Un Irlandais du Nord a pris la tête de l'Omnium britannique, mais pas celui qu'on croyait. Le vétéran Darren Clarke, l'un des joueurs les plus populaires en Grande-Bretagne, a signé une deuxième carte consécutive de 68 et il occupe le premier rang à 136 (-4), égalité avec l'Américain Lucas Glover.

Mis à jour le 15 juill. 2011
Michel Marois LA PRESSE

Le meneur de la première ronde, le Danois Thomas Bjorn, a connu une ronde en dents de scie et s'est finalement contenté d'un 72 qui le laisse à 137 (-3), à un coup des meneurs, avec trois autres golfeurs, l'Allemand Martin Kaymer, l'Américain Chad Campbell et l'Espagnol Juan Angel Jimenez.

Clarke avait touché tous les amateurs de golf pendant la Coupe Ryder de 2006, alors que son épouse était décédée quelques semaines avant l'événement. Le capitaine européen, Ian Woosnam, l'avait convaincu de prendre part à la Coupe et il avait été l'inspiration de son équipe.

«Je n'ai jamais vécu quelque chose d'aussi difficile que cette Coupe Ryder de 2006 et ce n'est pas la perspective d'avoir à défendre ma première place ici qui va m'énerver, a blagué le sympathique gaillard de 42 ans après sa ronde. Je suis très détendu cette semaine et c'est merveilleux d'entendre les cris de la foule.

«N'allez toutefois pas penser que je ne crois pas en mes chances. Ce parcours va devenir de plus en plus difficile. Les deux prochaines rondes risquent d'être jouées dans des conditions éprouvantes. Je m'entraîne tous les jours dans de telles conditions en Irlande du Nord. Je serai prêt!»

Les compatriotes de Clarke, Rory McIlroy et Graeme McDowell, les deux derniers vainqueurs de l'Omnium des États-Unis, sont étonnamment moins bien placés que lui. McIlroy a certes mieux joué que la veille et il est revenu à quatre coups de son mentor (140) en fin de journée. McDowell par contre, auteur d'un 77, est déjà éliminé.

«C'est bien d'être revenu dans la compétition, a estimé McIlroy, le golfeur le plus suivi vendredi à Sandwich. Je suis heureux que Darren soit en tête, il le mérite bien, mais j'espère renverser la situation avant la fin du week-end...»

Quand on a demandé à Clarke s'il était heureux d'avoir été le meilleur de sa nation jusqu'ici, il a répliqué : «Je n'ai aucune jalousie envers Rory ou G-Mac (McDowell). Au contraire, je suis très fier de leur succès. Tant mieux si je peux moi aussi encore défendre les couleurs de mon drapeau.»

Avec une trentaine de joueurs regroupés séparés par seulement quatre coups, l'Omnium reste très ouvert et les prétendants au titre sont encore très nombreux. Disputée sous un soleil radieux et dans des conditions pratiquement idéales pour le parcours du club Royal St George, la deuxième ronde a pourtant été difficile pour plusieurs favoris.

Les Anglais Lee Westwood (+4) et Ian Poulter (+7), l'Irlandais Padraig Harrington (+4), l'Américain Nick Whatney (+5), l'Argentin Angel Cabrera (+6) et le Sud-Africain Ernie Els (+7) ont tous subi l'élimination après avoir joué bien en deçà de leurs moyens.

La jeune sensation britannique Tom Lewis n'a pas retrouvé la magie de sa première ronde, mais il a réussi à s'accrocher et son cumulatif de 139 (-1) lui permet de conserver tous ses espoirs.

Son partenaire de jeu, l'Américain Tom Watson, a de son côté réussi un trou d'un coup au 6e trou, le 15e de sa carrière, et il a réagi en levant les bras et en saluant le public qui l'ovationnait. Cinq fois vainqueur de l'Omnium, le joueur de 61 ans est une légende vivante en Grande-Bretagne et il sera lui aussi des rondes du week-end.

Attirée par le beau temps, la foule était encore considérable et il fallait beaucoup de patience pour atteindre le Club Royal St George en matinée. La température est restée clémente toute la journée, même si le vent rendait le parcours plus difficile qu'il en avait l'air à la télévision.

Déjà toutefois, de gros nuages noirs se formaient au-dessus de la Mer du Nord et annonçaient une journée autrement difficile samedi...