Après avoir vu son ami Maxim Lapierre se vider le coeur au terme de la défaite de samedi, ça a été le tour de Guillaume Latendresse, dimanche, de commenter en toute ouverture le désarroi de son club.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

«J'ai déjà été au sein d'équipes qui avaient perdu leurs moyens parce qu'elles n'en avaient pas beaucoup. Mais avec le talent qu'on a ici, c'est une situation dure à avaler», a reconnu Latendresse.

«Présentement, les joueurs sont à fleur de peau. Chacun pousse de son côté.Il faut qu'on s'assoie et qu'on s'entende pour pousser tous dans la même direction.

«On est à dix matchs des séries éliminatoires et l'on ne devrait pas être en train de chercher des solutions, a ajouté l'attaquant de 21 ans. Ça devrait nous venir naturellement.

«Mais on n'a pas 23 joueurs qui en sont là présentement. « Sent-il que certains de ses coéquipiers ont laissé tomber?

«Je ne sais pas, je ne suis pas dans leur tête. Mais si j'étais au courant, j'irais leur donner deux ou trois taloches près des oreilles!»

Un été à s'expliquer

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Latendresse veut éviter une fin de saison hâtive.

Il y a bien sûr sa nature compétitive, son désir de gagner...

Mais il y a aussi le fait qu'à l'instar des autres Québécois du Tricolore, il pourrait devoir passer tout l'été à expliquer aux partisans ce qui n'a pas fonctionné.

«Il va falloir se réveiller et aller chercher des points, sinon l'été va être long, prévient Latendresse. Quand tu restes au Québec tout l'été, tu sais ce que c'est de ne pas faire les séries.

«Il y a des joueurs qui le ne réalisent pas parce qu'ils ne restent pas ici tout l'été. Mais moi je l'ai vécu à ma première année. Partout où j'allais, tout le monde m'arrêtait et me demandait ce qui s'était passé.

«C'est une situation que je n'ai pas envie de revivre.

«Je serais aussi bien de me louer un chalet pendant deux mois en République dominicaine!» a-t-il plus tard ajouté.

La colère des partisans

Les joueurs du Canadien ne restent pas indifférents à la colère actuelle des partisans. Mais on constate que leur façon de réagir à la situation change de l'un à l'autre.

«Hier (samedi), c'était vraiment humiliant d'entendre les huées avec dix minutes à faire en deuxième période, a avoué Latendresse. Tu as le goût de te cacher sous le banc jusqu'à ce que tu entendes ton nom pour sauter sur la glace.

«Il reste qu'on a les meilleurs partisans. Des gens qui ne font pas de gros salaires se permettent de payer des cadeaux à leurs enfants.

«Qu'on performe comme on l'a fait (contre les Leafs), ce n'est pas acceptable.»

Selon Georges Laraque, la passion des amateurs peut redevenir un outil inestimable, pour peu que l'équipe recommence à gagner.

«Le monde a raison d'être inquiet, convient Laraque. Mais si on commence à gagner, on va sentir une fébrilité dans toute la ville, et c'est de ça qu'on a besoin.»

Quant au défenseur Roman Hamrlik, il reconnaît que la réaction des amateurs entre dans la psyché des joueurs.

«C'est la deuxième année que je joue ici et, de ce que je peux voir, ce n'est pas facile de jouer ici, soutient Hamrlik.

«La pression est là, mais il faut cesser de penser aux amateurs et s'attarder sur ce qu'on est censé faire.

«Et ça doit commencer en réussissant à battre les équipes qui sont en dessous de nous au classement. On a perdu ces derniers jours contre Ottawa et Toronto, qui sont dans cette situation-là. Il faut gagner, tout simplement. « Le Tchèque de 34 ans admet qu'il fait partie de ceux qui peuvent en donner plus.

«Je sais que je peux mieux jouer et élever mon jeu d'un cran. Je me sens bien, j'ai beaucoup de temps de glace, mais je dois contribuer un peu plus», nous a-t-il dit.