Jonathan Sénécal est l’un des plus beaux espoirs de l’histoire du football québécois. Considéré comme un joyau ou un prodige, le quart-arrière des Carabins de l’Université de Montréal a de grandes ambitions pour sa deuxième saison dans les rangs universitaires. Un retour à la normale qui pourrait lui ouvrir toutes les portes.

Publié le 16 août
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

L’athlète de 22 ans est le genre de joueur comme on n’en voit qu’une fois par génération. Depuis l’école secondaire, le Mirabellois est destiné à un brillant avenir. Son bras est d’une puissance et d’une précision inouïes, son intelligence du jeu est dangereusement supérieure à la moyenne et son potentiel est gigantesque.

« Clairement, on a un joueur spécial entre les mains et on s’attend à de grandes choses de Jonathan », a précisé l’entraîneur-chef des Bleus, Marco Iadeluca.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Marco Iadeluca et Jonathan Sénécal en finale de la Coupe Dunsmore, la saison dernière

Toutefois, les dernières saisons ont été frustrantes pour Sénécal. Après avoir établi plusieurs marques et offert le Bol d’Or au Phénix du Collège André-Grasset, il s’apprêtait à réécrire le livre des records lors de la saison 2019. Cependant, il s’est déchiré le ligament croisé antérieur lors du premier match des siens. Il a ensuite décidé de grossir les rangs des Huskies de l’Université du Connecticut, dans la NCAA, mais les complications liées à la COVID-19 ont mis fin à ses espoirs d’évoluer aux États-Unis. L’année dernière, avec les Carabins, toujours en contexte pandémique, il n’a joué que six des huit matchs, mais a été brillant en éliminatoires.

Sénécal amorcera la prochaine saison le couteau entre les dents pour montrer que les espoirs fondés en lui dans les dernières années étaient justes.

« Je suis vraiment excité pour la saison », a-t-il expliqué dans un local du CEPSUM, lundi.

Sénécal a mis les bouchées doubles pendant la saison morte pour apparaître plus fort et plus solide. Il s’est entraîné comme un forcené pour prendre de la masse et il arrive au camp des Carabins avec 10 livres supplémentaires. « L’an passé, je trouvais que j’étais un peu léger, je trouvais ça plus difficile quand je prenais des coups. » Il a aussi mis l’accent sur l’amélioration de sa vitesse et sur l’étude du jeu en regardant des vidéos. Il estime qu’il avait des points à travailler, comme sa lecture dans la pochette.

Un rôle important

Étudiant en finance à HEC Montréal, Sénécal est aussi conscient que son rôle est névralgique dans l’organigramme d’une équipe de football. Il a maintenant une saison derrière la cravate et la formation montréalaise comptera sur plusieurs recrues. Il est évident qu’il détient une responsabilité importante vu son expérience, mais il compte aussi sur les autres vétérans pour l’épauler.

Je pense avoir le même rôle que l’année passée : celui de mener mon équipe en attaque. C’est sûr qu’il y a des nouveaux, mais je pense que les vétérans vont être capables de les prendre en charge et de les pousser dans la bonne direction.

Jonathan Sénécal, quart-arrière des Carabins

En six matchs l’année dernière, Sénécal a accumulé 1530 verges par la passe, en plus de lancer 9 passes de touché et de maintenir une moyenne de 255 verges aériennes par match.

« Jo a une éthique de travail incroyable. C’est quelqu’un de super humble, même s’il est probablement l’un des meilleurs quarts-arrières de l’histoire du football canadien. On dit ça et il n’a même pas encore commencé sa deuxième année. Il apporte quelque chose de très positif à notre équipe », a souligné le demi défensif Bruno Lagacé, qui avait aussi joué avec Sénécal au Collège André-Grasset.

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Jonathan Sénécal lors du match de la Coute Uteck, la saison dernière

Ses qualités de leader sont indéniables, selon Lagacé. Il mène par l’exemple et même si le numéro 12 n’est pas le plus loquace, chacune de ses interventions dans le vestiaire est pertinente.

Son calme est aussi l’une de ses grandes qualités. Marc-Antoine Houde, vétéran joueur de ligne offensive, a une confiance aveugle envers son quart, notamment parce qu’il croit en lui et en ses capacités.

Pour l’attaque en général, ça amène de la confiance. Dès le caucus, quand Jonathan nous dit le jeu, on part et on sait ce qu’on doit faire. C’est sûr que c’est motivant aussi.

Marc-Antoine Houde, joueur de ligne offensive

Avoir un surdoué comme Sénécal dans ses rangs ajoute certainement une pression supplémentaire au reste de l’équipe. D’abord, parce que chaque coéquipier veut jouer à la hauteur de son talent et le protéger. Ensuite, parce que tout le monde veut bien l’encadrer.

Néanmoins, il s’agit d’un formidable défi pour Iadeluca. « Je ne sais pas si ça ajoute de la pression, mais je vais la prendre n’importe quand, a-t-il lancé en riant. Tu veux toujours travailler avec le plus beau talent possible. »

Ce sera le cas cette saison avec Jonathan Sénécal, même si ce dernier refuse de se projeter. Le plus important, pour lui, demeure toujours le prochain match.