaire des deux parties. Il y avait des gars plus expérimentés (Craig Rivet et Sheldon Souray) qui étaient devant lui et il n'avait pas terminé sa progression», a dit le directeur général.

«Comme joueur, je crois que sa plus grande amélioration est de ne plus reculer devant le jeu rude autour de son filet et le long des bandes. Il a de grandes qualités qui lui permettent de se distinguer dans toutes les situations de match et il n'est plus victime d'intimidation», a ajouté l'entraîneur-chef.

Quant à la question de la langue, elle ne préoccupe ni l'entraîneur-chef ni le directeur général.

«Il communique plus avec ses coéquipiers, mais c'est la qualité de son jeu qui parle le plus fort et qui lui permet d'assumer son leadership.»

Markov s'est joint au Canadien en 1998 lorsqu'il a été repêché en sixième ronde (162e sélection) derrière Éric Chouinard, Mike Ribeiro, François Beauchemin, Andrei Bashkirov et Gordie Dwyer, mais devant Michael Ryder, sélectionné au 216e rang...