Bob Gainey a lancé un message à Mike Komisarek en lui faisant miroiter, vendredi, la menace de le retrancher de la formation.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Tout compte fait, le gros défenseur du Canadien a affronté les Maple Leafs de Toronto.

Mais pour qu'on en arrive là, son rendement a dû sérieusement se détériorer par rapport à celui qui, disait-on plus tôt cette saison, allait lui valoir jusqu'à six millions sur le marché des joueurs autonomes.

On dit que Komisarek n'est plus le même depuis qu'il a perdu un combat contre Milan Lucic lors duquel il a subi une luxation de l'épaule.

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Hier, Komisarek a réitéré qu'il n'était pas blessé. Il a également écarté l'idée que le statut de son contrat puisse entrer dans l'équation.

Sauf que lorsque Gainey s'assoira avec lui pour négocier, il devra déterminer qui est le vrai Mike Komisarek: celui de l'an dernier ou celui de cette saison.

Une étude comparative de ses statistiques défensives permet de voir où son rendement s'est le plus dégradé.

C'est évidemment au chapitre des mises en échec que la différence est la plus criante.

L'an dernier, Komisarek avait terminé premier parmi les défenseurs de la LNH avec 266 mises en échec. Il en appliquait en moyenne 3,55 par rencontre.

Cette année, il a donné 161 mises en échec en 55 matchs pour une moyenne de 2,93 plaquages par rencontre.

Ça correspond à une baisse de 27%.

Vous direz: voilà! Ça prouve qu'il est blessé!

Pourtant, Komisarek donne plus que jamais son corps à la science: même en ayant raté 16 matchs, il est quand même cinquième de la ligue au chapitre des tirs bloqués avec 179.

Sa moyenne de 3,25 tirs bloqués par match est même supérieure à celle de l'an passé (3,03), alors qu'il avait terminé premier de la ligue en bloquant 227 lancers!

Au chapitre des revirements, Komisarek dépassera largement son total de l'an dernier qui était de 68. Il en avait déjà 64 avant le match d'hier.

En ce qui a trait à la discipline, Komisarek avait écopé de 32 infractions mineures l'an passé et s'était battu cinq fois en 75 rencontres.

Cette saison, en 20 matchs de moins, il ne s'est battu qu'une fois, mais il a déjà 41 pénalités mineures au compteur.

Les joueurs sont des humains

Évidemment, il y a en plus de ces chiffres tout ce qui ne peut être comptabilisé: les mauvaises décisions, les gestes nerveux, les passes risquées...

«Je dois cesser d'être hésitant, a reconnu Komisarek. Je dois redevenir un défenseur physique contre lequel il est difficile de jouer et m'afficher comme un leader au sein de cette équipe.

«Ce n'est un secret pour personne que je ne joue pas mon meilleur hockey. Mais pour redevenir fiable, je dois cesser de penser aux erreurs que je peux faire et soutirer quelque chose de positif chaque présence.»

Lors d'un entretien, hier matin, Bob Gainey a invité Komisarek à jouer avec plus d'instinct et d'abandon.

«Les joueurs ne sont pas des machines, a indiqué Gainey. Les joueurs sont des humains, ils ont des problèmes et ils sont confus de temps en temps.

«Il faut les assister les joueurs de façon à ce qu'ils retrouvent leur niveau de jeu.»

Cela dit, le creux que vit Komisarek en ce moment n'est pas comparable à la situation qu'il a vécue lors des dernières semaines du règne de Claude Julien.

«J'avais des problèmes personnels à l'extérieur de la patinoire, a rappelé Komisarek. C'est loin d'être aussi pire qu'à cette époque.»

Mais dans la situation actuelle du Canadien, c'est peut-être plus dommageable.