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Brett, le simple mortel

Il y a de ces charmantes traditions de fin d'année qui ne veulent pas mourir,... (Photo: AP)

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Il y a de ces charmantes traditions de fin d'année qui ne veulent pas mourir, et parmi celles-ci, il y en a une que j'adore particulièrement: spéculer sur l'avenir de Brett Favre.

Ça doit bien faire cinq ans qu'on chuchote que Favre en est à sa dernière saison. Un peu comme les Stones ou Nana Mouskouri, Favre ne sait pas s'arrêter. À chaque fois qu'on le croit mûr pour la maison de retraite, il s'accroche. C'est plus fort que lui.

 

Mais cette fois-ci, on dirait bien que le Broadway Brett en est à ses derniers milles.

Le premier indice nous est venu de Brett lui-même au terme du match contre les Bills de Buffalo, dimanche dernier. Un match difficile pour lui (cote d'efficacité: 61,4), et une victoire obtenue à l'arraché contre des Bills fort généreux. En sortant du terrain, Favre a poussé le commentaire suivant, qui a provoqué quelques secousses bien senties à New York et dans tout le New Jersey: «Peut-être que je n'ai plus le bras que j'avais.» Ensuite, Chris Mortensen, le vétéran reporter d'ESPN, a prédit que cette saison était probablement la dernière de Favre.

On verra bien. Mais il y a un petit truc qui me chicote, un petit détail qui me laisse croire que cette fois, c'est peut-être bel et bien la fin, en effet. Il y a un an, Favre projetait l'image d'un joueur immortel, capable d'éviter les ravages du temps. Plus maintenant. De nos jours, Favre a l'air de ce qu'il est: un joueur de 39 ans en fin de parcours.

Au cours des trois derniers matchs, l'ancien des Packers s'est révélé un quart tout à fait ordinaire. Cote d'efficacité de 60,9 contre les Broncos de Denver, de 60,8 contre les 49ers de San Francisco, et bien sûr de 61,4 contre les Bills. Ces trois équipes, soulignons-le, ne sont pas exactement des puissances.

Pour la première fois de sa carrière, Brett Favre a l'air du gars qui s'accroche, du gars dont les meilleurs jours semblent loin derrière. Il a commis 17 interceptions cette saison, un sommet dans la NFL.

Pour la première fois de sa carrière, Brett Favre a l'air d'un simple mortel. Et ça ne lui va pas très bien.

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En allant chercher ce fier vétéran, les dirigeants des Jets se doutaient que l'expérience n'allait pas être très longue. On ne demande pas à un quart de 39 ans, aussi mythique soit-il, de piloter une attaque pendant les dix prochaines années.

Les Jets ont fait le pari des séries avec l'arrivée de Brett Favre. Favre, c'était un peu la cerise sur le baklava, surtout que les Jets n'avaient pas hésité à lancer les millions à gauche et à droite pour embaucher de nouveaux joueurs avant l'ouverture de la saison.

S'ils obtiennent une place en séries, alors là, l'expérience devra être considérée comme un succès. Sinon, l'expérience devra être perçue comme un échec retentissant. Imaginez si Favre devait quitter le navire cet hiver... Qui serait le quart de cette équipe la saison prochaine?

Le rêve des séries est encore bien vivant pour les Jets, qui vont affronter demain les pauvres Seahawks de Seattle. Peut-être que le vieux Brett va retrouver sa touche magique en enfonçant 300 verges dans la gorge des Seahawks. Peut-être que le vieux Brett va jouer le match de sa vie le week-end suivant, quand les Dolphins de Miami vont s'amener en ville. Ce choc pourrait décider du titre de division, rien de moins.

Mais j'ai l'impression que le Favre qu'on aimait, cet ado attardé qui lançait des bombes comme s'il était dans une cour d'école, j'ai l'impression que ce gars-là n'est plus le même.

J'ai mis les pieds deux fois à Green Bay la saison passée. J'ai vite constaté que Favre y était le roi, celui que les fans vénéraient, que les joueurs adoraient. Quand il arrivait dans le vestiaire, on se retournait pour le regarder avec admiration. C'était sa place, son royaume. Personne n'osait le remettre en question.

C'est bien différent chez les Jets. Les médias ne sont pas à ses pieds, et il y a un joueur, le receveur Laveranues Coles, qui l'a critiqué ouvertement à quelques reprises cette saison.

New York n'est pas Green Bay. Et le Brett des Jets ressemble bien peu au Brett des Packers. La grande différence, elle est là. Comme si le football, ce sport qu'il a tant aimé, était devenu un boulot pour lui.

Cette fois, ça sent vraiment la fin.

 




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