Chaque fois que Rory McIlroy frappait un coup, il y avait un record à battre, une parcelle d'histoire à écrire.

Eddie Pells ASSOCIATED PRESS

Ce fut là le seul suspense de l'Omnium des États-Unis 2011. Il ne faisait aucun doute que le jeune homme natif d'Irlande du Nord allait l'emporter.

> Philippe Cantin: Le déclin de l'empire américain

Ainsi, en parfait contrôle de ses émotions tout au long du parcours, McIlroy a remporté son premier titre majeur à l'Omnium des États-Unis par huit coups, et a brisé du même coup le record pour le meilleur pointage cumulatif par une énorme marge de quatre coups.

> Le classement final

McIlroy a remis une carte de 69 (-2) dimanche pour compléter le tournoi de quatre jours disputé sur les allées du Congressional à -16 (268), abaissant ainsi la marque précédente détenue par quatre golfeurs, dont Jack Nicklaus et Tiger Woods.

«J'ai essayé de me présenter sur le terrain aujourd'hui (dimanche) et de reproduire ce qu'il (Woods) avait fait, a confié McIlroy. J'ai bien joué pendant quatre jours, et je ne peux être plus heureux.»

Après son dernier roulé, Gerry McIlroy est venu à la rencontre de son fils tandis que celui-ci quittait le vert.

«Bonne fête des Pères», a dit le nouveau champion.

Certes, bonne fête des Pères.

Il y a deux mois, McIlroy avait saboté une avance de quatre coups lors de la ronde finale du Tournoi des Maîtres. Après avoir frappé son coup de départ au 10e trou du Augusta National près d'un abri en retrait de l'allée, le Nord-Irlandais s'était effondré, remettant une carte de 80 pour se retrouver en 15e position.

Cette fois, son coup au 10e a démontré tout le chemin parcouru depuis sa déconfiture. Sur cette normale 3 de 214 verges, il a cogné la balle au-delà du trou, puis l'a regardée atterrir et entamer une rotation vers l'arrière jusqu'au bas du vallon, stoppant sa course à quelques pouces seulement de la coupe. Il s'est mordu la lèvre. «Ooooh», a-t-il lâché. Ouais, c'était incroyable.

Il a ensuite poussé la balle au fond du trou pour un oiselet et s'est retrouvé temporairement à -17, dans un tournoi qui n'avait jamais permis à un golfeur de se retrouver sous la barre du moins-12 avant vendredi.

Il a bouclé la compétition à -16, s'approchant à trois coups du meilleur score de l'histoire des tournois majeurs (-19) - établi par Woods au St. Andrews en 2000. Néanmoins, McIlroy a inscrit son nom à de nombreux endroits dans le livre des records.

Il détient le meilleur pointage après 36, 54 et 72 trous sur l'un des parcours les plus exigeants du golf, et il est devenu seulement le troisième joueur de l'histoire de l'Omnium des États-Unis à jouer sous la barre des 70 lors des quatre rondes.

Il l'a fait à 22 ans, soit au même âge que Nicklaus lorsque ce dernier a remporté le premier de ses 18 titres majeurs - un record toujours inégalé. Les deux golfeurs sont devenus amis et le «Golden Bear» a dit apprécier ce qu'il a vu jusqu'ici de McIlroy.

«Je crois que le jeune va avoir une belle carrière», a mentionné Nicklaus en entrevue à NBC. «Je ne pense pas qu'on puisse contester cela. Il a tous les outils pour y parvenir.»

Jason Day a bouclé la compétition à -8, une performance suffisante pour lui permettre de s'emparer seul de la deuxième position à son deuxième tournoi majeur seulement en carrière. Kevin Chappell, Lee Westwood et Robert Garrigus ont terminé à égalité en troisième position à -6.

À peu près tout le monde, sauf Westwood, avait concédé la victoire à McIlroy avant même le début de la ronde finale. C'était le cas pour l'Anglais Luke Donald, le numéro 1 mondial.

«Comme je l'ai dit auparavant, je crois que je n'ai jamais vu un golfeur aussi talentueux que lui (McIlroy), a déclaré Donald, qui a terminé à +5. C'était superbe de le voir jouer, avec un élan aussi fluide, et il frappe vraiment fort.»

«On pouvait déjà dire depuis un certain temps que Rory avait ce genre de talent, mais de le voir accomplir ce type de performance c'était quelque chose d'assez unique», a ajouté Phil Mickelson, qui a joué 71 dimanche pour boucler le tournoi à +7.

«Venant de ce jeune-là, il n'y a rien qui puisse me surprendre. Je n'ai jamais vu un meilleur joueur de toute ma carrière», a assuré Graeme McDowell, vainqueur de l'Omnium des États-Unis l'an dernier et compatriote de McIlroy.

Ce dernier a gardé la tête froide tout au long de la ronde, demeurant concentré sur son plan de match et les coups qu'il avait à exécuter, plutôt que sur le championnat. Enfin, tandis qu'il marchait vers le 18e vert, il a salué la foule et a souri aux amateurs, sachant qu'il venait de réaliser l'une des performances les plus impressionnantes de l'histoire moderne du golf.

Adam Hadwin (68), d'Abbostford, en Colombie-Britannique, a complété le tournoi à +3. Wes Heffernan (78), de Calgary, a pour sa part éprouvé des ennuis et terminé à +19.