(Portrush) À peu près tout le monde savait qui allait triompher, sauf Shane Lowry.

Doug Ferguson
Associated Press

Il y a un an, il s’est assis dans le stationnement du parcours de Carnoustie et n’a pu retenir ses sanglots après avoir raté le seuil de qualification de l’Omnium de golf britannique pour une quatrième année de suite.

Même avec une avance de quatre coups dimanche à Royal Portrush, par des vents impétueux et une pluie battante, Lowry ne cessait de dire à son cadet qu’il était nerveux et effrayé, craignant de ruiner une fin en conte de féés du premier Omnium britannique présenté en Irlande du Nord en 68 ans.

« Je suppose que je ne savais même pas, ce matin, si j’étais assez bon pour gagner un tournoi majeur, a confié Lowry. Et regardez, je suis ici maintenant, champion d’un tournoi majeur. Je n’arrive pas à croire que je le dise, honnêtement. »

Grâce à des nerfs d’acier et beaucoup de doigté autour des verts, Lowry a donné aux spectateurs ce qu’ils voulaient voir. Il a enduré la pire météo de la semaine, a résisté à la pression dominicale et aux attentes de partisans qui acclamaient chacun de ses gestes, et il a remporté l’Omnium britannique par six coups gràce à un dossier cumulatif de 269, 15 coups sous la normale.

Deux Irlandais ont désormais remporté un tournoi majeur, soit lui et Harrington. Les Nord-Irlandais McDowell, Rory McIlroy, Darren Clarke et Fred Daly ont aussi gagné de telles compétitions.

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Shane Lowry embrasse la Claret Jug.

« Tout le monde sait que nous sommes un seul pays quand il est question de golf », a dit Lowry.

Il était incapable de penser à autre chose que sa marche vers le dernier trou du parcours, et ça s’est passé comme il l’avait imaginé.

Et au moment où la pluie s’est arrêtée, les larmes ont commencé à couler.

« Je ne peux pas croire que c’est moi qui suis ici, a déclaré Lowry, tout en serrant dans ses bras la Cruche d’argent. Je ne peux pas croire que ceci m’appartient. »

Lowry a complété le tournoi avec un score de 72, un coup au-dessus de la normale. C’était la première fois depuis 1996 que le champion de l’Omnium britannique joue au-dessus du par lors de la quatrième ronde, mais sa performance n’en demeure pas moins impressionnante.

Le vent, assez puissant pour casser un parapluie, était plus embêtant encore que la pluie. Lowry a commis quatre bogues sur la section la plus difficile du parcours sans perdre de terrain.

Aucun joueur parmi les 12 derniers groupes n’a joué sous la normale. Personne ne s’est approché à moins de trois coups de Lowry dimanche.

« C’était le moment de Shane, le tournoi de Shane », a témoigné le Britannique Tommy Fleetwood, auteur d’une ronde finale de 74 qui lui a quand même permis de terminer à titre de vice-champion pour la deuxième fois à un tournoi du Grand Chelem.

Les milliers de spectateurs qui se sont massés autour du parcours situé en bordure de l’Atlantique Nord ont commencé à fêter lorsque Lowry a calé un roulé de huit pieds pour un oiselet au 15e trou qui lui procurait une avance de six coups avec trois trous à jouer.

À chaque trou qu’il négociait, son sourire s’élargissait. Les applaudissements devenaient plus forts.

Lorsque son coup d’approche au 18e s’est arrêté sur la frise, il a étiré ses bras et fait l’étreinte à son cadet, Bo Martin, vers lequel Lowry s’est tourné avec une honnêteté désarmante.

« Il a été excellent pour garder ma concentration au moment présent, a raconté Lowry. Je lui répétais à quel point j’étais nerveux, effrayé, à quel point je ne voulais pas tout saboter. Tout ce à quoi je pensais, c’était de marcher dans l’allée du 18e trou avec une avance de quatre ou cinq coups. J’ai été chanceux d’y parvenir. »

Les cris les plus retentissants se sont fait entendre lorsqu’un court roulé a confirmé que Lowry était le champion d’un tournoi du Grand Chelem.

« Il a joué brillamment », a loué le Britannique Lee Westwood, après avoir arraché une ronde de 73 qui lui a permis de terminer à égalité au quatrième échelon.

« Tous ceux qui étaient à sa poursuite espéraient des conditions difficiles et de toute évidence, il a joué avec brio pour inscrire un tel score face à toute cette pression. »

L’Américain Tony Finau a ramené une carte de 71 pour finir seul au troisième rang, bien qu’il n’ait jamais pu s’approcher à moins de sept coups du vainqueur.

Le Canadien Adam Hadwin a conclu le tournoi avec un 73 pour 288, à plus quatre.