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À guichets fermés? Vraiment?

L'entraîneur-chef des Bills de Buffalo, Dick Jauron, s'est... (Photo: AP)

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L'entraîneur-chef des Bills de Buffalo, Dick Jauron, s'est permis un brin de jasette avec les représentants des médias, hier, sur le terrain du Rodgers Centre.

Photo: AP

(Toronto) C'est drôle, mais le premier truc que j'ai remarqué en arrivant dans le lobby de mon hôtel, hier midi à Toronto, c'est qu'il y avait encore des billets à vendre pour le match Dolphins-Bills.

Des billets à vendre? «Oui, absolument, m'a répondu la dame derrière son petit comptoir aux couleurs des Bills. Nous avons des billets à vendre, de 100$ à 275$. Vous en voulez combien?»

 

C'est drôle, oui. Parce que dans mon livre à moi, l'expression «à guichets fermés» signifie qu'il n'y a plus de billets à vendre. Rien. Zéro. Mais par ici, «à guichets fermés», ça veut dire qu'il n'y a plus de billets, mais qu'on peut en acheter quand même.

Je savais que le football est un sport compliqué, mais là, c'est vraiment trop pour moi.

Jeudi, rappelons-le, les Bills ont annoncé que leur match de cet après-midi à Toronto, ce match historique face aux Dolphins de Miami, allait être présenté à guichets fermés. Très bien. Mais hier, 24 heures avant le botté d'envoi, on pouvait encore acheter des billets.

J'insiste: c'est vraiment compliqué.

Pour les fans torontois, par contre, il n'y a rien de bien compliqué là-dedans: les billets sont trop chers. Point final. La NFL qui débarque avec ses gros sabots, c'est bien beau, mais pas question de payer 200$CAN en moyenne pour un billet. «Et surtout pour un billet dans ce stade de merde», m'a expliqué un fan torontois hier.

Ce «stade de merde», c'est bien sûr le Rogers Centre, anciennement le SkyDome, qui est au Torontois moyen ce que le Stade olympique est au Montréalais moyen (non, ce n'est pas un compliment). À Toronto, on trouve que les gradins du Rogers Centre sont trop éloignés du terrain, que le son est mauvais, et qu'il n'y a pas d'ambiance. Un peu comme dans notre gros désastre olympique, finalement.

Hier, en faisant le chemin sur Front Street - la rue fait le lien entre le Rogers Centre et le Centre Air Canada - j'ai vite remarqué que tout le monde cherchait des billets pour le match des Leafs. Mais je n'ai pas vu une seule personne qui voulait un billet pour le match des Bills.

Folie furieuse? Pas vraiment.

*****

Si les Bills sont à Toronto aujourd'hui, c'est à cause du géant Rogers Communications. C'est le groupe du regretté Ted Rogers qui a choisi de faire un gros chèque de 78 millions aux Bills, en retour de huit matchs au Rogers Centre, dont cinq matchs de saison régulière.

L'idée est bonne. Les Bills jouent dans un petit marché, l'avenir du club à Buffalo est au mieux incertain, alors un détour torontois pourrait mener à un éventuel déménagement dans un futur pas si lointain. C'est du moins l'intention du groupe Rogers, qui n'a jamais caché son jeu dans ce dossier.

Mais l'aventure est bien mal partie, et le fiasco des billets en est le meilleur exemple. Il est illusoire de penser que les fans de Toronto vont payer 200$ en moyenne pour un billet, alors qu'ils peuvent sauter dans la voiture et aller voir l'équipe à Buffalo pour le quart du prix.

En voyant que les ventes ne décollaient pas, les patrons de Rogers ont paniqué. Selon la rumeur, Rogers s'est mis à donner des billets à la pelle à ses employés. Le sénateur Larry Campbell m'a dit cette semaine que «tout le monde et son chien» avaient reçu des billets de courtoisie. Évidemment, ce genre de stratégie peut affecter les ventes; le fan moyen qui entend ces histoires ne va pas dépenser 200$ en sachant que Rogers donne des billets à gauche et à droite.

Au moment du botté d'envoi cet après-midi, les sièges du Rogers Centre seront sans doute tous occupés. Mais on aura l'impression que cet engouement a été créé de toutes pièces par Rogers et ses billets gratos.

Hier soir en tout cas, le gros sujet de conversation à Toronto, c'était le match des Leafs contre Washington. Des chandails d'Ovechkin et des chandails des Leafs, j'en ai vu en masse.

Mais je n'ai pas vu un seul chandail de J.P. Losman.

 




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