Sergei Kostitsyn assure avoir retrouvé de la confiance et acquis, au passage, de la maturité durant son purgatoire de cinq semaines à Hamilton, dans la Ligue américaine.

François Gagnon LA PRESSE

«J'ai appris que je dois jouer avec plus d'intensité et être plus intelligent sur la patinoire», a dit le jeune homme qui était tout sourire à son retour avec le Canadien, hier.

Sergei Kostitsyn a été rétrogradé au lendemain de la sortie de textes publiés par La Presse confirmant son association, et celles de son frère aîné Andrei et de Roman Hamrlik, à Pasquale Mangiola, arrêté et accusé, entre autres, de possession d'arme et de possession et de trafic de cocaïne.

Le cadet des Kostitsyn a-t-il su profiter de son séjour pour modifier ses habitudes à l'extérieur de la patinoire? «Je ne veux pas parler de ça», a-t-il tranché.

On se rappellera que lors du renvoi de Sergei, Guy Carbonneau, alors entraîneur-chef, avait indiqué qu'il avait du ménage à faire sur la patinoire et dans sa vie personnelle.

Plekanec et les deux K.

Pourquoi, dans ces circonstances, le Canadien rappelle-t-il un joueur qui patinait dans le sable lorsqu'il a été renvoyé aux Bulldogs?

«Parce qu'il a retrouvé son aplomb et que nous avons besoin de renfort. Sergei est un jeune homme, un jeune athlète et nous espérons qu'il sera en mesure de rebondir avec nous», a indiqué Bob Gainey.

En 16 matchs à Hamilton, Kostitsyn a marqué cinq buts et amassé 14 points.

À son premier entraînement avec le Canadien, hier, il a suivi Tomas Plekanec qui, fidèle à son habitude, a été le premier à prendre la patinoire d'assaut.

Après s'être retrouvé au centre d'Andrei Kostitsyn et Alex Kovalev, puis avoir eu le mandat de faire produire les jeunes Max Pacioretty et Matt D'Agostini, Plekanec hérite de celui de relancer les frères K.

Depuis le renvoi de son jeune frère, Andrei Kostitsyn ne casse rien: il n'a marqué que trois buts et récolté sept points en 15 rencontres. Deux de ces buts et cinq de ces points ont été amassés lors des deux matchs qui ont suivi le départ de son frère.

«C'est un très gros défi, mais un défi que je sens en mesure de relever, a dit Plekanec. Sergei est arrivé avec une bonne attitude. Il semble prêt à déployer les efforts nécessaires. Il a traversé des moments difficiles et j'espère qu'il est maintenant une personne différente.»

«Nous n'avons pas rappelé Sergei en nous disant que cela aiderait son frère, a ajouté Gainey. Nos joueurs doivent prendre individuellement leurs responsabilités afin d'offrir de meilleures performances. Mais si une chimie s'installe, ce sera tant mieux.»

Une autre chance

Le directeur général et entraîneur-chef du Canadien assure ne pas avoir pris en considération les réactions, positives ou négatives, des joueurs lorsqu'il a pris la décision de rappeler Kostitsyn. «Il ne reste que 10 matchs à disputer en saison. Nous n'avons pas de temps à perdre à nous poser ce genre de questions. C'est le temps de jouer, de gagner.»

Dans le vestiaire, les joueurs du Tricolore semblaient prêts à offrir une autre chance au jeune Sergei.

«On pardonne, on oublie et on passe à autre chose, a dit Mike Komisarek. C'est une des réalités avec lesquelles nous vivons dans le hockey. Pourquoi perdre temps et énergie à lui tenir rigueur à cause de la bullshit qui a été véhiculée sur son dos ? Lappy (Maxim Lapierre) et moi avons été engagés dans une bagarre dernièrement. On a vite passé l'éponge. On fera pareil avec lui.»

Guillaume Latendresse et Maxim Lapierre, les meilleurs attaquants du Canadien lors des derniers matchs, ont aussi bien accueilli Kostitsyn même si ce dernier pourrait profiter, en dépit de la «pénitence» à Hamilton, d'une utilisation en avantage numérique dont ils bénéficient très rarement.

«Avec tout son talent et son potentiel, Sergei peut aider la cause de l'équipe s'il s'en donne la peine. Personnellement, je suis prêt à lui faire toute la place nécessaire dans le vestiaire et au sein de la formation», a lancé Latendresse sous l'oeil approbateur de son joueur de centre.