Carey Price va mieux. Mais il n'en mène quand même pas très large.

Mis à jour le 25 févr. 2009
Marc Antoine Godin LA PRESSE

«C'est un 'work in progress'», a-t-il répondu, ce midi, lorsqu'un journaliste lui a demandé de résumer son jeu à l'heure actuelle.

«Mes difficultés sont à la fois mécaniques et mentales. Mais je vais continuer à m'appliquer lors des entraînements.

C'est là que tout commence.

«Je manque peut-être de concentration», a ajouté Price en tentant d'expliquer ses contre-performances.

Qu'il manque de concentration, ce ne serait guère étonnant.

Déjà que ses contre-performances répétées avaient propagé le doute, Price est maintenant secoué par les événements - et les rumeurs - qui ont surgi ces derniers jours.

Ce n'est peut-être pas un hasard si c'est lors de la seule visite des journalistes de Vancouver à Montréal que Price a évoqué la maison.

Car lorsque les choses vont moins bien, le gardien originaire de la Colombie-Britannique se tourne vers son père.

«Mon père a toujours été là pour moi, à tous les points de vue, a raconté Price. C'est un homme très religieux et il m'a souvent dit: tes péchés te rattrapent toujours.

«Et visiblement, c'est le cas.»

Price estime quand même que la tempête née des révélations sur le comportement de certains jeunes du Canadien a eu du bon.

«C'est sûr que ça aura été bénéfique, estime Price. Parce que ça aura contribué à rapprocher les joueurs.

«Il y a des photos qui ont circulé au terme d'un voyage au Mexique. Je trouve ça plate qu'on ne puisse pas relaxer, même lorsque ça se passe à l'extérieur de la saison de hockey.

«Mais je sais que je vais devoir faire plus attention. Je sais qu'on nous perçoit comme des modèles.»

Le tour à Halak

Le gardien dont le calme devait être à toute épreuve est confronté à une pression et des attentes, au niveau de la Ligue nationale, qui parfois le prennent de court.

«Je sais à quel point ça peut être dur pour Carey», confie son ami et coéquipier Josh Gorges.

«On s'attend à tant de choses de lui. On en parle comme d'un éventuel candidat au titre de joueur par excellence, comme celui qui ramènera la Coupe Stanley à Montréal...

«Je suis assez proche de lui et franchement, je n'aimerais pas être dans ses souliers. Surtout que, quand tu es un gardien, tu es au sommet du monde lorsque les choses vont bien. Mais quand ça va moins bien, tout le monde te tombe dessus...»Price accepte sans broncher la décision de Guy Carbonneau de donner le filet à Jaroslav Halak.

«C'était entendu en début de saison qu'il donnerait la chance au gardien 'hot', confirme-t-il. Tout est en fonction des performances. Or, Jaro vient de connaître quelques bons matchs.

«La même chose se produisait avec Cristobal (Huet). Je le poussais à se dépasser et je m'attends que Jaro me pousse à son tour.»

Price ne pense pas s'en remettre à la vieille recette de psychologie sportive qui consiste à visionner ses exploits passés pour faire du renforcement positif.

«Je ne crois pas, même que je pense peut-être plus au passé que je ne le devrais, estime Price. Je sais ce que je suis censé faire. Et Rollie (Roland Melanson) est là pour me le rappeler.

«Ce n'est pas la première fois que je traverse des moments difficiles. J'en ai vécu lors des dernières séries et dans les rangs juniors.»

Mais jamais les projecteurs n'avaient été autant braqués sur ses ennuis.

Si Price a vraiment la couenne dure, il ressortira grandi des problèmes qui l'assaillent depuis deux mois.