(Melbourne) Comme sur le parcours du Augusta National au printemps, Tiger Woods a été incapable de contrôler ses émotions, sauf que le contexte était différent.

Doug Ferguson
Associated Press

Le Tournoi des Maîtres, la victoire lui revenait. Cette fois-ci, la victoire revenait à 11 joueurs — parfois ses coéquipiers sur le terrain, toujours sous sa direction à titre de capitaine — qui ont permis aux États-Unis de remporter une autre Coupe des Présidents… et de voir Woods au bord des larmes.

Et lorsque le point décisif a été affiché sur le tableau indicateur, dimanche, à Royal Melbourne, Woods a célébré avec quiconque il pouvait trouver, les serrant assez fort dans ses bras pour les empêcher de respirer.

PHOTO WILLIAM WEST, AFP

Tiger Woods et Rickie Fowler

« Chaque fois que vous vivez des moments où vous parvenir à réaliser quelque chose qui est plus grand que nous, en tant qu’individus, c’est tellement plus significatif et tellement plus spécial », a expliqué Woods.

Les Américains ressentaient la même chose.

Face à un déficit pour la première fois en 16 ans, les membres de la délégation américaine ont suivi la voie que Woods allait tracer. Premier joueur-capitaine en 25 ans, Woods a disputé le premier des 12 matchs en simple et a vaincu Abraham Ancer pour sa 27e victoire à la Coupe des Présidents, un record.

Il venait de donner le ton.

Patrick Reed, battu lors de ses trois matchs et chahuté parce qu’il avait enfreint un règlement la semaine dernière lors d’un tournoi aux Bahamas — à un point tel que son cadet a bousculé un spectateur et a été tenu à l’écart dimanche —, menait par six coups après les sept premiers trous.

Dustin Johnson, à son premier tournoi depuis le Championnat du circuit après qu’il eut subi une opération à un genou, menait par quatre après sept trous.

La performance la plus inspirante est peut-être venue de Tony Finau, dans le deuxième duel. En déficit de quatre trous contre le Japonais Hideki Matsuyama après dix trous, Finau a gagné les quatre suivants et a permis aux États-Unis de récolter un demi-point, accentuant la pression sur l’équipe Internationale.

PHOTO ANDY BROWNBILL, AP

Le Japonais Hideki Matsuyama, de l’équipe Internationale, serre la main de l’Américain Tony Finau (à droite)

Sans même remporter son match, Matt Kuchar a procuré le point décision, grâce à un roulé de cinq pieds pour un oiselet sur le 17e vert.

Les deux derniers matchs en simple ont pris fin avec des égalités pour un score final de 16-14. Les Américains ont égalé un record de la Coupe des Présidents en gagnant huit des 12 duels en simple.

« C’était vraiment plaisant de faire partie d’une équipe avec Tiger comme capitaine, a déclaré Kuchar. Nous comptions sur quelques-uns des plus grands golfeurs au monde, et lorsqu’il parle, nous écoutons. Je pense que chacun d’entre nous accrochera des photos sur ses murs en disant “Nous avons joué pour et avec Tiger Woods, le plus grand joueur de l’histoire.” C’était fantastique. »

PHOTO WILLIAM WEST, AFP

L’Américain Matt Kuchar

Pour l’équipe Internationale, qui espérait mettre fin à une disette de deux décennies, il s’agit d’un revers cruel.

Ernie Els, qui a terminé immédiatement derrière Woods plus souvent que n’importe quel autre golfeur, avait assemblé la plus jeune équipe internationale de l’histoire. Pour la première fois depuis 2003, lors du duel tenu en Afrique du Sud, elle détenait l’avance avant les matchs du dimanche.

« J’ai suivi un plan et ça n’a pas fonctionné, mais on est passé vraiment près, a déclaré Els. Si vous comparez notre équipe sur papier à d’autres équipes dans d’autres sports, vous auriez de nous. Mais nous avons offert une belle résistance et nous sommes venus vraiment près de vaincre et de surprendre l’une des plus grandes équipes de golf de tous les temps. »

Els aura probablement une deuxième chance à titre de capitaine de l’équipe Internationale. Woods ? On verra.

« Nous aurons cette discussion dans le futur, mais pas maintenant. Nous allons savourer celle-ci. »