En septembre, les experts du hockey chantaient presque tous le même refrain: le Canadien est bon, très bon, et il s'en va droit en grande finale de la Coupe Stanley.

Richard Labbé LA PRESSE

Finalement, on s'est peut-être emporté un peu vite.

C'est du moins l'opinion d'un dirigeant d'une équipe de la Ligue nationale. Il affirme que les attentes envers le Canadien de 2008-2009 n'étaient pas réalistes. Cet homme de hockey a accepté de répondre à nos questions en exigeant l'anonymat pour ne pas nuire aux relations entre son club et le Canadien.

«Ce sont les experts, les gens des médias, qui les ont vus au premier rang dans l'Est, a expliqué ce dirigeant à La Presse. C'était probablement plus de l'optimisme que des propos basés sur la réalité. Ces choses-là, il faut les analyser en profondeur. Je ne pensais pas qu'ils allaient automatiquement être les premiers dans l'Est. D'autres équipes se sont améliorées, et en séries, le Canadien a eu toutes les misères du monde à battre Boston, ne l'oublions pas.»

Ce dirigeant n'a pas hésité à identifier certains problèmes qui minent le Canadien en ce début de saison. Le premier, et le plus criant selon lui: les ratés de l'avantage numérique, 26e dans le circuit avant les matchs d'hier soir.

«L'an passé, les unités spéciales du Canadien allaient très bien. Cette saison, ça ne va pas aussi bien, et quand ça ne va pas aussi bien en avantage numérique, pour les joueurs, ça veut dire des buts et des passes en moins. Et ça, je peux vous assurer que ça affecte toujours la confiance des joueurs. En plus, c'est certain que la perte de Mark Streit se fait sentir sur l'attaque à cinq.»

Autre problème selon ce dirigeant: le manque d'expérience des gardiens Carey Price et Jaroslav Halak.

«(Cristobal) Huet avait été très bon pour le Canadien. Il n'est plus là, et c'est un gros changement, parce qu'à sa place, il y a deux jeunes sans expérience. C'est un élément important, et c'est beaucoup de pression pour les deux jeunes. Price est bon, mais dans cette ligue, il faut que tu sois bon de façon régulière.»

Ce dirigeant souligne aussi au passage le jeu décevant d'Andrei Kostitsyn, un joueur qui n'a récolté que six points en 15 matchs depuis l'ouverture de la saison régulière, malgré une moyenne de 15 minutes et 12 secondes de jeu chaque rencontre. «Kostitsyn, c'est un bon joueur, mais j'ai des réserves sur son éthique de travail», estime-t-il.

Et Chris Higgins, ce patineur qui en fait rager plus d'un en raison de ses performances irrégulières? «Il faudrait arrêter de penser que c'est un gars de 40 buts... Higgins, c'est un marqueur de 25 buts.»

Malgré tout, le dirigeant interviewé par La Presse ne croit pas que l'heure soit à la panique pour les patrons du Canadien. Il rappelle que l'équipe se maintient dans le milieu du peloton dans l'Association de l'Est et que le Canadien, à moins d'une catastrophe, devrait être des séries ce printemps.

Il en a profité pour donner un petit conseil à ceux qui sont prêts à abandonner le bateau bleu, blanc et rouge: respirez par le nez...

«Le Canadien a quand même une fiche de 10-5-2, et la saison est encore très jeune... Je ne suis pas prêt à dire que ça va mal pour cette équipe-là. Mais vous savez, c'est le problème à Montréal: l'équipe perd quelques matchs, et tout le monde se met à paniquer. Il y a vraiment beaucoup de pression... J'estime plutôt que le Canadien demeure en bonne position pour le moment.»