Eh bien voilà, le débat du pile ou face dans la NFL est reparti. Pourquoi? Parce que dimanche soir, l'un des plus grands quarts de la NFL n'a jamais pu toucher au ballon en prolongation.

Richard Labbé LA PRESSE

Dois-je rappeler les faits? Avec un score de 28-28 au Superdome après 60 minutes de jeu, les Saints de La Nouvelle-Orléans ont gagné le pile ou face contre les Vikings du Minnesota... avant de gagner le match à la suite d'un botté de 40 verges en prolongation. Ce n'est pas tant le botté qui a fait jaser ensuite, mais bien le pile ou face... Parce que Brett Favre a eu à jouer le rôle de spectateur pendant la prolongation. Comme nous.

Le débat du pile ou face dans la NFL fait rage depuis plusieurs années déjà. Mais là, le débat va se transformer en drame national, et je ne serais même pas surpris si le président Obama devait s'en mêler.

Mais c'est comme ça dans la NFL. En prolongation, le premier qui marque l'emporte. Point final. Dimanche soir, les Saints ont marqué les premiers, et Brett Favre a dû rentrer chez lui sans même pouvoir toucher au ballon. Décevant? Un peu... surtout pour les fans de Brett et des Vikings!

Cette situation un brin absurde vient nous rappeler que la NFL devrait repenser sa prolongation. La chose à faire, ce serait d'offrir une série en attaque à chaque club. Aussi simple que ça. S'il y a encore égalité après ça, le premier qui marque l'emporte. Ce n'est pas compliqué, non?

Cela dit, les Saints méritaient la victoire. Les gars à la fleur de lys ont su profiter des erreurs des Vikings (cinq revirements, et je ne parle même pas des pénalités idiotes), ils ont su faire les jeux importants quand ça comptait, et ils méritent pleinement de faire leurs valises pour Miami.

Mais pour le spectacle, pour le suspense, je pense qu'on aurait tous aimé revoir le vieux Brett sur le terrain. Pour une dernière fois.

C'est donc la grande question. Reviendra, reviendra pas? Inutile de me le demander, je n'ai aucune idée. Brett non plus, d'ailleurs. Sauf qu'après le match de dimanche, après s'être fait brasser solidement pendant plus de trois heures, le Brett avait l'air d'un gars qui en a assez. Il a même laissé entendre au réseau ESPN qu'un retour au jeu la saison prochaine était «hautement improbable» (ce sont ses mots).

On verra bien. Les paroles du vieux Brett, parfois, ça vaut autant qu'une carte recrue de JaMarcus Russell, alors attendons un peu. De toute façon, le Brett a le temps de changer d'idée environ 20 000 fois d'ici juillet.

N'empêche que si c'est vraiment la fin, le Brett aura fini ça à sa façon: en risquant sur une passe qu'il n'aurait jamais dû décocher.

Et si c'est vraiment la fin, ça veut dire que Favre aura lancé sa première passe dans la NFL à lui-même, et sa dernière à un adversaire. Pour un joueur qu'on a souvent qualifié d'égoïste et d'imprévisible, cela ne manque pas d'ironie.

Le Brett n'y sera peut-être pas, mais on aura quand même droit à un Super Bowl de qualité. La meilleure équipe de la Conférence américaine contre la meilleure équipe de la Conférence nationale, ça n'arrive pas souvent. La dernière fois, c'était en 1993, quand les Cowboys de Dallas avaient affronté les Bills de Buffalo. Celui-là s'était terminé en faveur des Cowboys plutôt facilement (30-13), mais je pense que ça va être plus serré entre les Saints et les Colts le 7 février à Miami.

Que demander de plus, vraiment? Un joueur québécois chez les Colts (Samuel Giguère), un joueur d'origine haïtienne aussi (Pierre Garçon), deux quarts qui sont au sommet de leur forme en Peyton Manning et Drew Brees, un club qui se retrouve là après des décennies de futilité (ça, c'est les Saints), et un célèbre papa, Archie Manning, qui verra son fils jouer contre son ancien club à lui.

D'ailleurs, j'ai hâte de voir le nombre de fois où Archie Manning va être montré par les caméras durant la semaine du Super Bowl. Papa Manning risque de devenir encore plus célèbre que la femme de Brett Favre.

Il y aura bien sûr les partys à Miami, les bonnes histoires, peut-être aussi quelques déclarations juteuses. Mais par-dessus tout, il va y avoir un match de football. Et ça risque d'être tout un match.