Cette saison, les Alouettes croiseront le fer quatre fois avec les Argonauts de Toronto. Ni l'une ni l'autre de ces équipes ne présentent plus le visage auquel elles nous avaient habitués au cours des dernières années. Ces changements, amorcés l'an dernier, semblent se confirmer cette année.

Mis à jour le 21 août 2013
Matthieu Proulx, collaboration spéciale LA PRESSE

Les Alouettes connaissent leur passage le plus difficile depuis le retour de l'équipe à Montréal en 1996. Seulement deux victoires au cours des sept derniers matchs, et une attaque qui a perdu son mordant. L'impact négatif de Dan Hawkins résonne encore fort chez les Moineaux après un virage complet du groupe d'entraîneurs pendant la saison morte. Si on ajoute la pléiade de blessures à des joueurs-clés, l'avenir semble plutôt sombre pour le club montréalais.

Pendant ce temps à Toronto, les choses ne pourraient aller mieux. Après avoir commencé la saison avec une victoire contre deux défaites, les Argos ont redressé le navire grâce à quatre victoires consécutives. Du côté des entraîneurs, c'est la stabilité. L'ancien des Alouettes, Scott Milanovich, en est à sa deuxième saison à la barre de l'équipe, après avoir remporté la Coupe Grey à son premier tour de piste avec sa nouvelle formation en 2012. Il s'est même permis d'ajouter Marcus Brady pendant la saison morte afin de le seconder à titre de coordonnateur offensif. Chris Jones pilote toujours sa défense, et Mike O'Shea orchestre le travail sur les unités spéciales maintenant pour une quatrième saison.

À Montréal, l'attaque dynamique de Marc Trestman a disparu bien malgré Jim Popp qui en avait fait une condition d'embauche de Hawkins. Et Anthony Calvillo, qui sera absent face aux Lions de la Colombie-Britannique demain soir, semble finalement avoir été rattrapé par son âge.

En l'absence de Calvillo, Josh Neiswander a bien fait tout ce qu'il pouvait samedi dernier, mais il n'a tout de même complété que 40% de ses passes et a été intercepté à deux reprises. Oui, il lui faudra du temps pour se développer et offrir une solution viable aux Alouettes, mais sa performance nous souligne encore une fois le manque de successeur au poste de quart-arrière.

Pendant ce temps à Toronto, Brady et Milanovich dirigent avec brio l'attaque mise sur pied par Trestman. Sacrée ironie! Malgré l'absence de receveurs de qualité comme à Montréal, Ricky Ray connaît une de ses meilleures saisons à vie. Depuis le début du calendrier, il a complété 78% de ses passes et n'a pas encore lancé une seule interception. De son propre aveu, il n'a jamais connu une séquence aussi efficace qu'au cours de ses trois dernières sorties, complétant 88% de ses passes et lançant 8 passes de touché. Un niveau d'excellence qui lui permet de remporter des matchs à lui seul.

Même en l'absence de Ray, son substitut Zach Collaros a rassuré les partisans torontois en offrant une solide performance. Face aux méchants Lions le 30 juillet dernier, Collaros a complété 20 de ses 25 passes tentées, en plus d'ajouter 3 passes de touché. Pas si mal comme plan B.

Du côté défensif, les Alouettes n'ont rien à envier aux Argonauts. Le talent est présent, mais la perte de son meilleur joueur, Kyries Hebert, pourrait faire mal à la formation montréalaise.

À Toronto, après un changement presque complet du personnel en défense, Chris Jones est en train d'opérer sa magie en transformant ce jeune groupe en une des défenses les plus robustes et combatives de la ligue. Parions qu'elle sera l'une des meilleures du circuit d'ici la fin de la saison.

Le calendrier pour les prochaines semaines n'avantage pas particulièrement une formation plus que l'autre. C'est ainsi que la série aller-retour entre les clubs pourrait bien être déterminante pour le classement final. Souhaitons pour les Alouettes que les nombreuses blessures ne soient pas aussi graves que prévu et que Jim Popp réussisse à redonner un peu de mordant à une équipe actuellement déplumée.