La Coupe Ryder, la compétition la plus excitante du monde du golf, n'a pas besoin d'aide pour soulever les passions.

DOUG FERGUSON ASSOCIATED PRESS

Tiger Woods a pourtant réussi à créer encore plus d'engouement.

Woods avait des airs du golfeur dominant qu'il a déjà été lorsqu'il a mené les 36 derniers trous au Championnat du circuit, ne laissant personne le rattraper jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Il s'agit d'une performance d'autant plus remarquable quand on se rappelle que son avenir semblait bien sombre il y a à peine un an après avoir subi quatre chirurgies au dos.

Woods agissait comme vice-capitaine à la Coupe des présidents il y a exactement un an et il confiait alors qu'il pourrait ne jamais revenir à la compétition. À son retour au jeu à un tournoi de la PGA, Jim Furyk l'a choisi comme vice-capitaine en vue de la Coupe Ryder.

Et puis il l'a sélectionné pour faire partie de l'équipe. Et Woods a maintenant signé sa première victoire en plus de cinq ans.

«C'est évidemment une bonne source de motivation pour notre équipe», a déclaré Furyk lundi, quelques heures après l'atterrissage de l'avion de l'équipe américaine à Paris.

Toute l'équipe américaine était à bord d'un vol nolisé qui est arrivé à Paris vers 12h45. Le capitaine européen Thomas Bjorn est arrivé en fin de semaine dernière, tout comme certains de ses joueurs. Six d'entre eux étaient à East Lake pour le Championnat du circuit. La première journée officielle d'entraînement est mardi.

La journée de lundi a donc été autant un moment pour parler de Woods que de se reposer en vue d'une semaine bien remplie au parcours Golf National à l'ouest de Paris.

«J'ai passé 25 ans à jouer au golf professionnel avec Tiger Woods, et chaque fois qu'il fait quelque chose de formidable, c'est toute une histoire. Et c'est là que nous voulons le voir, a déclaré Bjorn, le seul joueur associé à Woods pendant 72 trous à l'avoir battu. C'était à Dubaï en 2001.

«Il a fait tellement pour le golf, a poursuivi Bjorn. En regardant ça la nuit dernière, j'ai trouvé que c'était génial. C'était formidable pour le golf en général.»

Les cotes d'écoute à la télévision en témoignent.

NBC Sports Group a révélé que le Championnat du circuit a obtenu une cote de 5,21, la plus élevée pour la télédiffusion des éliminatoires de la Coupe FedEx en 12 ans.

«Au final, peu importe ce que les 24 gars vont faire cette semaine, le golf a besoin de ce coup de pouce d'un joueur comme lui qui transcende le sport pour les foules, a ajouté Bjorn. Tout le monde en sort gagnant.»

Maintenant que Woods a renoué avec le succès, Furyk et l'équipe américaine espèrent que le passé n'est pas garant du présent pour lui à la Coupe Ryder.

Malgré tout ce qu'il a réalisé - 80 victoires sur le circuit de la PGA, 14 titres majeurs, premier rang mondial pendant 683 semaines - il a un palmarès de 13-17-3 à la Coupe Ryder et il n'a fait partie que d'une seule équipe victorieuse depuis sa première participation en 1997.

«Nous ne craignons personne, car nous les avons affrontés tant de fois par le passé, a soutenu Bjorn. Mais nous respectons nos adversaires et savons à qui nous sommes confrontés. Ce que nous savons, c'est que nous affrontons l'une des équipes américaines les plus fortes de tous les temps. [...] Nous allons faire ce que nous avons à faire comme équipe européenne sur le terrain.»

Et l'Europe l'a bien fait au fil des ans.

Les Américains n'ont pas remporté la Coupe Ryder à l'étranger depuis 1993, une disette dont Furyk a entendu parler depuis qu'il a été nommé capitaine en janvier 2017. Les Américains ont confiance en leur victoire à Hazeltine il y a deux ans - Woods était vice-capitaine cette semaine-là - et en leur équipe qui compte neuf grands champions.

Cela en fait les favoris sur papier. Mais cela n'est pas synonyme de succès, comme le suggère l'histoire récente. Malgré la défaite subie il y a deux ans, l'Europe a néanmoins remporté huit des 11 dernières éditions depuis la victoire américaine de 1993 au parcours The Belfry.