Ça y est, la rouille est partie. Chancelante à ses trois derniers matchs, l'attaque des Alouettes a retrouvé son rythme de croisière, hier, n'ayant à peu près pas été indisposée par la redoutable défense des Argonauts.

Miguel Bujold LA PRESSE

Improductifs près de la zone des buts au cours des trois derniers matchs, Anthony Calvillo et les siens ont inscrit cinq touchés - tous des jeux de 11 verges ou moins. Après avoir passé la moitié du dernier match à tenter des placements, Damon Duval n'en a botté que deux.

Même s'il a lancé peu de longues passes, Calvillo a terminé la rencontre avec 394 verges de gains, un total qui sert à démontrer son excellente lecture du jeu. Calvillo n'a pas conservé le ballon trop longtemps, a multiplié les passes rapides, et a bien varié ses cibles.

Jamel Richardson et Kerry Watkins ont connu une bonne soirée de travail, et la ligne à l'attaque a été sans reproches, aussi solide en protection que sur les jeux au sol. Mais la grande vedette de cette victoire aura sans contredit été Avon Cobourne, qui a marqué deux touchés, en plus de réussir son premier match de plus de 100 verges au sol et 100 verges par la passe depuis le 15 août 2008.

Discret depuis le début de la saison, Cobourne a bien couru tout au long du match, et a profité de belles ouvertures gracieuseté de sa ligne. Appelé à rester en protection plus souvent que d'habitude au cours du mois de juillet, Cobourne a enfin obtenu la chance d'avoir un impact important sur le match et le ballon entre les mains. Et il déçoit rarement lorsque c'est le cas.

L'entraîneur de la ligne à l'attaque, Jonathan Himebauch, me racontait cette semaine qu'il taquinait parfois Cobourne en lui disant qu'il était le troisième garde de l'attaque sur le terrain. «Il comprend que tout commence avec la protection du quart, et il fait toujours un travail colossal à ce niveau. C'est un gars d'équipe sur toute la ligne.»

Cobourne ne faisait pas l'unanimité dans l'équipe lorsqu'il est arrivé chez les Alouettes, il y a quelques années. Certains vétérans trouvaient qu'il prenait un peu trop de place. Or, faites le tour de tous les joueurs du club aujourd'hui, et vous n'en trouverez pas un seul qui ne considère pas le numéro 6 comme l'un des leaders et une pierre angulaire de l'équipe.

La défense a également participé à la fête, malmenant le porteur Cory Boyd et le quart Cleo Lemon pendant une bonne partie de la rencontre. Le plaqueur Eric Wilson m'avait mentionné que lui et ses coéquipiers allaient se faire un plaisir de bien initier Boyd au football canadien. Hier, le demi des Argos a passé plus de temps avec les soigneurs autour de lui qu'avec le ballon dans les mains. Disons que sa réputation de porteur en puissance a été quelque peu ternie.

Ce même Wilson a bien résumé le genre de saison que connaît son unité en 2010. «Lors des six premiers quarts de la saison, c'est comme si on était les Pierrafeu et qu'on essayait de démarrer la voiture en courant. Mais depuis la mi-temps du match à Edmonton (le deuxième de la saison), on a trouvé la clé et maintenant on pèse sur l'accélérateur.»

La défense de Tim Burke frappe tout ce qui bouge, ne concède presqu'aucun jeu important et ne permet jamais au passeur adverse de trouver sa zone de confort derrière sa ligne.

Avec l'attaque qui retrouve ses aises, les champions en titre commencent à ressembler au club dominant des deux dernières saisons. Faut croire qu'ils avaient besoin du temps d'entraînement dont ils ont pu bénéficier cette semaine.

Ça promet pour l'affrontement de la semaine prochaine contre les Roughriders. Si rien n'est prévu à votre horaire, ce serait le moment idéal pour venir faire une saucette au Stade Percival-Molson. Il s'agit des deux meilleures équipes de la LCF, bien que les Stampeders ne seraient peut-être pas d'accord.

Gagné-Marcoux, et non Marcoux-Gagné

En terminant, un correctif au sujet de l'un des joueurs les plus sympathiques de la LCF, le Québécois Cédric Gagné-Marcoux. Dans mon article d'hier sur les Argonauts, j'ai malencontreusement rebaptisé Cédric, Marcoux-Gagné... C'est bien Gagné-Marcoux. Mes excuses les plus sincères au garde originaire de la Gaspésie.