Il faisait un temps superbe, le terrain était permissif, et la bière coûtait 19 $ US. Un premier tour à l’image des plus beaux tournois majeurs, jeudi, au Championnat de la PGA, qui a été dominé pratiquement de bout en bout par Rory McIlroy.

Mis à jour le 19 mai
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Jumelé avec Jordan Spieth et Tiger Woods, McIlroy a épaté la galerie au club de golf de Southern Hills, à Tulsa, en Oklahoma. Ce trio était le plus intéressant à suivre. D’abord, parce que Tiger Woods. Ensuite, parce que Spieth est l’un des meilleurs joueurs actuellement sur le circuit de la PGA et qu’il est en quête du grand chelem. Puis, parce que McIlroy a terminé deuxième au dernier Tournoi des Maîtres et qu’il est l’un des joueurs les plus appréciés sur le circuit.

Ils ont pris le départ vers 9 h et ils ont commencé par le neuf de retour. McIlroy a semblé rapidement très à l’aise sur le parcours, chose rare pour le Nord-Irlandais, qui a souvent éprouvé de la difficulté lors des premiers tours en tournoi majeur. Ce qui l’a souvent forcé à jouer du golf de rattrapage.

Ce ne sera pas le cas cette semaine. Il a pris les devants avec un excellent tour de 65 (- 5).

McIlroy a déjà remporté le Championnat de la PGA à deux reprises, en 2012 et 2014, et il avait aujourd’hui des airs semblables à ceux du joueur fougueux, souriant et prometteur qu’il était à l’époque. Nous avons revu le McIlroy du bon vieux temps.

Dès le départ, il a prouvé qu’il était là pour gagner. L’outil qui a fait la renommée de McIlroy depuis le début de sa carrière, le bois de départ, a été son arme de prédilection encore aujourd’hui. Si certains joueurs ont joué de manière plus conservatrice, le golfeur de 33 ans est resté fidèle à lui-même.

Il a obtenu une moyenne de près de 350 verges par coup de départ, plus que quiconque jeudi. Le roulement offert par le terrain a aussi pu profiter au meneur. Il n’a raté que quatre allées, et c’est ce qui lui a permis, la plupart du temps, d’être en excellente position pour ses coups d’approche.

Le tenant de 14 titres sur le circuit de la PGA, dont 4 victoires en tournoi majeur, a été étonnant avec son jeu court. Il a été très précis et il a su exploiter la réceptivité des verts à merveille. Il a été en mesure de bien lire les roulés et de caler plusieurs roulés importants, sur de moyennes distances, ce qui n’est pas nécessairement sa grande force non plus, habituellement.

C’est une combinaison de tous ces éléments qui lui a permis de se détacher du peloton rapidement, en réussissant des oiselets aux 12e, 13e, 14e et 15e trous. Il a effectué un boguey seulement au 15e trou qu’il a joué.

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Rory McIlroy, au 5e trou

Le Southern Hills est un terrain très traditionnel, qui n’est pas composé d’énormément de pièges, mais qui n’offre pas de cadeaux non plus.

McIlroy a terminé le premier tour avec sept oiselets, neuf pars et deux bogueys.

Il a été excellent, et la suite est prometteuse. Il pourrait très certainement triompher pour la première fois depuis novembre 2019, mais il reste encore énormément de golf à jouer.

Will Zalatoris, qui a été très productif sur les verts, arrive au deuxième rang, à - 4, tout comme Tom Hoge. Matt Kuchar, Abraham Ancer, Justin Thomas et Lucas Herbert suivent à - 3.

John Daly, le revenant

Celui qui a retenu l’attention au premier tour était pour le moins inattendu. John Daly, que beaucoup se sont surpris à revoir jouer de manière compétitive, a été le meneur pour une bonne partie de la matinée. Il a été au sommet du classement jusqu’au septième trou et il est demeuré parmi les meneurs jusqu’à la moitié du deuxième neuf.

Vêtu d’un polo vert et d’un pantalon aussi coloré que sa personnalité, l’énigmatique golfeur de 56 ans a somme toute bien négocié les allées du parcours, avec l’élan particulier qui a tant fait parler dans les années 1990.

Sauf qu’il a chuté au classement lorsque les meilleurs joueurs ont commencé leur journée.

Daly a remporté cinq titres sur le circuit de la PGA, et son premier a été acquis justement dans le cadre du Championnat de la PGA, en 1991. La dernière fois qu’il a savouré une victoire, c’était en février 2004, à l’invitation Buick, qui est devenue avec les années l’Omnium Farmers Insurance. Il a terminé la journée à 72 (+ 2).

L’effet Tiger, malgré tout

Si la foule avait l’air beaucoup moins nombreuse en après-midi, c’est en grande partie parce que Tiger Woods jouait en matinée. Comme c’est le cas dans tous les tournois auxquels participe le tigre, les gens se sont massés autour de son groupe et lui tout au long du tour.

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Tiger Woods

Même s’il se sentait plus en forme et en meilleure condition physique qu’au Tournoi des Maîtres, l’athlète de 46 ans, qui est passé à un cheveu de la mort il y a 15 mois, a fait moins bonne figure qu’en Géorgie il y a un mois.

Il a joué la normale sur son premier neuf, mais tout s’est écroulé au second. Visiblement endolori et moins explosif plus le tour progressait, Woods n’a pu éviter les pièges et a été victime de cinq bogueys. Il a terminé sa journée à - 4, alors il devra connaître toute une performance vendredi pour espérer faire partie des tours du week-end.