(Mamaroneck) Ce n’était pas le genre de plaisir que Justin Thomas envisageait dans le cadre de l’Omnium des États-Unis, à Winged Foot. Mais il va le prendre.

Doug Ferguson
Associated Press

Tout le monde s’attendait à ce que le parcours soit à la hauteur de sa réputation légendaire ; c’est-à-dire très difficile, et impardonnable envers les golfeurs qui manquent de précision.

L’Américain de 27 ans a profité d’un parcours étonnamment doux et réceptif jeudi matin pour remettre une carte de 65 (- 5), la meilleure ronde lors des six dernières éditions de l’Omnium des États-Unis présentées sur ce terrain conçu par l’architecte A. W. Tillinghast.

« Ouais, 65 c’est amusant, peu importe où tu joues, mais encore davantage à Winged Foot, a reconnu Thomas. J’étais dans un très bon état d’esprit, et j’étais concentré. J’ai suivi ma routine attentivement, sur chaque coup, plutôt que de me projeter vers l’avant. C’est le genre de ronde où… tu te lèves la tête, tu es en train de faire ton coup roulé au 18e trou, et ta ronde est terminée. »

Le meilleur résultat précédent dans le cadre de l’Omnium des États-Unis avait été un 66, par Fuzzy Zoeller, en deuxième ronde du tournoi en 1984.

« Les verts sont réceptifs, a dit Thomas. Je m’attendais à ce qu’ils soient plus durs, mais j’ai entendu dire qu’ils étaient comme ça afin qu’ils soient comme ils [les organisateurs] l’espèrent ce week-end… Ça reste Winged Foot. Il faut réussir tes coups. C’était mon plan de match cette semaine.

Ouais, il faut respecter le parcours. Mais si mes coups de départ sont bons et que je joue bien, alors il faudra que j’essaie de caler des oiselets.

Justin Thomas, meneur après la première ronde

Ce résultat lui a permis de bénéficier d’une avance d’un coup devant le Belge Thomas Pieters, l’Américain Patrick Reed et Matthew Wolff, un Californien âgé de 21 ans qui participe au tournoi pour la première fois de sa carrière.

L’Irlandais du Nord Rory McIlroy suit un coup derrière, en compagnie de nombreux autres golfeurs – une situation étonnante, car le parcours de Winged Foot n’avait jamais permis à autant de golfeurs (21) de jouer sous la normale en première ronde de l’Omnium des États-Unis.

Reed s’est notamment illustré en réussissant le premier trou d’un coup au septième trou, une normale 3 de 165 verges. Will Zalatoris, meneur au classement du circuit Korn Ferry, l’a imité quelques heures plus tard.

« Ç’aurait été fou. Ici, à New York, les spectateurs sont formidables, a confié Reed à propos de l’absence de la foule. C’est malheureux que le tournoi soit à huis clos, parce que ç’aurait été une expérience merveilleuse. Mais en même temps, un trou d’un coup, c’est un trou d’un coup. Je vais le prendre quand même. »

Thomas a totalisé six oiselets et a couronné sa ronde avec un coup roulé de 25 pieds sur le 18e vert qu’il a à peine effleuré afin que la balle puisse dévaler l’une des nombreuses pentes intimidantes qui ponctuent le parcours de Winged Foot vers la coupe.

Des ennuis pour Woods, Morikawa et Mickelson

Il jouait en compagnie du champion en titre du Tournoi des Maîtres, Tiger Woods, et du champion du Championnat de la PGA, Collin Morikawa, qui n’a pu se mettre en marche assez rapidement pour suivre la cadence.

Woods a frappé sa balle dans cinq fosses de sable en cinq trous avant de retrouver son aplomb. Il a enchaîné avec trois oiselets consécutifs au virage pour se retrouver sous la normale — brièvement. Il a commis trois bogueys sur le neuf de retour, mais pouvait toujours aspirer à un bon résultat. Sauf qu’il a tout saboté.

Installé à l’entrée du 18e vert, Woods a raté son coup d’approche lobé, a expédié son suivant environ huit pieds derrière le fanion, et a raté son coup roulé pour le boguey. Il a fini par signer une carte de 73 (+ 3).

Ce n’est pas la fin de ronde que j’espérais.

Tiger Woods, avec une phrase qu’il a répétée à cinq reprises lors des six dernières questions qui lui ont été posées après sa ronde

Morikawa a aussi connu des ennuis, après avoir joué 40 sur le neuf de retour pour un pointage cumulatif de 76 (+ 6).

Les choses n’ont guère mieux été pour Phil Mickelson, qui tente de compléter son Grand Chelem.

De retour à l’endroit où il a commis un double boguey au 72e trou qui l’a privé du titre à l’Omnium des États-Unis en 2006, Mickelson a entamé sa ronde avec deux oiselets, mais joué sous 80 de justesse.

Il a visité l’herbe longue des deux côtés de l’allée du 18e et remis une carte de 79 (+9). Dustin Johnson, le golfeur no 1 au monde, a manqué de précision sur les verts et s’est contenté d’un pointage de 73 (+ 3).

Corey Conners, de Listowel, en Ontario, et Taylor Pendrith, de Richmond Hill, en Ontario, ont joué 71 (+ 1), tandis qu’Adam Hadwin, d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, et Mackenzie Hughes, de Dundas, en Ontario, ont suivi un coup derrière (+ 2).

— Avec La Presse Canadienne