Trois dégelées à Calgary, Edmonton et Vancouver, une bien petite victoire au Colorado, un entraineur-chef à court d'explications et de solutions, des joueurs qui identifient en choeur les milles et un problèmes qui minent le Canadien, mais qui sont incapables de passer des paroles aux actes afin de les résoudre.

Mis à jour le 17 févr. 2009
François Gagnon LA PRESSE

Pas de doute, le plus long voyage de la saison du Canadien a des allures de mauvais rêve.

«Je suis à court de réponses», a même convenu Guy Carbonneau après la défaite de 4-2 de son équipe aux mains des Canucks.

 

«Je n'arrive pas à comprendre comment il se fait qu'on ne soit pas capable de maintenir le rythme comme cela arrive depuis quelques matchs. C'est incompréhensible d'avoir l'air fatigué et de manquer d'énergie. On tente des choses, on propose des solutions, mais il n'y a rien qui fonctionne», a poursuivi Carbonneau qui semblait bien plus abattu encore que ces joueurs. Remarquez qu'il avait bien des raisons de l'être.

Au milieu d'un marasme similaire au sien, son bon ami Michel Therrien venait d'être congédié par les Penguins de Pittsburgh.

Et le mauvais rêve que Carbonneau et son équipe traversent pourrait facilement tourner au cauchemar si le Canadien prolonge son inertie à Washington et Pittsburgh où il croisera les Capitals, mercredi, et les Penguins, le lendemain.

Des Capitals qui ont remporté neuf victoires à leurs 12 derniers matchs et subi seulement deux défaites en temps réglementaire au cours de cette période.

Des Penguins qui ont soutiré un point dans une défaite de 3-2 en fusillade au lendemain du congédiement de Michel Therrien et qui effectueront un retour devant leurs partisans jeudi.

«C'est très décevant, car nous anticipions de belles choses de ce voyage. On visait certainement revenir à la maison avec une fiche de ,500. On doit donc gagner nos deux derniers matchs dans des circonstances pas faciles pour sauver ce voyage», a poursuivi Carbo.

Manchette dévastatrice

Des toutes les critiques et commentaires narquois défilés sur le compte du Canadien depuis le début de ce voyage en enfer, la manchette qui coiffait la une du cahier des sports du Edmonton Journal samedi dernier illustrait on ne peut mieux les ennuis du Tricolore.

«Merci Canadiens!»

C'est avec ces deux mots qui couvraient la largeur du cahier des sports que le Edmonton Journal soulignait le passage attendu et trop rare du Canadien dans la capitale albertaine.

C'est de cette façon qu'il illustrait la déconfiture des Flying Frenchmen qui n'avaient pas offert la moindre opposition à des Oilers qui n'anticipaient l'emporter aussi facilement.

Aucune opposition du Canadien

C'est d'ailleurs ce sentiment qui régnait autour des vestiaires du Canadien et des Canucks au GM Place tard dimanche soir.

D'un côté, les Canucks ne comprenaient pas comment il se faisait que le Canadien avait offert aussi peu de résistance, de l'autre le Canadien ne comprenait plus rien de rien...

On au contraire, il ne comprenait que trop bien.

Car lorsqu'on a indiqué à Christopher Higgins que lui et ses coéquipiers n'avaient jamais semblé dans le coup à Vancouver, comme à Calgary et Edmonton, il s'est croisé les bras en bombant le torse. Mais alors qu'on s'attendait à le voir défendre son équipe, il n'a fait que confirmer les doléances qui s'accumulent sur le compte de son équipe.

«C'est une bonne façon de voir les choses. Nous avons été deuxièmes sur la rondelle tout le match, nous n'avons pas obtenu assez de tirs, nous avons été beaucoup trop mou sur la rondelle et en échec avant et avons accordé bien trop de descentes en surnombre et avons encore laissé l'adversaire prendre les devants. Tout cela mis ensemble facilite les choses pour nos adversaires», a indiqué Christopher Higgins.

Comment réagir maintenant? «On va perdre du sommeil sur cette défaite et à cause de l'envolée de nuit qui nous attend. Mais il serait grand temps d'arrêter de chercher des excuses et de trouver le moyen de produire sur la patinoire», a lancé Christopher Higgins avec un brin d'énergie.

Une énergie rapidement tombée à plat avec sa dernière remarque. «Mais avec le genre de fiche qu'on présente à l'étranger, ce n'est pas comme si on part confiant», a conclu Higgins.

Le Canadien a perdu neuf de ses 11 derniers matchs sur la route. Cette séquence pour le moins difficile a fait plonger sa fiche globale à l'étranger sous la barre de ,500 (13-15-2) pour la première fois cette saison.